22.02.2012

Egypte: dernière audience du procès de Hosni Moubarak

La der­nière audience du pro­cès de l'ancien pré­sident égyp­tien Hosni Moubarak, ren­versé il y a un an, se tenait mer­credi au Caire, avec l'annonce atten­due d'une date pour l'énoncé du verdict.

M. Moubarak, 83 ans, est accusé de la mort de mani­fes­tants durant la révolte contre son régime l'an der­nier et de cor­rup­tion. L'accusation a requis la peine capi­tale, tan­dis que ses avo­cats ont plaidé non-coupable.

L'ancien chef de l'Etat, dont le pro­cès s'est ouvert le 3 août der­nier, est le pre­mier diri­geant ren­versé par les sou­lè­ve­ments du Printemps arabe à com­pa­raître en per­sonne devant les juges.

Les camé­ras ne sont pas auto­ri­sées à l'audience, et contrai­re­ment aux pré­cé­dentes ses­sions, la télé­vi­sion d'Etat n'avait tou­jours pas mon­tré en milieu de jour­née d'images de M. Moubarak et des autres accu­sés arri­vant au tribunal.

Des dizaines de mani­fes­tants, par­ti­sans et adver­saires de l'ancien pré­sident, étaient pré­sents à l'extérieur du tri­bu­nal, ins­tallé dans les locaux d'une école de police de la péri­phé­rie du Caire.

Les deux camps lan­çaient des slo­gans hos­tiles ou favo­rables à M. Moubarak, et un homme bran­dis­sait une corde avec un noeud cou­lant pour récla­mer sa pendaison.

Les pro­cu­reurs ont indi­qué à la cour qu'un ser­vice médi­ca­lisé était prêt à la pri­son de Tora, dans la ban­lieue sud du Caire, à accueillir l'ancien chef d'Etat, en déten­tion pré­ven­tive dans un hôpi­tal militaire.

Le pré­sident de la cour, le juge Ahmad Refaat, avait indi­qué la semaine der­nière que la date du ver­dict serait annon­cée lors de cette der­nière session.

L'ex-président est jugé en même temps que son ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adly et six hauts res­pon­sables des ser­vices de sécu­rité, eux aussi pas­sibles de la peine de mort si recon­nus coupables.

Environ 850 per­sonnes sont mortes au cours du sou­lè­ve­ment contre le régime en jan­vier et février 2011, selon les chiffres officiels.

Les deux fils de M. Moubarak, Alaa et Gamal, sont jugés en même temps que leur père pour des accu­sa­tions de cor­rup­tion, pas­sibles de peines de prison.

Hosni Moubarak, arrivé au pou­voir en 1981, a démis­sionné le 11 février 2011 après dix-huit jours d'une révolte sans pré­cé­dent contre son régime. La direc­tion du pays est assu­rée depuis par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) et son chef, le maré­chal Hussein Tantaoui.

L'ouverture du pro­cès de celui qui régna sans par­tage sur le pays pen­dant trois décen­nies, retrans­mise en direct à la télé­vi­sion, avait été sui­vie avec pas­sion par les Egyptiens.

Le dérou­le­ment des audiences au fil des mois a tou­te­fois été mar­qué par une grande confu­sion, de nom­breuses polé­miques et une inter­rup­tion de trois mois à la fin de l'année dernière.

M. Moubarak, qui souf­fri­rait de pro­blèmes car­diaques, a com­paru aux audiences allongé sur une civière, au côté des autres pré­ve­nus por­tant une tenue blanche de prisonniers.

Plusieurs ses­sions à l'automne der­nier des­ti­nées à entendre les témoi­gnages de hauts per­son­nages de l'Etat et de l'armée, dont le maré­chal Tantaoui, se sont tenues à huis clos.


 

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