11.02.2012

Mandela sur les billets de banque, événement "national" en Afrique du Sud

La déci­sion de l'Afrique du Sud d'émettre des billets de banque à l'effigie de Nelson Mandela a pris samedi la pro­por­tion d'un événe­ment natio­nal, avec une annonce solen­nelle du pré­sident Jacob Zuma dans les locaux de la Banque centrale.

Cette mise en scène éton­nante, orga­ni­sée le jour anni­ver­saire de la sor­tie de pri­son de Mandela en 1990, démontre à quel point le lea­der de la lutte contre l'apartheid et pre­mier pré­sident de l'Afrique du Sud démo­cra­tique, est vénéré par ses compatriotes.

La méthode démontre aussi, selon le parti d'opposition Alliance Démocratique (DA), le manque de sérieux du pou­voir: "Il est regret­table, com­mente DA, qu'une annonce aussi heu­reuse ait été faite d'une manière qui a accru l'incertitude sur les mar­chés financiers".

Dès ven­dredi en effet, la presse avait été infor­mée que le pré­sident Zuma, la pré­si­dente de la Banque cen­trale Gill Marcus et le ministre des Finances Pravin Gordhan allaient faire ensemble "une annonce d'importance natio­nale", samedi à 15h00 (13h00 GMT) dans les murs de la Banque centrale.

Le secret avait été bien gardé, et les jour­na­listes spé­cu­laient sur ce qui pou­vait bien pro­vo­quer un tel déploie­ment de hautes personnalités.

Lancement d'un grand emprunt, annonce d'une cure dras­tique d'austérité ou évic­tion de hauts res­pon­sables de l'économie ou des finances? Les rumeurs allaient bon train, ali­men­tées par le fait que l'annonce était pro­gram­mée un samedi, jour de fer­me­ture des mar­chés financiers.

La télé­vi­sion publique et la chaîne d'information conti­nue pri­vée e-TV avaient tout mis en place pour retrans­mettre en direct cette confé­rence de presse.

Le pré­sident Zuma, pre­mier à prendre la parole, a com­mencé d'abord par rendre un hom­mage ému à Mandela, "l'icône de notre lutte", lais­sant craindre quelques secondes une mau­vaise nou­velle concer­nant le Prix Nobel de la paix, aujourd'hui âgé de 93 ans.

"Aujourd'hui est un jour très impor­tant dans l'histoire de l'Afrique du Sud démo­cra­tique", a-t-il dit en ouver­ture de son allocution.

Et de rap­pe­ler que le 11 février était à la fois l'anniversaire des pre­mières élec­tions mul­ti­ra­ciales, qui ont porté au pou­voir Nelson Mandela en 1994, et l'anniversaire de sa sor­tie de pri­son, après 27 ans dans les geôles de l'apartheid.

Puis le chef de l'Etat a lâché "l'annonce d'importance natio­nale": "Aujourd'hui, au nom du gou­ver­ne­ment et du peuple sud-africain, j'ai l'honneur et le plai­sir d'annoncer que les nou­veaux billets de banque sud-africains seront à l'effigie de Nelson Mandela, le pre­mier pré­sident de l'Afrique du Sud libre et démocratique".

"Avec ce modeste geste, nous vou­lons expri­mer notre pro­fonde gra­ti­tude envers ceux qui ont sacri­fié leur vie pour les habi­tants de ce pays (...) Merci à Madiba (le nom tri­bal de Mandela ndlr) pour son amour, sa manière de diri­ger et son lea­der­ship", a dit M. Zuma, évoquant les valeurs désor­mais indis­so­ciables de la figure publique de Mandela: "le par­don et la réconciliation".

De son vivant, et alors qu'il ne l'a jamais demandé, Mandela fait l'objet d'un véri­table culte en Afrique du Sud. Son image et ses cita­tions sont omni­pré­sentes, tan­dis que les pro­duits à sa gloire, cas­quettes, T-shirt, livres de cui­sine et autres enva­hissent les étals des lieux touristiques.

Les billets sud-africains actuels repré­sentent des ani­maux, en l'occurrence les "big five", les plus dif­fi­ciles à chas­ser et aussi les plus pri­sés par les ama­teurs de safa­ris photo: léo­pard 200 rands, buffle 100 rands, lion 50 rands, éléphant 20 rands et rhi­no­cé­ros 10 rands.

Les "Mandela" rem­pla­ce­ront d'ici fin 2012 toutes ces séries, mais les ani­maux, attrac­tion tou­ris­tique numéro un du pays, res­te­ront au verso des nou­velles coupures.


 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
©2012 Agence France-Presse

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.