13.02.2012

Protestations autour d'un colloque sur Israël à l'université Paris VIII

Le Crif a vive­ment pro­testé lundi dans un com­mu­ni­qué à pro­pos de l'organisation d'un col­loque sur Israël par le Collectif Palestine fin février à l'université de Paris VIII à Saint-Denis.

Le Conseil repré­sen­ta­tif des ins­ti­tu­tions juives de France (Crif) "dénonce un col­loque dis­cri­mi­na­toire anti-israélien à l'université Paris VIII" et se dit "par­ti­cu­liè­re­ment heurté".

Le Bureau natio­nal de vigi­lance contre l'antisémitisme demande pour sa part à l'université de pas abri­ter le col­loque qui "incite à la haine de l'Etat juif (...) et pousse à l'acte anti­sé­mite" et menace de dépo­ser plainte.

Cette mani­fes­ta­tion qui se tien­dra les 27 et 28 février est inti­tu­lée: "Des nou­velles approches socio­lo­giques, his­to­riques et juri­diques à l'appel au boy­cott inter­na­tio­nal: Israël, un Etat d'apartheid?", a indi­qué à l'AFP le pré­sident de l'université Pascal Binczak.

Le col­loque doit se tenir dans les locaux de cette uni­ver­sité, mais "ce n'est pas Paris VIII qui l'organise", a insisté M. Binczak.

"Au nom de la liberté d'expression, les uni­ver­si­tés ont la quasi-obligation de mettre à dis­po­si­tion des salles à la demande des étudiants et des ensei­gnants pour que soient orga­ni­sées des mani­fes­ta­tions scien­ti­fiques et cultu­relles", a-t-il expliqué.

Dans un cour­rier trans­mis aux orga­ni­sa­teurs du col­loque, le pré­sident de l'université pré­cise qu'il met à dis­po­si­tion un amphi­théâtre "à plu­sieurs condi­tions". Il exige "le res­pect absolu des prin­cipes de neu­tra­lité et de la laï­cité" et le col­loque ne doit "pas trou­bler l'ordre public".

"Le non-respect de tout ou par­tie de ces condi­tions entraî­nera de facto le retrait de l'autorisation de l'université Paris VIII pour l'organisation de cette mani­fes­ta­tion", écrit-il.

Le Crif comme Pascal Binczak ont rap­pelé l'arrêt du conseil d'Etat en mars 2011.

Le Conseil d'Etat avait rejeté la demande d'un col­lec­tif d'élèves de l'Ecole Normale Supérieure (ENS) Paris inti­tulé "Palestine ENS", d'organiser des réunions publiques dans les locaux de l'école, tran­chant ainsi en faveur de la direction.

Le juge saisi par la direc­tion de l'école avait estimé que "la direc­trice de l'ENS n'a pas porté une atteinte grave et mani­fes­te­ment illé­gale à la liberté de réunion en refu­sant de mettre une salle à dis­po­si­tion du col­lec­tif +Palestine ENS+".


 

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