09.02.2012

La Grèce espère un accord à Bruxelles sur un deuxième plan d'aide

La Grèce espère décro­cher une nou­velle aide de ses par­te­naires euro­péens jeudi lors d'une réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles, même si les par­tis de la coa­li­tion gou­ver­ne­men­tale n'ont pas approuvé tota­le­ment le pro­gramme de réformes de rigueur pro­posé par les bailleurs de fonds du pays.

Au terme d'une nuit blanche, le ministre des Finances Evangélos Vénizélos a reconnu jeudi matin qu'il res­tait "des ques­tions devant être réso­lues" avant que les trois par­tis repré­sen­tés au gou­ver­ne­ment n'accordent leur sou­tien à l'ensemble des mesures récla­mées à la Grèce pour décro­cher un deuxième prêt inter­na­tio­nal vital.

Sans cette nou­velle aide d'au moins 130 mil­liards d'euros, la Grèce s'expose à un défaut de paie­ment le 20 mars, à l'expiration de 14,5 mil­liards d'obligations.

M. Vénizélos a espéré que les ministres des Finances de la zone euro qui se réunissent ce jeudi dans la soi­rée pren­dront une "déci­sion posi­tive" sur ce nou­veau plan d'aide, alors qu'il ne reste plus, selon le porte-parole du gou­ver­ne­ment Pantelis Kapsis, que "600 mil­lions d'euros" d'économies à trou­ver "dont 325 mil­lions seront réa­li­sés par des abais­se­ments de retraites".

"Pour le reste (275 mil­lions d'euros), nos créan­ciers nous ont donné un délai de 15 jours pour trou­ver une solu­tion", a déclaré M. Kapsis jeudi matin à la presse.

Le socia­liste Georges Papandréou, le conser­va­teur Antonis Samaras et le lea­der d'extrême droite Georges Karatzaferis se sont mis d'accord sur "tous les points du plan sauf un", avait indi­qué dans la nuit un com­mu­ni­qué des ser­vices du Premier ministre Lucas Papademos, qui espère bou­cler un accord avec eux "avant la réunion de l'Eurogroupe".

En sor­tant de chez le Premier ministre, M. Samaras avait indi­qué que le dif­fé­rend por­tait sur des coupes envi­sa­gées dans les pen­sions de retraite, tout en sou­li­gnant que "les négo­cia­tions conti­nuaient" sur cette question.

Sans cesse ajour­née depuis lundi, et retar­dée toute la jour­née, la réunion des chefs de parti, cru­ciale pour le pays et sui­vie par l'ensemble de la zone euro, avait débuté à 15h00 GMT.

Ils étaient appelé à don­ner leur blang-seing aux 50 pages d'un avant-projet d'accord entre le gou­ver­ne­ment grec et ses bailleurs de fonds, impo­sant des condi­tions dras­tiques d'assainissement des finances publiques du pays et des mesures de relance écono­mique pas­sant par une sévère déré­gu­la­tion du mar­ché de tra­vail et un abais­se­ment du coût de la main d'oeuvre.

L'assentiment des chefs de parti à cette nou­velle cure de rigueur est attendu fié­vreu­se­ment par les par­te­naires de la Grèce, exas­pé­rés par plu­sieurs jours d'atermoiements poli­tiques autour des mesures en jeu.

De fait, si les par­tis finissent par don­ner leur accord dans la jour­née mal­gré le timing de plus en plus serré, ce pro­gramme de réformes doit théo­ri­que­ment être déposé dès ven­dredi au par­le­ment grec, où la coa­li­tion gou­ver­ne­men­tale peut comp­ter sur 255 voix (sur 300), en vue d'un vote d'urgence prévu pour dimanche selon l'agence Ana.

Selon des fuites dans la presse, le train de mesures pré­voit une baisse de 22% du salaire mini­mum ainsi ramené autour de 586 euros bruts sur 14 mois, des coupes dans les retraites com­plé­men­taires, et 15.000 sup­pres­sions d'emplois dans l'année dans le sec­teur public.

Les consé­quences sociales seront dou­lou­reuses dans un pays qui entame sa cin­quième année de réces­sion. Le syn­di­cat com­mu­niste Pame a appelé à des mani­fes­ta­tions à Athènes jeudi soir, deux jours après une grève géné­rale de 24 heures qui a fait battre le pavé à quelque 20.000 manifestants.

Le prix poli­tique s'annonce aussi élevé pour des par­tis qui se pré­parent à des élec­tions légis­la­tives anti­ci­pées en mars ou avril. C'est d'ailleurs la rai­son pour laquelle la troïka des créan­ciers sou­haite avoir leur enga­ge­ment expli­cite à pour­suivre le programme.

Actuellement, la Nouvelle démo­cra­tie (droite) mène dans les sondages.

Le temps presse pour la Grèce qui a pro­mis d'aborder la semaine pro­chaine l'autre volet de cette négo­cia­tion inter­na­tio­nale à plu­sieurs niveaux : l'opération d'effacement par les créan­ciers pri­vés de 100 mil­liards de dettes grecques, quasi-finalisée fin jan­vier à l'issue de trac­ta­tions entre Athènes et les créan­ciers pri­vés de la Grèce, repré­sen­tés par l'Institut de la finance inter­na­tio­nale (IFF).

Le comité des créan­ciers pri­vés de la Grèce a annoncé que ces der­niers se retrou­ve­raient jeudi à Paris.


 

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