14.02.2012

Les grandes écoles prônent des frais de scolarité à payer après les études

La Conférence des grandes écoles (CGE) a pré­senté mardi ses pro­po­si­tions aux can­di­dats à l'élection pré­si­den­tielle, notam­ment des frais de sco­la­rité de 3.000 euros par an à payer après les études supé­rieures et la créa­tion d'"Instituts Horizon-Métiers" pour les jeunes sans diplôme.

Le docu­ment publié à l'occasion de cette pré­sen­ta­tion concerne tant l'enseignement pri­maire et secon­daire que les uni­ver­si­tés et va donc bien au-delà des grandes écoles.

"Si nous ne vou­lons pas être lar­gués, il faut arri­ver à inves­tir en dix ans un point de plus de PIB dans l'enseignement supé­rieur et la recherche", via "un triple effort de la puis­sance publique, des entre­prises et des familles", a déclaré Pierre Tapie, pré­sident de la CGE, lors d'une confé­rence de presse.

Pour cela, la CGE pro­pose des frais de sco­la­rité à payer après les études et repré­sen­tant un mois de salaire par année d'études supé­rieures vali­dées, éven­tuel­le­ment à modu­ler selon le niveau du der­nier diplôme.

En dix ans, cela pour­rait rap­por­ter 7 des 20 mil­liards d'euros néces­saires pour l'augmentation d'un point de PIB, selon son calcul.

Dans son docu­ment, la CGE pré­cise que les frais de sco­la­rité moyens dans le supé­rieur pas­se­raient ainsi à 3.000 euros par an.

A titre de com­pa­rai­son, les droits de sco­la­rité 2011/2012 sont de 177 euros en licence, 245 euros en mas­ter et 372 euros en doctorat.

Les grandes écoles pro­posent égale­ment d'"introduire des frais de sco­la­rité enca­drés", selon les exi­gences des for­ma­tions, et "le droit à une orien­ta­tion sélec­tive" car "l'université auto­nome doit avoir le droit de choi­sir ses étudiants".

"On peut mettre des frais de sco­la­rité impor­tants sans qu'il y ait du tout de biais sociaux liés à ces frais", a affirmé M. Tapie.

La CGE prône encore de créer "un ser­vice civique/citoyen obli­ga­toire" d'une durée pro­por­tion­nelle au nombre d'années d'études supé­rieures vali­dées (un mois par année) et d'"engager les grandes écoles au ser­vice de la réin­dus­tria­li­sa­tion de la France".

Elle réclame enfin le finan­ce­ment des uni­ver­si­tés et grandes écoles pri­vées à hau­teur de 300 mil­lions d'euros "sur la pro­chaine législature".

L'autre grande pro­po­si­tion de la CGE concerne les 150.000 jeunes Français sor­tant chaque année du sys­tème sco­laire sans diplôme. La CGE "pro­pose de créer avec les entre­prises, sur tout le ter­ri­toire, des +Instituts Horizon-Métiers+ où les jeunes concer­nés pas­se­raient deux tiers de leur temps de for­ma­tion en entre­prise" et "un tiers" à l'école pour "retrou­ver les bases" per­met­tant de lire, d'écrire et de compter.

Si cette for­ma­tion dure deux ans, il fau­drait accom­pa­gner 300.000 jeunes en régime de croi­sière, soit 15% du nombre actuel d'étudiants dans le supérieur.

A par­tir d'un tableau sta­tis­tique qu'elle a elle-même construit, la CGE a insisté sur le fait qu'il n'y avait "aucune cor­ré­la­tion" entre le taux d'accès au supé­rieur et le taux de chô­mage des jeunes (15–24 ans).

"Cela veut dire, sans aucune polé­mique, que ceux qui pré­tendent qu'on résou­dra le pro­blème du chô­mage des jeunes par la hausse du taux d'accès à l'enseignement supé­rieur n'ont pas de fon­de­ment ration­nel à cette obser­va­tion", a com­menté M. Tapie.


 

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