07.02.2012

Malouines: l'Argentine va porter plainte à l'ONU contre la militarisation britannique

L'Argentine va pré­sen­ter une plainte for­melle devant le Conseil de sécu­rité et l'Assemblée géné­rale de l'ONU pour dénon­cer une nou­velle "mili­ta­ri­sa­tion" bri­tan­nique en cours autour des Malouines, a annoncé mardi la pré­si­dente Cristina Kirchner.

"Nous allons pré­sen­ter une plainte devant le Conseil de sécu­rité et devant l'Assemblée géné­rale de l'ONU, car cette mili­ta­ri­sa­tion repré­sente un grave dan­ger pour la sécu­rité inter­na­tio­nale", a dit Mme Kirchner devant un par­terre d'hommes poli­tiques et d'anciens com­bat­tants au siège de la présidence.

"Ils sont en train de mili­ta­ri­ser l'Atlantique Sud une nou­velle fois: nous ne pou­vons pas inter­pré­ter autre­ment l'envoi d'un des­troyer ultra-moderne accom­pa­gnant l'héritier du trône, que nous aurions pré­féré d'ailleurs voir en tenue civile", a ajouté la présidente.

Le Royaume-Uni vient de dépê­cher aux Malouines le prince William et a décidé d'envoyer pro­chai­ne­ment un nou­veau navire de guerre. Il pour­rait dépê­cher égale­ment, selon la presse bri­tan­nique, un sous-marin nucléaire.

Une carte des îles frap­pées du dra­peau argen­tin der­rière elle, Mme Kirchner a fait valoir que "les Malouines ont cessé d'être une cause des seuls Argentins pour deve­nir une cause des Latino-américains, une cause globale".

L'Argentine a obtenu le sou­tien des pays voi­sins (Brésil, Uruguay et Chili) pour fer­mer leurs ports à tous les navires pré­sen­tant le dra­peau des Malouines, une offen­sive diplo­ma­tique qui a pro­vo­qué une vive réac­tion de Londres.

La pré­si­dente a confirmé qu'elle allait déclas­si­fier "d'ici 30 jours" le fameux "Rapport Rattenbach" de 1982 sur le rôle des armées argen­tines pen­dant la guerre des Malouines, tel­le­ment cri­tique qu'il avait été cen­suré et la ver­sion ori­gi­nale était res­tée secrète.

Autour du siège de la pré­si­dence, des cen­taines de mani­fes­tants fai­saient flot­ter des dra­peaux. "Les Anglais hors des Malouines !", pouvait-on lire sur une ban­de­role. "Mal-vinas argen-tinas !!" et "Celui qui ne saute pas est un Anglais !", entonnaient-ils.

L'archipel est l'enjeu d'une guerre des mots entre les deux pays à l'approche des 30 ans du conflit anglo-argentin sur la sou­ve­rai­neté des îles (2 avril-14 juin 1982).

Le prince William, 29 ans, deuxième dans l'ordre de suc­ces­sion au trône bri­tan­nique, a com­mencé jeudi der­nier une mis­sion de pilote de six semaines dans une équipe de sur­veillance et de sau­ve­tage de la Royal Air Force. Buenos Aires a qua­li­fié sa pré­sence aux Malouines de "provocation".

Les Malouines, situées à l'extrême sud de l'Argentine, sont sous contrôle du Royaume-Uni depuis 1833, lorsqu'une canon­nière bri­tan­nique en a chassé les auto­ri­tés argen­tines. Un mil­lier de sol­dats bri­tan­niques y sont déployés.


 

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