15.02.2012

L'ex-directeur de la prison de Versailles jugé pour sa liaison avec une détenue, appât du "gang des barbares"

Correspondance illi­cite, tra­fic de puces télé­pho­niques: un ex-directeur de pri­son com­pa­raît mer­credi aux côtés de la jeune femme qui était l'appât du "gang des bar­bares", avec laquelle il a entre­tenu pen­dant près d'un an une liai­son inter­dite, der­rière les barreaux.

Révoqué depuis juin de l'administration péni­ten­tiaire pour avoir entre­tenu une rela­tion intime avec une déte­nue, Florent Gonçalves, 42 ans, est pour­suivi péna­le­ment pour avoir cor­res­pondu et remis des puces télé­pho­niques, en 2009 et 2010, à Emma S., aujourd'hui âgée de 23 ans. Il encourt une peine maxi­male de trois ans de pri­son ferme et 45.000 euros d'amende.

La jeune femme, connue pour avoir attiré Ilan Halimi dans un guet-apens mor­tel en jan­vier 2006 à Sceaux (Hauts-de-Seine), doit com­pa­raître pour recel.

Elle avait écopé de neuf ans de réclu­sion aux assises et en appel pour l'affaire Halimi.

Un sur­veillant de 37 ans, qui avait tissé des liens ami­caux avec la déte­nue, est égale­ment pour­suivi pour une remise de puce télé­pho­nique et de cour­riers en 2010.

La rela­tion entre M. Gonçalves et Emma avait débuté en décembre 2009 à la mai­son d'arrêt pour femmes de Versailles. Au cours de l'instruction, ils ont reconnu avoir eu deux rela­tions sexuelles au sein de l'établissement pénitentiaire.

La jus­tice avait été aler­tée en novembre 2010 par le contrô­leur géné­ral des lieux de pri­va­tion de liberté, Jean-Marie Delarue, lui-même averti par deux détenues.

L'ancien direc­teur de l'établissement péni­ten­tiaire a dit avoir agi par amour, esti­mant ne pas avoir été manipulé.

Il a égale­ment réfuté avoir accordé un trai­te­ment de faveur à la jeune femme.

Un point de vue par­tagé par l'avocate d'Emma, Me Dominique Attias: "Quel trai­te­ment de faveur? Des recels de puces de por­table en déten­tion, il doit y en avoir des mil­liers par jour. En géné­ral, ce n'est pas pour­suivi et au pire, c'est un avertissement".

Dans un livre à paraître jeudi ("Défense d'aimer", Presses de la cité), M. Gonçalves estime que "mal­gré toutes les souf­frances et les dégâts qu'elle a pro­vo­qués", il ne "regrette pas" cette his­toire "pas­sion­nelle" et "chaotique".

Emma a recou­vré la liberté en sep­tembre, en condi­tion­nelle, mais leur rela­tion n'a pas per­duré hors des murs de la pri­son. "En l'espace d'une poi­gnée d'heures, j'ai réa­lisé que ma vie entière avait bas­culé pour un rêve, que j'avais attendu sept mois pour m'apercevoir que nous n'avions pas d'avenir", écrit M. Gonçalves.


 

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