12.02.2012

Les divisions du Hamas menacent la réconciliation palestinienne

Les diver­gences de plus en plus visibles entre la direc­tion en exil du Hamas et les chefs du mou­ve­ment isla­miste dans la bande de Gaza com­pliquent et menacent la labo­rieuse récon­ci­lia­tion avec le Fatah du pré­sident pales­ti­nien Mahmoud Abbas.

Un des prin­ci­paux res­pon­sables à Gaza gou­verné par le Hamas, Mahmoud Zahar, a qua­li­fié d'"erreur" l'accord conclu le 6 février à Doha par le chef du mou­ve­ment, Khaled Mechaal, avec M. Abbas, confiant à ce der­nier la direc­tion d'un gou­ver­ne­ment tran­si­toire d'indépendants chargé d'organiser des élec­tions, comme le pré­voit l'accord de réconciliation.

"Personne au sein du Hamas n'a été consulté", s'est insurgé M. Zahar dans une inter­view publiée dimanche par l'agence offi­cielle égyp­tienne Mena.

L'accord "doit être revu, les diri­geants du Hamas à l'intérieur et à l'étranger vont donc se réunir sur cette ques­tion dans les deux pro­chains jours", a-t-il affirmé.

Le chef du gou­ver­ne­ment du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, avait pour­tant salué le com­pro­mis de Doha et "confirmé que son gou­ver­ne­ment était prêt à appli­quer l'accord".

Mais M. Haniyeh, qui avait démarré au Qatar une tour­née régio­nale, "n'a pas jugé néces­saire de res­ter quelques heures de plus à Doha pour par­ti­ci­per à la céré­mo­nie de signa­ture", sou­ligne le quo­ti­dien pales­ti­nien Al-Qods dans un édito­rial dimanche.

Une par­tie de la direc­tion du Hamas reproche à M. Mechaal d'avoir accepté trop de conces­sions pour la récon­ci­lia­tion, en se disant en mai prêt à "don­ner une chance" aux négo­cia­tions avec Israël, récu­sées par le mou­ve­ment isla­miste, ou en se ral­liant au mot d'ordre de "résis­tance popu­laire pacifique".

Le Hamas "ne renon­cera pas à l'affrontement armé avec l'ennemi sio­niste", avait déclaré le 23 jan­vier M. Zahar, deux jours après l'annonce offi­cielle que M. Mechaal ne sou­hai­tait pas se repré­sen­ter à la tête du bureau politique.

"On veut que nous recon­nais­sions l'occupation israé­lienne et que nous aban­don­nions la résis­tance, mais (...) je réaf­firme comme nous l'avons tou­jours dit que nous ne recon­naî­trons jamais Israël", a déclaré M. Haniyeh en visite offi­cielle à Téhéran, où il a été reçu avec tous les honneurs.

- Hamas de "l'extérieur" et Hamas de Gaza — Un membre de la direc­tion en exil du Hamas, Ezzat al-Rishq, avait assuré jeudi que l'accord serait appli­qué, mal­gré la contes­ta­tion au sein du mou­ve­ment: "Même s'il y a des diver­gences, nous sommes d'accord sur le fait que la récon­ci­lia­tion natio­nale et l'intérêt de notre peuple sont primordiaux".

Il répon­dait aux objec­tions des dépu­tés de la majo­rité par­le­men­taire Hamas qui ont exigé mer­credi l'annulation de l'accord, jugeant le cumul des fonc­tions de pré­sident et de Premier ministre "contraire à la Loi fondamentale".

La for­ma­tion de l'exécutif pro­vi­soire doit être annon­cée offi­ciel­le­ment lors d'une réunion au Caire de l'Organisation de libé­ra­tion de la Palestine, élar­gie au Hamas et au Jihad isla­mique, pré­vue ini­tia­le­ment le 18 février, mais repor­tée à une date ultérieure.

Ce nou­veau délai n'est que le der­nier en date d'une longue série de reports.

Les mou­ve­ments pales­ti­niens s'étaient fixé en décembre l'échéance du 31 jan­vier pour for­mer le gouvernement.

Une autre ques­tion cru­ciale, la fusion des ser­vices de sécu­rité entre la Cisjordanie et Gaza, gou­ver­nés res­pec­ti­ve­ment par le Fatah et le Hamas, ne paraît même plus à l'ordre du jour.

En outre, les élec­tions simul­ta­nées à la pré­si­dence et au Conseil légis­la­tif (Parlement) ainsi qu'au Conseil natio­nal pales­ti­nien (Parlement de l'OLP), pré­vues en mai 2012, devront être repor­tées de plu­sieurs mois, a pré­venu la Commission élec­to­rale centrale.

Enfin, la com­mis­sion des liber­tés, char­gée de mettre en oeuvre la récon­ci­lia­tion dans le domaine des liber­tés d'expression et de mou­ve­ment, a sus­pendu mardi ses tra­vaux à Gaza pour pro­tes­ter contre la non-application de ses "recom­man­da­tions aux deux parties".


 

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