11.02.2012

Lyon, laboratoire de la reconversion urbaine avec son quartier "Confluence"

Au coeur de Lyon, une presqu'île, cer­née par la Saône et le Rhône. En son extré­mité, une zone de friches dont la ville a fait un labo­ra­toire de recon­ver­sion urbaine en y créant un nou­veau quar­tier, "Confluence", qui s'affirme comme l'un des plus grands chan­tiers d'Europe.

Les engins de construc­tion pul­lulent, comme sur le site du futur siège mon­dial de la chaîne Euronews, excen­trée jusqu'ici hors de Lyon. Elle doit emmé­na­ger dès 2014 dans un rec­tangle vert fluo des archi­tectes Jakob et MacFarlane.

Leur "Cube orange" — qui porte leur marque de fabrique : une façade évidée comme un trou de météo­rite — est déjà l'un des bâti­ments forts de ce nou­veau quar­tier en muta­tion et sans doute le plus pho­to­gra­phié par les touristes.

L'enjeu d'une réha­bi­li­ta­tion réus­sie de cette zone long­temps bou­dée, syno­nyme de mar­ché de gros, de pri­sons et de port indus­triel, est de taille: ce tri­angle de 150 hec­tares per­met­tra en effet de dou­bler la super­fi­cie de l'hyper-centre de Lyon.

Outre Euronews, GL Events, lea­der mon­dial de l'événementiel, doit égale­ment s'y installer.

La dimen­sion de "labo­ra­toire" d'urbanisme de ce nou­veau quar­tier revient comme un leit­mo­tiv dans la presse, des Inrockuptibles au Monde en pas­sant par des revues spé­cia­li­sées comme Archistorm. "Lyon Confluence, labo­ra­toire de renais­sance", titrait une récente expo­si­tion à la Cité de l'architecture et du patri­moine à Paris.

Outre la réha­bi­li­ta­tion réus­sie de bâti­ments du port flu­vial comme la Sucrière, où a lieu la Biennale d'Art contem­po­rain, cela tient à des bâti­ments à haute qua­lité envi­ron­ne­men­tale (HQE), avec des loge­ments chauf­fés à 80% grâce aux éner­gies renou­ve­lables, notam­ment au photovoltaïque.

Parmi eux, "l'îlot P", qui doit être livré dès 2014, est pré­senté comme un pro­to­type d'immeuble intel­li­gent. Il sera réa­lisé en par­te­na­riat avec l'agence gou­ver­ne­men­tale japo­naise de maî­trise de l'énergie NEDO.

Il vien­dra par­ache­ver l'enfilade d'immeubles aux cou­leurs et formes bigar­rées bor­dant la place nau­tique, aux allures de marina. Un immense centre com­mer­cial doit y ouvrir le 4 avril, ani­mant ce quar­tier où la vie se concentre jusqu'ici autour des quais de Saône, avec son enfi­lade de res­tau­rants, parmi les­quels la bras­se­rie du chef étoilé Nicolas Le Bec.

Sur un mil­lion de m2 de sur­face à construire, un tiers est déjà sorti du sol depuis la fin des années 1990. Et, contrai­re­ment à 2008, la crise n'a pas prise jusqu'ici sur les pro­jets immo­bi­liers, assure Gérard Collomb, sénateur-maire PS de Lyon et chef d'orchestre du projet.

"On est plu­tôt dans la sur­de­mande", affirme celui qui donne de sa per­sonne pour pré­sen­ter le quar­tier aux inves­tis­seurs et ne rate pas une occa­sion de van­ter la supé­rio­rité de Lyon sur Paris en termes d'audace et de cohé­rence de sa poli­tique urbaine.

Si le quar­tier compte 7.000 habi­tants, la popu­la­tion devrait plus que dou­bler à l'achèvement du pro­jet en 2025. Avec comme défi de désen­cla­ver cette zone, qui reste cou­pée du reste de la presqu'île par la gare de Perrache.

Dès 2014, doivent arri­ver 5.000 étudiants de l'Université catho­lique, qui inves­ti­ront les bâti­ments réno­vés de l'ancienne pri­son Saint-Paul.

Avec une part de loge­ments sociaux de l'ordre de 20%, Gérard Collomb insiste sur l'importance de ne pas en faire un quar­tier de bureaux au coeur d'une agglo­mé­ra­tion lyon­naise de 1,2 mil­lion d'habitants, deuxième de France après Paris.

Doit notam­ment y ouvrir en 2018 le nou­veau bâti­ment de la Maison de la Danse, diri­gée par Dominique Hervieux, venue de Chaillot.

"Il s'agit de ne pas créer une ville qui s'éteint à 18H00", en mixant 45% de loge­ment et 45% de ter­tiaire, explique Christoph Roettinger, du cabi­net d'architectes suisses Herzog & de Meurson, en charge de la der­nière phase du projet.


 

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