10.02.2012
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Daniel Mesguich : "une oeuvre contient en elle-même son efficacité pédagogique"

Daniel Mesguich sera réci­tant dans l'oratorio Le Roi David d'Arthur Honegger, jeudi 16 février salle Pleyel, pour le pro­chain concert éduca­tif de la Cité de la Musique. Il nous explique ce que ce concert repré­sente pour lui.

Daniel MesguichComment avez-vous été asso­cié à ce pro­jet et que repré­sente cette œuvre pour vous ?

C'est le Conservatoire natio­nal de musique qui m'a contacté pour ce concert. J'ai accepté parce que c'était le Conservatoire qui me le deman­dait et parce que j'adore cette œuvre d'Honegger. J'ai enre­gis­tré un disque "Le Roi David", j'ai tra­vaillé avec dif­fé­rents chefs d'orchestre sur cette œuvre. Le hasard a fait qu'on m'a sou­vent appelé pour le Roi David.

Le concert auquel vous par­ti­ci­pez est un concert éduca­tif. Comment les élèves d'aujourd'hui peuvent-ils d'après vous, rece­voir cette œuvre exigeante ?

Je ne peux vous répondre. Nous fai­sons un concert, au plus haut niveau, et le simple fait de pré­sen­ter cette œuvre devrait conte­nir les clés condui­sant à l'aimer. Le fait de mon­trer cette œuvre est assez impro­bable – les jeunes gens n'ont en géné­ral pas l'habitude d'écouter ce genre de musique. Mais l'œuvre contient en elle-même son effi­ca­cité péda­go­gique. Le fait qu'il y ait un réci­tant peut aider. Culturellement, on est plus habi­tué à entendre des mots qui expliquent quelque chose que de la musique pure. Cela per­met d'entrer dans un monde, de racon­ter une his­toire. L'histoire vous per­met de suivre la musique. C'est un pont lancé entre l'ambiance géné­rale et cette œuvre.

Vous êtes avant tout homme de théâtre et aussi pro­fes­seur : pour vous, aujourd'hui, donne-t-on suf­fi­sam­ment accès aux œuvres, de musique, de théâtre... aux élèves, sachant que ces œuvres, sont pour vous, de par leur beauté, éduca­tives en elles-mêmes ?

Non seule­ment on ne le fait pas assez, mais on ne le fait presque pas. Aujourd'hui il y a des pans entiers de la popu­la­tion à qui on a enlevé de fait, Picasso, Mozart, Racine, Shakespeare, Tchekhov, Matisse. Il ne leur reste plus que quelques musiques –pas for­cé­ment tou­jours nulles– qui ne sont pas une autre culture, mais une sous-culture. Si l'on connaît Rimbaud, alors on se rend compte que les textes des musiques qu'écoutent les jeunes ne sont pas de la poé­sie. Et que Rimbaud est mille fois plus jouis­sif dans la révolte et la rébellion.

Sandra Ktourza

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