Les grandes écoles prônent des frais de scolarité à payer après les études

La Conférence des grandes écoles (CGE) a présenté mardi ses propositions aux candidats à l'élection présidentielle, notamment des frais de scolarité de 3.000 euros par an à payer après les études supérieures et la création d'"Instituts Horizon-Métiers" pour les jeunes sans diplôme.
Le document publié à l'occasion de cette présentation concerne tant l'enseignement primaire et secondaire que les universités et va donc bien au-delà des grandes écoles.
"Si nous ne voulons pas être largués, il faut arriver à investir en dix ans un point de plus de PIB dans l'enseignement supérieur et la recherche", via "un triple effort de la puissance publique, des entreprises et des familles", a déclaré Pierre Tapie, président de la CGE, lors d'une conférence de presse.
Pour cela, la CGE propose des frais de scolarité à payer après les études et représentant un mois de salaire par année d'études supérieures validées, éventuellement à moduler selon le niveau du dernier diplôme.
En dix ans, cela pourrait rapporter 7 des 20 milliards d'euros nécessaires pour l'augmentation d'un point de PIB, selon son calcul.
Dans son document, la CGE précise que les frais de scolarité moyens dans le supérieur passeraient ainsi à 3.000 euros par an.
A titre de comparaison, les droits de scolarité 2011/2012 sont de 177 euros en licence, 245 euros en master et 372 euros en doctorat.
Les grandes écoles proposent également d'"introduire des frais de scolarité encadrés", selon les exigences des formations, et "le droit à une orientation sélective" car "l'université autonome doit avoir le droit de choisir ses étudiants".
"On peut mettre des frais de scolarité importants sans qu'il y ait du tout de biais sociaux liés à ces frais", a affirmé M. Tapie.
La CGE prône encore de créer "un service civique/citoyen obligatoire" d'une durée proportionnelle au nombre d'années d'études supérieures validées (un mois par année) et d'"engager les grandes écoles au service de la réindustrialisation de la France".
Elle réclame enfin le financement des universités et grandes écoles privées à hauteur de 300 millions d'euros "sur la prochaine législature".
L'autre grande proposition de la CGE concerne les 150.000 jeunes Français sortant chaque année du système scolaire sans diplôme. La CGE "propose de créer avec les entreprises, sur tout le territoire, des +Instituts Horizon-Métiers+ où les jeunes concernés passeraient deux tiers de leur temps de formation en entreprise" et "un tiers" à l'école pour "retrouver les bases" permettant de lire, d'écrire et de compter.
Si cette formation dure deux ans, il faudrait accompagner 300.000 jeunes en régime de croisière, soit 15% du nombre actuel d'étudiants dans le supérieur.
A partir d'un tableau statistique qu'elle a elle-même construit, la CGE a insisté sur le fait qu'il n'y avait "aucune corrélation" entre le taux d'accès au supérieur et le taux de chômage des jeunes (15–24 ans).
"Cela veut dire, sans aucune polémique, que ceux qui prétendent qu'on résoudra le problème du chômage des jeunes par la hausse du taux d'accès à l'enseignement supérieur n'ont pas de fondement rationnel à cette observation", a commenté M. Tapie.
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