09.02.2012

L'Assemblée a examiné un texte controversé sur la formation des enseignants

L'Assemblée a exa­miné mer­credi soir, en pre­mière lec­ture, une pro­po­si­tion de loi UMP sur la for­ma­tion des ensei­gnants qui a sus­cité la vio­lente oppo­si­tion des par­tis de gauche qui ont dénoncé un "texte néfaste", pris "sans aucune concertation".

La pro­po­si­tion de loi du député Jacques Grosperrin, qui fera l'objet d'un vote solen­nel le 14 février, sti­pule que "la for­ma­tion des maîtres est assu­rée par les établis­se­ments d'enseignement supé­rieur, notam­ment par les uni­ver­si­tés". Actuellement, le code de l'éducation affirme que cette for­ma­tion "est assu­rée par les IUFM" (Instituts uni­ver­si­taires de for­ma­tion des maîtres).

Pour Jacques Grosperrin, il s'agit sim­ple­ment "de tirer les consé­quences de l'intégration des IUFM au sein des uni­ver­si­tés" et du recru­te­ment des ensei­gnants au niveau du mas­ter (bac+5 au lieu de bac+3 précédemment).

En vain, les dépu­tés de gauche, relayant les craintes des orga­ni­sa­tions syn­di­cales des ensei­gnants, ont tenté de s'opposer au texte en pré­sen­tant des motions de rejet et des amen­de­ments de suppression.

Martine Faure (PS) a dénoncé un texte néfaste, pré­senté dans "la pré­ci­pi­ta­tion", "sans concer­ta­tion aucune".

"Pourquoi ins­crire un texte d'initiative par­le­men­taire à l'ordre du jour d'une semaine nor­ma­le­ment réser­vée au gou­ver­ne­ment? et pour­quoi recou­rir à la pro­cé­dure accé­lé­rée?", a lancé la dépu­tée PS. "Parce que ce texte a été dicté par le minis­tère et qu'il fal­lait qu'il soit adopté avant la fin de la session".

"Après le désastre de la mas­té­ri­sa­tion qui a pri­vi­lé­gié une for­ma­tion uni­ver­si­taire au détri­ment d'une véri­table for­ma­tion péda­go­gique, ce texte veut sup­pri­mer toute réfé­rence aux IUFM du code de l'éducation", a-t-elle souligné.

Marie-Hélène Amiable (PCF) a dénoncé un texte qui "conforte la mas­te­ri­sa­tion alors que celle-ci a fait l'objet, aujourd'hui même, d'un violent réqui­si­toire de la Cour des comptes".

"A deux mois et demi de la pré­si­den­tielle, l'UMP est à la manoeuvre pour liqui­der défi­ni­ti­ve­ment la for­ma­tion des ensei­gnants", a lancé la dépu­tée qui a demandé "le retour à une vraie for­ma­tion pro­fes­sion­nelle et à une for­ma­tion gra­duelle au métier".

Elle a accusé la majo­rité de vou­loir livrer la for­ma­tion des ensei­gnants "à des offi­cines privées".

Laurent Vauquiez, ministre de l'enseignement supé­rieur, a assuré qu'il n'y avait "aucune arrière pen­sée dans ce texte". "C'est un texte qui ne mérite ni excès d'honneur ni excès d'indignité et qui répond à un pro­blème de tech­nique juri­dique", a-t-il dit. "Il s'agit de tirer les consé­quences d'un arrêt du Conseil d'Etat qui sou­li­gnait qu'un cer­tain nombre de points devaient être cor­ri­gés dans le code de l'éducation. Ni plus ni moins".

En vain, Jean-Marie Binetruy (UMP) a tenté de convaincre ses col­lègues de gauche qu'il ne s'agissait que d'un texte "tech­nique" et qu'il n'y avait pas matière "à ne pas faire confiance à l'université pour la for­ma­tion des maîtres".

Compte tenu du rap­port des forces poli­tiques, le texte devrait être adopté mardi par l'Assemblée mais se heur­tera à l'opposition de la majo­rité socia­liste au Sénat.


 

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