Prof blessé au couteau: enquête ouverte contre X pour tentative d'assassinat
Le parquet de Créteil a ouvert jeudi une information judiciaire contre X pour tentative d'homicide volontaire aggravé, après l'agression au couteau d'un enseignant mardi dans un lycée du Val-de-Marne où des cours ont été arrêtés, a-t-on appris de source judiciaire.
Mardi matin, ce professeur du lycée polyvalent Maximilien-Perret à Alfortville a été hospitalisé après avoir été blessé alors qu'il tentait de s'interposer entre deux élèves pendant un intercours. Une incapacité temporaire de travail (ITT) de 21 jours lui a été reconnue.
Les deux élèves de 16 et 19 ans, qui étaient en garde à vue à Créteil, ont été libérés jeudi. "La victime met hors de cause celui qui était considéré comme le principal suspect", a indiqué la source judiciaire, ajoutant que la désignation d'un juge d'instruction doit permettre de poursuivre les investigations.
Réunis jeudi devant le rectorat de Créteil, des enseignants du lycée ont déclaré à l'AFP avoir cessé les cours après l'agression de leur collègue au nom de "leur droit de retrait". Ils réclament l'attribution de cinq surveillants supplémentaires pour cet établissement de 1.600 élèves.
Le code du travail permet à un salarié exposé à un danger "grave et imminent" d'exercer ce droit sans s'exposer à des retenues sur salaires.
"Il n'y a eu aucun cours le mardi après-midi et seuls quelques professeurs ont repris le travail mercredi et aujourd'hui (jeudi, ndlr)", a précisé à l'AFP l'un de ces enseignants, sous couvert de l'anonymat.
Mardi, le rectorat avait assuré que les cours avaient repris normalement. Contactée jeudi, une porte-parole n'a pas souhaité faire de commentaires, précisant qu'une délégation du lycée était reçue par une adjointe du recteur.
"On ne dit pas que l'agression ne serait pas arrivée avec plus de surveillants, mais simplement qu'avec davantage d'encadrement, les élèves se sentiraient moins en roue libre", a expliqué à l'AFP un enseignant du lycée.
Réagissant à l'incident, le syndicat CGT Educ'Action a estimé dans un communiqué que "l'agressivité ou les agressions dans les établissements scolaires ne pourront que s'accentuer du fait des suppressions massives de postes" dans l'Education nationale.
La police judiciaire du Val-de-Marne est en charge de l'enquête.
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