08.02.2012

"Réussir en licence": absence de "pilotage" du ministère (Cour des comptes)

Le plan "Réussir en licence" n'a pas fait l'objet de la part du minis­tère d'"un pilo­tage et d'un suivi garan­tis­sant l'efficacité de la dépense publique sup­plé­men­taire" accor­dée au dis­po­si­tif, selon la Cour des comptes dans son rap­port annuel publié mercredi.

Le plan, sur cinq ans, lancé en décembre 2007 par le minis­tère de l'Enseignement supé­rieur et assorti de 730 mil­lions d'euros, vise à aider les uni­ver­si­tés à "ini­tier ou ren­for­cer leur actions en faveur de la réus­site des étudiants" et, notam­ment, à divi­ser par deux le taux d'échec en pre­mière année de licence.

S'agissant des uni­ver­si­tés, elles "se montrent aujourd'hui plus sou­cieuses de s'adapter aux besoins de leurs étudiants".

La Haute auto­rité s'est aussi pen­chée sur les écoles nor­males supé­rieures de Paris, Lyon et Cachan, et constate qu'elles ont "beau­coup évolué depuis dix ans" et pris "conscience de ce qu'elles sont immer­gées dans la com­pé­ti­tion mondiale".

Mais elle relève "la per­sis­tance d'obstacles struc­tu­rels com­muns à (leur) trans­for­ma­tion" et estime que le recru­te­ment et le sta­tut des élèves nor­ma­liens doivent faire l'objet de "réflexions et d'évolutions en profondeur".

A pro­pos des sept uni­ver­si­tés pari­siennes (Paris-I, III, IV, VI, VII, VIII et XI) pas­sées à l'autonomie, à l'exception de Paris VIII, la Cour estime que le minis­tère de l'Enseignement supé­rieur et celui du Budget "doivent être davan­tage atten­tifs aux enjeux majeurs que sont, pour l'autonomie des uni­ver­si­tés, l'immobilier et la ges­tion de la masse sala­riale et des emplois".

"Les risques, dans ces domaines, ne sont pas dimi­nués de façon suf­fi­sante par les actions qu'ils ont entre­prises", ajoute-t-elle.

Enfin, la haute auto­rité dresse "un bilan déce­vant du pro­gramme de créa­tion de treize réseaux thé­ma­tiques de recherche avan­cée (RTRA), por­tés par douze fon­da­tions de coopé­ra­tion scien­ti­fique, lancé en 2006–2007".

Les dota­tions en capi­tal appor­tées par l'Etat à ces fon­da­tions (200 mil­lions d'euros), qui devaient en "garan­tir la péren­nité, auront en grande majo­rité été dépen­sées comme des cré­dits de fonc­tion­ne­ment", relève-t-elle.

Le minis­tère porte une "res­pon­sa­bi­lité évidente dans cet échec: il n'a effec­tué aucun suivi réel de ce pro­gramme et, à aucun moment, n'est inter­venu pour infor­mer les diri­geants des fon­da­tions des règles qu'ils devaient respecter".


 

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