"Réussir en licence": absence de "pilotage" du ministère (Cour des comptes)
Le plan "Réussir en licence" n'a pas fait l'objet de la part du ministère d'"un pilotage et d'un suivi garantissant l'efficacité de la dépense publique supplémentaire" accordée au dispositif, selon la Cour des comptes dans son rapport annuel publié mercredi.
Le plan, sur cinq ans, lancé en décembre 2007 par le ministère de l'Enseignement supérieur et assorti de 730 millions d'euros, vise à aider les universités à "initier ou renforcer leur actions en faveur de la réussite des étudiants" et, notamment, à diviser par deux le taux d'échec en première année de licence.
S'agissant des universités, elles "se montrent aujourd'hui plus soucieuses de s'adapter aux besoins de leurs étudiants".
La Haute autorité s'est aussi penchée sur les écoles normales supérieures de Paris, Lyon et Cachan, et constate qu'elles ont "beaucoup évolué depuis dix ans" et pris "conscience de ce qu'elles sont immergées dans la compétition mondiale".
Mais elle relève "la persistance d'obstacles structurels communs à (leur) transformation" et estime que le recrutement et le statut des élèves normaliens doivent faire l'objet de "réflexions et d'évolutions en profondeur".
A propos des sept universités parisiennes (Paris-I, III, IV, VI, VII, VIII et XI) passées à l'autonomie, à l'exception de Paris VIII, la Cour estime que le ministère de l'Enseignement supérieur et celui du Budget "doivent être davantage attentifs aux enjeux majeurs que sont, pour l'autonomie des universités, l'immobilier et la gestion de la masse salariale et des emplois".
"Les risques, dans ces domaines, ne sont pas diminués de façon suffisante par les actions qu'ils ont entreprises", ajoute-t-elle.
Enfin, la haute autorité dresse "un bilan décevant du programme de création de treize réseaux thématiques de recherche avancée (RTRA), portés par douze fondations de coopération scientifique, lancé en 2006–2007".
Les dotations en capital apportées par l'Etat à ces fondations (200 millions d'euros), qui devaient en "garantir la pérennité, auront en grande majorité été dépensées comme des crédits de fonctionnement", relève-t-elle.
Le ministère porte une "responsabilité évidente dans cet échec: il n'a effectué aucun suivi réel de ce programme et, à aucun moment, n'est intervenu pour informer les dirigeants des fondations des règles qu'ils devaient respecter".
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