12.02.2012

Cinq jours encore pour échanger ses derniers billets en francs

Il ne reste plus que cinq jours pour échan­ger à la Banque de France les der­niers billets en francs encore conver­tibles en euros, après quoi leur com­merce sera réservé aux collectionneurs.

Au gui­chet des suc­cur­sales de la Banque de France, les Pierre et Marie Curie (500 francs) Gustave Eiffel (200 francs), Cézanne (100 francs), Saint-Exupéry (50 francs) et Debussy (20 francs) rap­por­te­ront de 3 à 130 euros envi­ron jusqu'à vendredi.

Ensuite, la valeur de la presque tota­lité d'entre eux devien­dra qua­si­ment nulle, seule une poi­gnée de spé­ci­men (numéro de série très bas par exemple ou défaut appa­rent) conser­vant un inté­rêt pour les numismates.

Bien avant les der­niers jours de l'échange, ces cou­pures aty­piques avaient déjà par­fois une valeur bien supé­rieure, jusqu'à 50 euros par exemple pour un Debussy sur des sites de com­merce en ligne (16 fois la valeur d'échange).

Interrogée par l'AFP, la Banque de France ne dis­po­sait d'aucun chiffre actua­lisé concer­nant les billets encore en cir­cu­la­tion de ces cinq der­nières séries.

Fin 2010, 50 mil­lions de ces billets échan­geables, pour une valeur en euros de 602 mil­lions, étaient encore en cir­cu­la­tion, selon l'institution.

Broyés, com­pac­tés puis brûlés

Tous les billets des séries concer­nées sont repris à l'échange quel que soit leur état, pourvu que la moi­tié du papier au moins soit présentée.

Une fois récu­péré, ils seront broyés et com­pac­tés, puis brû­lés, a indi­qué à l'AFP la Banque de France.

Le nombre des billets qui seront échan­gés est tout sauf ano­din pour le gou­ver­ne­ment, qui compte sur un faible retour pour arron­dir son bud­get 2012 d'environ 500 mil­lions d'euros, selon des docu­ments bud­gé­taires consul­tés par l'AFP.

Chaque billet étant consi­déré comme une créance sur la Banque de France et donc sur l'Etat (l'Etat doit 100 francs a un déten­teur d'un billet de cette valeur), la dette cor­res­pon­dant à la valeur des billets non échan­gés sera effa­cée après la date limite d'échange.

La valeur du total des billets non échan­gés pourra alors ali­men­ter le bud­get de l'Etat.

Dans son bud­get 2012, l'Etat table sur un retour très faible, de l'ordre de 20% (de la valeur des billets), qui lui per­met­trait de mettre la main sur 500 mil­lions d'euros.

La France devien­dra ven­dredi le deuxième pays seule­ment de la zone euro à ne plus assu­rer la conver­ti­bi­lité de ses pièces et billets libel­lés dans son ancienne mon­naie, après l'Italie, qui n'a fran­chi le pas qu'en décembre dernier.

Bientôt vien­dra le tour de la Finlande, le 29 février, puis celui de la Grèce, dont la banque cen­trale accepte encore des billets en drachmes jusqu'au 1er mars.

Une échéance que ne connaî­tront pas neuf pays de la zone moné­taire, qui ont fait le choix d'offrir l'échange sans limite de temps. Une liasse de deut­sche­marks, de pesete ou de francs belges trou­vera donc tou­jours preneur.


 

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