L'Unef dénonce vivement les futurs campus d'excellence
L'Unef, première organisation étudiante, a dénoncé jeudi dans un communiqué la sélection des futurs campus universitaires d'excellence, estimant que ce système sans pilote allait accroître les déséquilibres territoriaux et entre filières et remettre en cause le statut des universités.
Vendredi, cinq futurs campus "de rang mondial" ont été lauréats de l'appel à projet phare du grand emprunt, les "Initiatives d'excellence" (Idex), en plus des trois qui l'avaient été en 2011.
Par cette procédure de sélection via un jury international, le gouvernement est revenu "sur l'ensemble des engagements qu'il avait pris en 2007 devant les étudiants", a regretté l'Unef, ce qui "met l'enseignement supérieur sur une pente très dangereuse, sans aucun pilote pour le diriger".
"A Paris, deux universités sont ainsi exclues de tous les processus de rapprochement tandis que des zones entières du territoire (le nord de la France, le centre, et le grand ouest) voient s'accroître le risque de se transformer en déserts universitaires", selon l'Unef.
Autre grief : plusieurs lauréats prévoyant de créer "des filières sélectives d'excellence", l'Unef craint qu'"en l'absence de cadrage national des diplômes, les étudiants des filières non sélectives (n'aient) aucune garantie quant à la reconnaissance de leur formation".
En outre, les critères de sélection "ont poussé certains regroupements à engager un processus de changement de statut" : après Dauphine et l'Université de Lorraine, Toulouse "projette un passage au statut de grand établissement".
Quant à l'argent promis, "si le gouvernement veut faire illusion (...), les étudiants ne sont pas dupes", car "la seule chose qui a changé pour eux est le nombre de filières menacées de fermetures, le nombre de postes gelés faute de moyens" et "les budgets en déficit".
Dénonçant "un mouvement de transformation technocratique et autoritaire", l'Unef demande aux candidats à la présidentielle "des clarifications sur le cap qu'ils comptent donner au service public". Et elle réclame "une loi d'orientation pour faire de la réussite des étudiants la priorité", avec des volets "financement" et "aménagement du territoire".
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