Daniel Mesguich : « une oeuvre contient en elle-même son efficacité pédagogique »

L’invité

Daniel Mesguich sera récitant dans l'oratorio Le Roi David d'Arthur Honegger, jeudi 16 février salle Pleyel, pour le prochain concert éducatif de la Cité de la Musique. Il nous explique ce que ce concert représente pour lui.

Daniel MesguichComment avez-vous été associé à ce projet et que représente cette œuvre pour vous ?

C’est le Conservatoire national de musique qui m’a contacté pour ce concert. J’ai accepté parce que c’était le Conservatoire qui me le demandait et parce que j’adore cette œuvre d’Honegger. J’ai enregistré un disque « Le Roi David », j’ai travaillé avec différents chefs d’orchestre sur cette œuvre. Le hasard a fait qu’on m’a souvent appelé pour le Roi David.

Le concert auquel vous participez est un concert éducatif. Comment les élèves d’aujourd’hui peuvent-ils d’après vous, recevoir cette œuvre exigeante ?

Je ne peux vous répondre. Nous faisons un concert, au plus haut niveau, et le simple fait de présenter cette œuvre devrait contenir les clés conduisant à l’aimer. Le fait de montrer cette œuvre est assez improbable – les jeunes gens n’ont en général pas l’habitude d’écouter ce genre de musique. Mais l’œuvre contient en elle-même son efficacité pédagogique. Le fait qu’il y ait un récitant peut aider. Culturellement, on est plus habitué à entendre des mots qui expliquent quelque chose que de la musique pure. Cela permet d’entrer dans un monde, de raconter une histoire. L’histoire vous permet de suivre la musique. C’est un pont lancé entre l’ambiance générale et cette œuvre.

Vous êtes avant tout homme de théâtre et aussi professeur : pour vous, aujourd’hui, donne-t-on suffisamment accès aux œuvres, de musique, de théâtre… aux élèves, sachant que ces œuvres, sont pour vous, de par leur beauté, éducatives en elles-mêmes ?

Non seulement on ne le fait pas assez, mais on ne le fait presque pas. Aujourd’hui il y a des pans entiers de la population à qui on a enlevé de fait, Picasso, Mozart, Racine, Shakespeare, Tchekhov, Matisse. Il ne leur reste plus que quelques musiques -pas forcément toujours nulles- qui ne sont pas une autre culture, mais une sous-culture. Si l’on connaît Rimbaud, alors on se rend compte que les textes des musiques qu’écoutent les jeunes ne sont pas de la poésie. Et que Rimbaud est mille fois plus jouissif dans la révolte et la rébellion.

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