09.02.2012

Prof blessé au couteau: enquête ouverte contre X pour tentative d'assassinat

Le par­quet de Créteil a ouvert jeudi une infor­ma­tion judi­ciaire contre X pour ten­ta­tive d'homicide volon­taire aggravé, après l'agression au cou­teau d'un ensei­gnant mardi dans un lycée du Val-de-Marne où des cours ont été arrê­tés, a-t-on appris de source judiciaire.

Mardi matin, ce pro­fes­seur du lycée poly­va­lent Maximilien-Perret à Alfortville a été hos­pi­ta­lisé après avoir été blessé alors qu'il ten­tait de s'interposer entre deux élèves pen­dant un inter­cours. Une inca­pa­cité tem­po­raire de tra­vail (ITT) de 21 jours lui a été reconnue.

Les deux élèves de 16 et 19 ans, qui étaient en garde à vue à Créteil, ont été libé­rés jeudi. "La vic­time met hors de cause celui qui était consi­déré comme le prin­ci­pal sus­pect", a indi­qué la source judi­ciaire, ajou­tant que la dési­gna­tion d'un juge d'instruction doit per­mettre de pour­suivre les investigations.

Réunis jeudi devant le rec­to­rat de Créteil, des ensei­gnants du lycée ont déclaré à l'AFP avoir cessé les cours après l'agression de leur col­lègue au nom de "leur droit de retrait". Ils réclament l'attribution de cinq sur­veillants sup­plé­men­taires pour cet établis­se­ment de 1.600 élèves.

Le code du tra­vail per­met à un sala­rié exposé à un dan­ger "grave et immi­nent" d'exercer ce droit sans s'exposer à des rete­nues sur salaires.

"Il n'y a eu aucun cours le mardi après-midi et seuls quelques pro­fes­seurs ont repris le tra­vail mer­credi et aujourd'hui (jeudi, ndlr)", a pré­cisé à l'AFP l'un de ces ensei­gnants, sous cou­vert de l'anonymat.

Mardi, le rec­to­rat avait assuré que les cours avaient repris nor­ma­le­ment. Contactée jeudi, une porte-parole n'a pas sou­haité faire de com­men­taires, pré­ci­sant qu'une délé­ga­tion du lycée était reçue par une adjointe du recteur.

"On ne dit pas que l'agression ne serait pas arri­vée avec plus de sur­veillants, mais sim­ple­ment qu'avec davan­tage d'encadrement, les élèves se sen­ti­raient moins en roue libre", a expli­qué à l'AFP un ensei­gnant du lycée.

Réagissant à l'incident, le syn­di­cat CGT Educ'Action a estimé dans un com­mu­ni­qué que "l'agressivité ou les agres­sions dans les établis­se­ments sco­laires ne pour­ront que s'accentuer du fait des sup­pres­sions mas­sives de postes" dans l'Education nationale.

La police judi­ciaire du Val-de-Marne est en charge de l'enquête.


 

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