14.02.2012

Masterisation : les jeunes enseignants en difficulté

Le Monde publiait la semaine der­nière un recueil de témoi­gnages des jeunes ensei­gnants qui essuient les plâtres de la mas­te­ri­sa­tion. La plu­part affiche une grande souffrance.

Le Monde publiait la semaine der­nière les témoi­gnages de pro­fes­seurs ayant essuyé les plâtres de la réforme de la for­ma­tion des ensei­gnants ou mas­te­ri­sa­tion. La grande majo­rité d'entre eux attestent des dif­fi­cul­tés ren­con­trées à l'entrée dans un métier pour lequel ils n'ont reçu aucune préparation.

La plu­part déplore avant tout la lour­deur des emplois du temps impo­sés aux débu­tants, iden­tiques à ceux des ensei­gnants confir­més. "J'ai été arrêté pour épui­se­ment deux semaines avant Noël, repris en jan­vier, à nou­veau arrêté pour état anxio-dépressif (!) de fin février jusqu'à la fin de l'année sco­laire. J'ai démis­sionné en sep­tembre 2011", explique ainsi Luc.

D'autres pointent du doigt le manque de for­ma­tion pra­tique préa­lable, comme François, arrivé "en sep­tembre 2010 dans un établis­se­ment d'Aubervilliers au sein d'une équipe peu sou­dée, avec comme seule expé­rience [son] par­cours pro­fes­sion­nel com­mer­cial de huit ans", ou Ali, qui, ayant connu les deux sys­tèmes, "observe la dif­fé­rence" : depuis la mas­te­ri­sa­tion, "les lau­réats sont lâchés dans le grand bain sans être jamais allés dans une classe voir com­ment cela se passe, sans aucune for­ma­tion aussi bien théo­rique que pratique." 

Tous ne sont cepen­dant pas si néga­tifs : Charline estime quant à elle que la mas­te­ri­sa­tion "nous plonge direc­te­ment dans la réa­lité, ce qui nous per­met de savoir si oui ou non nous sommes faits pour ce métier."