13.02.2012

Fillon prend ses distances avec Guéant et défend les propositions de Sarkozy, dans une interview au Monde

François Fillon prend ses dis­tances avec les pro­pos tenus par Claude Guéant sur les "civi­li­sa­tions qui ne se valent pas", une phrase qu'il n'aurait "sans doute pas" pro­non­cée, mais défend Nicolas Sarkozy sur ses der­nières pro­po­si­tions, dans une inter­view au Monde datée de mardi.

Comme on lui deman­dait s'il aurait parlé "d'inégalité entre les civi­li­sa­tions", à l'image du ministre de l'Intérieur, M. Fillon rétorque: "Sans doute pas".

"Mais on peut (...) en débattre sans jeter des ana­thèmes", pour­suit le Premier ministre, qui avait quitté l'Assemblée mardi der­nier lorsque le député appa­renté PS Serge Letchimy avait évoqué le "régime nazi" pour dénon­cer ces pro­pos de Claude Guéant.

Réagissant à une polé­mique "ridi­cule", Nicolas Sarkozy a lui estimé que les pro­pos de son ancien secré­taire géné­ral à l'Elysée rele­vaient du "bon sens".

François Fillon avance de son côté que la ques­tion est celle "de la défense d'un cer­tain nombre de valeurs conquises par nos parents et grands-parents et qui sont mena­cées de deux façons": "d'abord par l'encouragement au com­mu­nau­ta­risme. Ensuite par le rela­ti­visme qui conduit à consi­dé­rer qu'on doit accep­ter des com­por­te­ments contraires à des valeurs qui sont les nôtres".

Signalant ne pas accep­ter "la ségré­ga­tion entre hommes et femmes", le chef du gou­ver­ne­ment se place sur le ter­rain reli­gieux. "Nous n'acceptons pas que la reli­gion vienne pri­mer sur les droits des per­sonnes, les règles de fonc­tion­ne­ment de l'Etat. C'est un com­bat qui a été mené autre­fois contre les excès tem­po­rels de l'Eglise catho­lique", fait-il valoir, avant de noter qu'"aujourd'hui, c'est plu­tôt avec l'islam que la ques­tion se pose". "Mais c'est conjonc­tu­rel", prend-il soin de relever.

Dans son entre­tien, François Fillon apporte en revanche son plein sou­tien aux pro­po­si­tions de réfé­ren­dums de Nicolas Sarkozy, et réfute toute "droi­ti­sa­tion de la majo­rité", un "contre-sens".

Sur les chô­meurs, mal­gré les sommes enga­gées "seuls 10%" sont en for­ma­tion, ce qui repré­sente "un immense gâchis". Et le sys­tème de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, reste "un maquis", "d'où l'idée d'un chan­ge­ment de méthode", argumente-t-il. Priorité à la négo­cia­tion entre par­te­naires sociaux, assure M. Fillon, mais "en cas d'échec il faut sur­mon­ter le blo­cage et deman­der son avis au peuple".

Sur le droit appli­cable aux étran­gers, la situa­tion est "ingé­rable" et Nicolas Sarkozy dit depuis 2007 "qu'il fau­drait une juri­dic­tion unique". Avec le Sénat à gauche, la modi­fi­ca­tion de la consti­tu­tion" est "quasi-impossible" d'où un recours au réfé­ren­dum, plaide-t-il.

S'agissant de la pré­si­den­tielle, François Fillon n'évoque pas l'officialisation de la can­di­da­ture de Nicolas Sarkozy. Mais il se dit convaincu que l'élection "se jouera dans les trois der­nières semaines" et que le chef de l'Etat "sent très bien le pays".

La réponse de M. Fillon reste enfin inva­riable sur son ave­nir per­son­nel: "Je suis tota­le­ment concen­tré sur l'élection pré­si­den­tielle. Je me déci­de­rai après le second tour", avance celui qui a récem­ment dit sur France 2 gar­der "toutes les options" ouvertes (mai­rie de Paris, UMP...). Investi par son parti aux légis­la­tives dans la 2e cir­cons­crip­tion de Paris mal­gré les vives pro­tes­ta­tions de Rachida Dati, il met tou­te­fois la maire du VIIe arron­dis­se­ment au défi: si Mme Dati "veut être can­di­date, qu'elle le soit, ce sont les élec­teurs qui décideront".


 

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