10.02.2012

La Grèce de nouveau en grève générale contre la rigueur réclamée par l'UE et le FMI

Les syn­di­cats grecs ont lancé ven­dredi un mou­ve­ment de grève et de mani­fes­ta­tions de 48 heures contre les nou­velles mesures de rigueur récla­mées de plus en plus fer­me­ment par les créan­ciers du pays, l'UE et le FMI, et qui doivent être sou­mises au vote du par­le­ment dimanche.

Contre ce pro­gramme d'austérité qui selon elles sera "le tom­beau de la société grecque", les cen­trales du privé GSEE (700.000 adhé­rents) et du public Adedy (350.000) ont appelé à des ras­sem­ble­ments ven­dredi et samedi sur la place Syntagma, théâtre depuis deux ans de mobi­li­sa­tions sou­vent vio­lentes contre l'austérité.

Dans la capi­tale grecque pri­vée de bus, métro ou trol­ley, où seul le train élec­trique reliant la ban­lieue du nord avec le Pirée fonc­tion­nait, les mani­fes­tants ont com­mencé vers 11h30 locales (09h30 GMT) à ral­lier le centre ville bou­clé par les forces de l'ordre.

Des mani­fes­ta­tions sont égale­ment pré­vues dans d'autres villes du pays, notam­ment à Salonique (Nord).

Les bateaux sont res­tés à l'ancre en rai­son du ral­lie­ment des marins à cette grève tan­dis que la fonc­tion publique, minis­tères et hôpi­taux fonc­tion­naient au ralenti.

Toutefois, les trans­ports aériens n'étaient pas touchés.

Cette grève est la deuxième de la semaine. Mardi, les syn­di­cats avaient égale­ment observé une mobi­li­sa­tion de 24 heures qui a sur­tout tou­ché les trans­ports et la fonc­tion publique.

Les syn­di­cats ont lancé cette mobi­li­sa­tion pour pro­tes­ter contre l'accord labo­rieu­se­ment trouvé par les trois par­tis gou­ver­ne­men­taux sur un nou­veau train de mesures pré­voyant notam­ment la réduc­tion de 22% du salaire mini­mum, des coupes dans les retraites et le licen­cie­ments de 15.000 fonctionnaires.

Ces mesures pro­voquent des divi­sions au sein même des par­tis de la coa­li­tion, les socia­listes (Pasok), la droite (Nouvelle-Démocratie) et l'extrême-droite (Laos), dont les dépu­tés doivent endos­ser la res­pon­sa­bi­lité du vote de ces mesures impo­pu­laires. Celui-ci doit en prin­cipe inter­ve­nir au par­le­ment dimanche soir dans le cadre d'une pro­cé­dure d'urgence.

Le porte-parole du parti socia­liste (Pasok) Panos Béglitis a déclaré ven­dredi sur la radio pri­vée Flash qu'il y avait "un cli­mat néga­tif" au sein du groupe par­le­men­taire en réac­tion aux "poli­tiques de chan­tage" l'Europe.

Toutefois, M. Béglitis a sou­li­gné que "le défi actuel­le­ment était le main­tien du pays dans la zone euro à tout prix, car cer­tains ont comme objec­tif de nous exclure".

De son côté, le chef du parti de la droite Antonis Samaras a demandé des élec­tions anti­ci­pées tan­dis que le diri­geant d'extrême-droite Georges Karatzaféris menace de ne pas voter les mesures.

Le parti socia­liste est majo­ri­taire dans la coa­li­tion gou­ver­ne­men­tale avec au total 255 dépu­tés sur les 300 du par­le­ment mono­ca­mé­ral grec.


 

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