SMS contre orthographe traditionnelle : le choc des écritures ?

07.02.2012 3
Deux concep­tions dia­mé­tra­le­ment oppo­sées de l'orthographe se fai­saient face ven­dredi au salon Expolangues. Phil Marso défen­dait dans son ate­lier l'écriture SMS et ses béné­fices pour l'apprentissage du fran­çais, tan­dis que Micheline Sommant, des Dicos d'Or, rap­pe­lait lors d'une dic­tée le bien-fondé des règles strictes de la gra­phie clas­sique française.
Stylo

Raphaël Labbé/Flickr

Le salon Expolangues confron­tait ce ven­dredi deux concep­tions tota­le­ment dif­fé­rentes de l'écriture : le lan­gage SMS défendu par l'écrivain Phil Marso et l'orthographe plus tra­di­tion­nelle sou­te­nue par Micheline Sommant, lin­guiste des Dicos d'Or.

Le lan­gage SMS : une piste pour amé­lio­rer les résul­tats en orthographe ?

Phil Marso pré­sen­tait dans son ate­lier une ortho­graphe alter­na­tive ins­pi­rée de l'écriture SMS : la PMS (Phonétique Muse Service). Version « amé­lio­rée » du lan­gage uti­lisé sur les télé­phones mobiles, la PMS intro­duit de nou­veaux carac­tères pour en amé­lio­rer la lisi­bi­lité. Elle uti­lise notam­ment l'apostrophe, pour sépa­rer les mots, ou le signe ¥, sym­bole de la mon­naie japo­naise, pour retrans­crire le son « yen ». Ainsi, en PMS, « hôtesse de l'air » don­nera « ot'S 2 l'R », et « hyène » s'écrira tout simplement « ¥ ».

Selon Phil Marso, inven­teur de cette nou­velle écri­ture, la PMS faci­li­te­rait l'apprentissage du fran­çais chez les élèves en dif­fi­culté. Elle rani­me­rait en effet l'intérêt pour la langue et l'écriture, tout en gar­dant « l'esprit du cancre » qui consiste à « cas­ser des codes et en créer d'autres », dixit son créateur.

Les Dicos d'Or, sym­bole de l'orthographe tra­di­tion­nelle française

Micheline Sommant, lin­guiste des Dicos d'Or, dis­pen­sait quant à elle une dic­tée digne du plus célèbre concours d'orthographe clas­sique. Très ins­pi­rée par la gas­tro­no­mie, elle fai­sait la part belle aux règles de fran­ci­sa­tion des mots étran­gers. L'on y appre­nait notam­ment que les tapas s'accordent au fémi­nin, que les tor­tel­li­nis se mettent au plu­riel, ou encore que le ser­rano fait désor­mais par­tie des noms communs.

A l'école, ces deux concep­tions de l'écriture s'affrontent égale­ment. A l'heure où le niveau d'orthographe des élèves ne cesse de chu­ter, les pro­po­si­tions d'orthographes alter­na­tives se mul­ti­plient. Mais la plu­part des ensei­gnants conti­nuent de défendre et d'inculquer les règles tra­di­tion­nelles d'écriture de la langue française.

Elsa Doladille

 

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Vos réactions :

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Valentin
le 7 février 2012

Toutes les pistes d'apprentissage d'une langue sont inté­res­santes mais il ne faut sur­tout pas déna­tu­rer les règles ortho­gra­phiques et gram­ma­ti­cales du fran­çais sinon on risque d'oublier la génèse d'une langue : par­ler, lire et com­prendre ins­tan­ta­né­ment. Or, le lan­gage SMS a ses codes qui ne sont pas par­ta­gés par tout le monde. Ce lan­gage induit un délai de com­pré­hen­sion plus ou moins long qui nuit à la génèse précitée.

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GUGENHEIM
le 8 février 2012

D'otre règle son pos­sible. Pourqoi s'acroché à une norme dézuète? Notre lang nou-z apar­tièn, on peu l'écrir com on l'enten! Grâçe o mou­ve­men Ortograf ( http://www.ortograf.net ) la révo­lu­sion orto­gra­fic s'éten chaqe jour davantaje...

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lité44
le 11 février 2012

Au-delà d'une pré­sen­ta­tion ten­dan­cieuse, le "lan­gage SMS" ne s'oppose pas du tout à l'orthographe. Il s'agit sim­ple­ment de coexis­tence dans un monde qui s'exprime à l'écrit selon des voies com­plé­men­taires. Comme l'oral, l'écrit n'échappe pas à la diversité.

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