14.02.2012

Les requins plus meurtriers en 2011, l'homme responsable selon une étude

Les requins ont tué deux fois plus de nageurs et de sur­feurs en 2011 dans le monde qu'en 2010, selon les der­nières esti­ma­tions de réfé­rence, un phé­no­mène dont l'homme paraît res­pon­sable, en rai­son de l'essor du tou­risme de masse et du réchauf­fe­ment climatique.

Au total, les scien­ti­fiques ont comp­ta­bi­lisé l'an passé 75 attaques de squale, qui ont fait douze morts, soit deux fois plus qu'en 2010, a indi­qué à l'AFP l'ichtyologiste George Burgess, de l'Université de Floride (Sud-Est).

Ce scien­ti­fique publie chaque année en février l'"International Shark Attack File", la réfé­rence sta­tis­tique dans ce domaine.

Les Etats-Unis ont enre­gis­tré le plus d'agressions avec 29 des 75 attaques signa­lées sur la pla­nète mais ils n'ont déploré aucun décès.

Les pays ayant compté le plus de morts sont l'Australie (trois pour onze attaques), l'Afrique du Sud (deux pour cinq agres­sions), l'île de la Réunion (deux décès pour quatre attaques) et les Seychelles (deux décès pour deux attaques).

Les autres pays ayant fait part d'attaques de requins mais pas de décès sont l'Indonésie (3), le Mexique (3), la Russie (3) et le Brésil (2).

La Réunion, les Seychelles et la Nouvelle Calédonie ont ensemble enre­gis­tré sept agres­sions et cinq morts, soit près de la moi­tié des décès, a relevé George Burgess.

"Ces régions ne sont pas tra­di­tion­nel­le­ment des zones de tou­risme de masse mais ont connu ces der­nières années un afflux impor­tants de vacan­ciers", a-t-il pointé, sou­li­gnant que les auto­ri­tés locales "ne dis­posent pas des infra­struc­tures de sur­veillance ni des ser­vices d'intervention d'urgence".

A l'inverse, l'absence de mort aux Etats-Unis en 2011 s'explique en grande par­tie par "toutes les mesures très effi­caces déployées sur les plages près des­quelles les requins sont sou­vent pré­sents", a affirmé M. Burgess.

Le fait de mettre en place un per­son­nel qua­li­fié comme des maîtres nageurs et des ser­vices d'urgence com­pé­tents, capables de trai­ter rapi­de­ment des bles­sés vic­times de requins et de les évacuer sans attente vers des centres hos­pi­ta­liers, "fait qu'il y a moins de risque de décé­der sur les plages amé­ri­caines qu'ailleurs", selon George Burgess.

Les sta­tis­tiques montrent en outre "une dimi­nu­tion depuis dix ans", des attaques de requins en Amérique, notam­ment en Floride, ce qui s'expliquerait selon lui par la crise écono­mique, entraî­nant une dimi­nu­tion des tou­ristes sur les plages.

"La réces­sion paraît coïn­ci­der par­fai­te­ment avec un nombre moindre d'attaques de requins", a sou­li­gné George Burgess.

Outre les afflux de tou­ristes dans des zones où ils n'allaient pas avant, des experts ont aussi évoqué le réchauf­fe­ment cli­ma­tique pour expli­quer l'accroissement des attaques. En août der­nier, les auto­ri­tés de l'Extrême Orient russe ont fait part de trois attaques non-mortelles de requins dans le Primorie. Des experts estiment que le réchauf­fe­ment pour­rait être l'une des causes de l'apparition de requins dan­ge­reux dans cette région qui jusqu'alors n'en avait pas.

Mais le nombre d'attaques de requins et de décès reste glo­ba­le­ment très faible, a noté George Burgess.

Ce bilan est égale­ment modeste com­pa­ra­ti­ve­ment aux 30 à 70 mil­lions de requins tués par les humains annuel­le­ment. "C'est une tra­gé­die car les popu­la­tions de requins — un ani­mal dont la lignée remonte à plus de 400 mil­lions d'années et le pre­mier pré­da­teur du milieu marin– dimi­nuent rapi­de­ment", a déploré l'expert.

Un tiers des espèces sont mena­cées, dont le grand requin blanc, qui pour­rait dis­pa­raître en rai­son de la demande en Asie pour ses aile­rons consi­dé­rés à tort comme un aphrodisiaque.


 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
©2012 Agence France-Presse

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.