07.02.2012

Grèce: première grève générale de l'année contre un nouveau plan de rigueur

La Grèce tour­nait au ralenti mar­din, en rai­son d'une grève géné­rale appe­lée par les deux prin­ci­paux syn­di­cats du privé et du public, la pre­mière de l'année, pour pro­tes­ter contre un nou­veau train de mesures d'austérité en cours de négo­cia­tion avec les créan­ciers du pays.

Sous le mot d'ordre, "Ca suf­fit, on ne peut plus", les sym­pa­ti­sants de la cen­trale du privé (GSEE, 700.000 adhé­rents) et celle du public (Adedy, 350.000) devaient se ras­sem­bler en fin mati­née à Syntagma, la place cen­trale d'Athènes, théâtre de mani­fes­ta­tions mas­sives depuis le début de la crise, il y a deux ans.

Les écoles, les minis­tères et les banques étaient au ralenti ainsi que les hôpitaux.

A Athènes, le métro n'a com­mencé de fonc­tion­ner qu'à 08H00 GMT, et les bus à 07H00 GMT.

En rai­son de la par­ti­ci­pa­tion des marins à la grève, les bateaux doivent res­ter à l'ancre pour 24 heures tan­dis que les trains de ban­lieue et ceux des grandes lignes ne devaient égale­ment pas fonc­tion­ner pen­dant toute la jour­née de mardi.

En revanche, aucune annu­la­tion n'est pré­vue dans le trans­port aérien, les contrô­leurs aériens ne par­ti­ci­pant pas au mouvement.

Les syn­di­cats pro­testent contre le pro­jet de réduc­tion du salaire mini­mum, de coupe dans les retraites com­plé­men­taires deman­dées au pays en échange d'un prêt inter­na­tio­nal de 130 mil­liards d'euros décidé en octobre à Bruxelles.

Le Premier ministre Lucas Papademos a de nou­veau ren­con­tré lundi soir la délé­ga­tion de la troïka, BCE, UE et FMI, pour ten­ter d'essayer de rené­go­cier les mesures de rigueur, qui font réagir les trois par­tis de la coa­li­tion gou­ver­ne­men­tale (socia­listes, droite, extrême droite) et les syndicats.

Le ministre des Finances Evangélos Vénizélos et le ministre du Travail Georges Koutroumanis ont égale­ment par­ti­cipé à cette réunion en vue de fina­li­ser l'accord avec les créan­ciers du pays.

M. Papademos doit convaincre les trois lea­ders, Georges Papandréou (socia­liste), Antonis Samaras (droite) et Georges Karatzaféris (extrême-droite) de don­ner leur feu vert afin de déblo­quer cette aide, cru­ciale pour le pays pour payer une obli­ga­tion de 14,5 mil­liards d'euros, arri­vant à l'échéance à la mi-mars.

Lundi soir, M. Vénizélos a tiré la son­nette d'alarme, en dénon­çant le manque d'unité des par­tis de la coa­li­tion gou­ver­ne­men­tale face aux négo­cia­tions cri­tiques avec les créanciers.

"Au lieu de se pré­oc­cu­per de ce tra­gique dilemme (...) en fai­sant preuve d'unité natio­nale (...) beau­coup consacrent leurs efforts à une confron­ta­tion dépas­sée comme si rien ne s'était passé", a-t-il déclaré.

La presse grecque mardi évoquait lar­ge­ment ces nou­velles mesures d'austérité, com­por­tant notam­ment 15.000 sup­pres­sions d'emploi dans le sec­teur public: "Des sacri­fices avec des réduc­tions sur les salaires, les retraites" titrait Ethnos, tan­dis que Kathimerini évoquait une "asphyxie" du pays par "Merkel et Sarkozy".

Ta Nea (pro-gouvernemental) demande à la troïka de "Passer la mon­naie" évoquant les réduc­tions sala­riales tan­dis que le jour­nal écono­mique Naftemporiki rap­pelle les mises en garde des créan­ciers lundi sur le calen­drier: "Votre temps est ter­miné, aver­tit la Commission".


 

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