13.02.2012

Couac à l'Assemblée nationale sur la TVA sociale

Le débat par­le­men­taire sur la TVA sociale a com­mencé par un couac spec­ta­cu­laire pour la droite, qui s'est fait mettre en mino­rité par la gauche au sein de la com­mis­sion des Finances de l'Assemblée natio­nale, en rai­son d'un nombre insuf­fi­sant de dépu­tés UMP présents.

La com­mis­sion, qui exa­mi­nait les der­niers amen­de­ments au bud­get rec­ti­fi­ca­tif 2012 avant l'ouverture des débats en séance publique, a adopté un amen­de­ment socia­liste sup­pri­mant l'instauration de la TVA sociale, mesure phare du texte.

Ce vote n'a pas de por­tée concrète, car la majo­rité de droite et du centre pourra pas­ser outre sans pro­blème dans l'hémicycle, mais pour le chef de file des dépu­tés socia­listes, Jean-Marc Ayrault, le faible nombre de dépu­tés UMP en com­mis­sion "est révé­la­teur d'un malaise" à droite.

"Ils savent déjà que le bilan de Nicolas Sarkozy est catas­tro­phique et ils vont reve­nir dans leurs cir­cons­crip­tions avec une hausse de la TVA qui va enta­mer le pou­voir d'achat et cas­ser la crois­sance ! Je com­prends que ça ne sou­lève pas l'enthousiasme de leur part", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Nous, au contraire, nous étions nom­breux car nous sommes très mobi­li­sés contre cette mesure", a-t-il ajouté.

Le patron des dépu­tés UMP, Christian Jacob, a dénoncé une "petite combine".

"Au der­nier moment, ils ont changé de com­mis­sion dix dépu­tés qui ne sont pas de la com­mis­sion des Finances, de façon à avoir une voix de majo­rité, donc on est vrai­ment dans de la com­bi­nai­son", a-t-il déploré.

La réunion de la com­mis­sion des Finances, qui avait com­mencé à 16H00, une heure avant le moment prévu pour la séance publique, avait été sus­pen­due à la demande de l'UMP qui ten­tait de rameu­ter ses troupes. "Ils sont une ving­taine et nous 23 ou 24", expli­quait Christian Eckert (PS) dans les cou­loirs, ajou­tant que cer­tains dépu­tés UMP, comme Chantal Brunel, allaient s'abstenir.

Lorsque la réunion a repris peu avant 18H00, les dépu­tés UMP n'étaient pas tou­jours assez nom­breux et les socia­listes ont pu faire voter leur amendement.

"Vous avez fait un coup ! Soyez fiers de votre coup qui nous a fait perdre une heure et demie et ne chan­gera rien au schmil­blik : cela ne nous empê­chera pas de voter le texte" a tonné l'UMP Jérôme Chartier à l'adresse des socia­listes lorsque enfin à 18H30, la séance publique a commencé.

La hausse de la TVA de 1,6 point, au coeur des débats, com­pense une baisse des coti­sa­tions patro­nales pour la branche famille de la Sécurité sociale à hau­teur de 13,2 mil­liards d'euros. Le pas­sage de 19,6% à 21,2% est prévu au 1er octobre, mais François Hollande a annoncé qu'il abro­ge­rait cette mesure s'il était élu président.

Cette hausse de la TVA (10,6 mil­liards) est accom­pa­gnée d'une hausse de 2 points de la CSG ou des pré­lè­ve­ments sociaux pour com­pen­ser la tota­lité du mon­tant des allégements.

Face à une baisse de la com­pé­ti­ti­vité de la France, due en par­tie selon le gou­ver­ne­ment à l'endettement et aux 35 heures, "nous ne pou­vons plus esqui­ver la ques­tion du coût du tra­vail" et nous devons "reca­ler nos coûts par rap­port à nos concur­rents de la zone euro", a sou­li­gné le Premier ministre François Fillon lundi matin.

A l'annonce de la réforme fin jan­vier, plu­sieurs dépu­tés de la majo­rité avaient exprimé des doutes. Certains même, sans prendre de gants, à l'instar de Lionnel Luca (col­lec­tif Droite popu­laire) qui avait parlé de "sui­cide politique".

Depuis, le gou­ver­ne­ment ne cesse d'exhorter sa majo­rité à la dis­ci­pline. Des exhor­ta­tions qui se sont heur­tés lundi soir à un manque d'enthousiasme de cer­tains par­le­men­taires qui, selon le com­mu­niste Jean-Pierre Brard, "ont voté avec leurs pieds".


 

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