Les députés rétablissent l'objectif de 24.000 nouvelles places de prison
L'Assemblée nationale a rétabli dans la nuit de lundi à mardi l'intégralité du projet de loi sur l'exécution des peines, qui prévoit 24.000 nouvelles places de prison en cinq ans et que le Sénat, à majorité de gauche, avait vidé de son contenu.
Députés socialistes et communistes ont reproché au gouvernement de privilégier "l'enfermement", sans faire pour autant faire reculer l'insécurité, et de faire la part belle au secteur privé dans la construction de prisons, à travers un large recours au partenariat public-privé.
Le ministre de la Justice Michel Mercier, l'UMP et le Nouveau Centre les ont accusés d'ignorer, par "angélisme", le problème posé par les 87.000 peines en attente d'exécution fin 2011, et d'être en contradiction avec la fermeté affichée par François Hollande pour lutter contre la délinquance.
Selon le texte voté lundi par les députés, identique à celui qu'ils avaient adopté en première lecture le 17 janvier, 24.000 nouvelles places de prison seront créées d'ici 2017, dont 6.000 pour les courtes peines (inférieures ou égales à un an), ainsi que 20 nouveaux centres éducatifs fermés pour les mineurs.
Sur ce dernier point, Michel Mercier et les députés de la majorité ont souligné que le Sénat était contre cette mesure alors que le programme de François Hollande prévoit de faire passer de 45 à 80 le nomnbre de ces centres. "J'invite les personnes tentées de croire au discours du candidat socialiste de voir ce qu'a voté le Sénat", a lancé Eric Ciotti (UMP).
Avec 65.000 détenus, a riposté pour le PS Dominique Raimbourg, "la France frôle un taux de 100 détenus pour 100.000 habitants", en augmentation continue, alors que "nos voisins allemands ont procédé à une déflation carcérale, de 95 à 88 pour 100.000" en huit ans. Il a défendu "une autre politique" que celle du gouvernement, défendant l'essentiel des mesures votées par les sénateurs.
Ceux-ci, le 1er février, avaient remplacé les principales dispositions du texte par des propositions alternatives: aménagement (semi-liberté, bracelet électronique, etc) des peines inférieures ou égales à trois mois, limitation de la population pénitentiaire par un numerus-clausus –qualifié "d'insensé" par Eric Ciotti-, suppression des peines planchers, diminution de peine pour les délinquants souffrant de troubles mentaux.
Par ailleurs, après le meurtre en novembre de la jeune Agnès, pour lequel a été inculpé un de ses camarades d'internat précédemment mis en examen pour viol, le projet de loi voté par les députés fait obligation à la justice d'informer les chefs d'établissements scolaires si un élève est placé sous contrôle judiciaire pour des crimes ou délits violents ou de nature sexuelle. Les sénateurs avaient limité cette disposition aux mineurs condamnés.
Le texte va maintenant repartir au Sénat, avant de revenir le 29 février devant l'Assemblée, qui aura le dernier mot.
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
©2012 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.


