11.02.2012

Fashion week de New York: Jason Wu retourne à ses racines chinoises

D'énormes portes rouges comme celles de la Cité inter­dite, des man­ne­quins à l'allure mili­taire ou très gla­mour hol­ly­woo­dien des années 30 : Jason Wu a offert ven­dredi à la Fashion week de New York une inter­pré­ta­tion très per­son­nelle de ses racines chinoises.

Le jeune créa­teur de 29 ans, né à Taïwan, et célèbre notam­ment pour avoir habillé Michelle Obama pour les bals d'inauguration de jan­vier 2009, n'était pas retourné dans son pays d'origine depuis des années, jusqu'à un voyage il y a 18 mois avec son père.

"Mon père m'a emmené voir une expo­si­tion sur les guer­riers de la dynas­tie Qing et j'ai été tel­le­ment impres­sionné que je me suis dit qu'il était impor­tant de retour­ner à mes racines, de faire quelque chose de per­son­nel", a-t-il expli­qué à l'AFP.

"Et j'ai fait cette col­lec­tion qui donne ma réponse à ce que c'est qu'être chinois".

Sa col­lec­tion Automne-hiver 2012, très théâ­trale, pré­sen­tée dans un vaste entre­pôt au bord de l'Hudson, le St John's Studio, revi­site les uni­formes mili­taires de l'époque Mao, les lourds bro­cards de la dynas­tie Qing, mais aussi la vision hol­ly­woo­dienne de la Chine dans les années 30 et 40, à la façon de Marlène Dietrich dans le "Shanghai Express".

Les capes kaki s'ornent de den­telle noire, les vestes épau­lées de la même cou­leur se portent avec un col de four­rure sur des jupes droites fen­dues, une che­mise de satin rouge à col mao réveille un pan­ta­lon kaki, robes four­reaux noires et kaki se portent avec de longs gants noirs clou­tés de pointes dorées.

Les bro­cards dorés s'accumulent sur des blou­sons noirs à épau­lettes ou de grandes capes, avant de retrou­ver une femme plus fémi­nine dans des robes de soie et velours, noir et fuch­sia, des robes bus­tier de den­telle rouge et noir, et des robes qipao au col scindé et échan­crure arrondie.

Dans ces trois "inter­pré­ta­tions de la Chine" qu'il a vou­lues "liées entre elles comme une expé­rience ciné­ma­to­gra­phique", Jason Wu voit un point commun.

Les femmes "sont des guer­rières, des femmes puis­santes", explique-t-il, recon­nais­sant pré­fé­rer la pre­mière par­tie de son défilé, très mili­taire. "Pour moi cette par­tie est très puis­sante, très per­son­nelle" dit-il.

Plus tôt dans la mati­née, dans une jour­née où la recherche de racines sem­blaient un thème com­mun à plu­sieurs desi­gners asia­tiques, Park Choo Moo avait pré­senté une col­lec­tion toute en dou­ceur, ins­pi­rée, a-t-elle expli­qué "par les racines d'une des don­nées les plus impor­tantes dans l'esthétique coréenne: le vide (...) qui n'a pas de forme et de limites, ne peut pas être tou­ché", et "dans lequel réside une forme d'énergie".

Ses robes à capuches étaient en coton bio, cein­tu­rées par des liens de cuir aériens, ses châles clairs en four­rure d'alpaga, ses man­teaux en cachemire.

Elle a été sui­vie peu après au Lincoln Center par Concept Korea, pré­sen­ta­tion com­mune de plu­sieurs créa­teurs sud-coréens, orga­ni­sée depuis plu­sieurs années par le minis­tère sud-coréen de la Culture à New York.

Parmi eux, Resurection et ses looks mili­taires réin­ven­tés, ou Steve J et Yoni P, et leur pro­me­nade colo­rée dans une mode "inter­ga­lac­tique", avec force décli­nai­sons étoilées.

Helmut Lang était l'un d'un der­niers défi­lés de la jour­née, là encore à St John's. Sa col­lec­tion abon­dait de pan­ta­lons ciga­rette et leg­gings noirs en daim ou cuir, por­tés avec des pulls à très grosses mailles, des hauts de den­telle, ou des vestes de four­rure, et par­fois d'immenses écharpes rou­lées autour du cou.

Mais à la sor­tie, les affi­cio­na­das par­laient sur­tout des cuis­sardes inter­mi­nables, s'allongeant jusque tout en haut de la cuisse, qui ryth­maient le défilé.

La semaine de la mode de New York, durant laquelle sont pré­vues plus de 300 pré­sen­ta­tions et défi­lés, dure jusqu'au 16 février.


 

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