04.02.2012

Les animaux souffrent aussi du froid : plus d'eau, nourriture et manteaux

Les ani­maux, domes­tiques et sau­vages, souffrent du froid, comme les hommes, sur­tout les plus âgés: comme les hommes aussi, ils doivent s'hydrater davan­tage, man­ger plus et se couvrir.

Une vague de froid, qui a déjà fait au moins 220 morts, sévit depuis une semaine en Europe, avec des mini­males noc­turnes entre –25 et –30°Celsius ©, et –16°C à –21°C la journée.

Par temps froid et sec, les ani­maux ont ten­dance à se déshy­dra­ter et à brû­ler davan­tage de calo­ries, notam­ment ceux qui vivent dehors, mettent en garde les vétérinaires.

"En prio­rité, il faut don­ner beau­coup d'eau à tous les ani­maux, chats, chiens, mais aussi veaux, vaches et cochons. De l'eau chaude pour ceux qui sont dehors pour éviter qu'elle gèle", recom­mande le vété­ri­naire Céline Moussour. Les ani­maux souffrent des varia­tions ther­miques. "Pour la pro­me­nade, les chiens doivent por­ter un man­teau s'ils sont jeunes et peu poi­lus, et s'ils sont vieux, même ceux qui ont des poils", dit-elle à l'AFP. "Plus les ani­maux ont été tra­fi­qués par l'homme, plus ils souffrent du froid! un chi­hua­hua aura plus froid qu'un husky", relève-t-elle. Pour éviter les enge­lures aux pattes des plus fra­giles, il est conseiller d'appliquer une émulsion.

Les quan­ti­tés de nour­ri­ture doivent être tri­plées pour les chiens et les chats vivant dehors, et sen­si­ble­ment aug­men­tées pour les autres.

Les che­vaux à l'herbage font natu­rel­le­ment "du poil", il n'est donc pas utile de les cou­vrir. En revanche, ils doivent avoir beau­coup d'eau à leur dis­po­si­tion et une ration de foin, d'orge ou d'avoine quo­ti­dienne plus impor­tante. La vache fait excep­tion à la règle: "La vache est une usine à faire du chaud! Avec une tem­pé­ra­ture de 39 degrés, elle ne souffre guère du froid, notam­ment la vache d'Ecosse", affirme Céline Moussour.

Au zoo de Thoiry, à l'ouest de Paris, les éléphants, autruches et varans de Komodo comptent parmi les ani­maux les plus sen­sibles au froid. "Les éléphants et les autruches sortent peu l'hiver. Nous devons faire atten­tion à ce que la trompe de l'éléphant ne gèle pas et que l'autruche ne se casse pas une patte", raconte Paul de la Panouse, direc­teur de l'établissement.

En revanche, le grand froid fait le bon­heur des ours, pan­das roux, bisons d'Europe et che­vaux de Prjewalski. "Ces ani­maux sont habi­tués aux hivers rigou­reux dans leur pays d'origine et nous n'avons pas de mesure par­ti­cu­lière à prendre, excepté don­ner de l'eau en abondance".

De tous les ani­maux sau­vages, ce sont les rep­tiles qui souffrent le plus du froid. "Les varans de Komodo, comme tous les ani­maux à sang froid, sont très fra­giles. Dans leur enclos, la tem­pé­ra­ture ne doit pas des­cendre en des­sous de 22 degrés, sous peine de mort".

De leur côté, les défen­seurs des ani­maux lancent un appel au public pour qu'il vienne en aide aux oiseaux. "Sur un sol gelé, les oiseaux ne peuvent plus se nour­rir et lorsque l'hiver arrive, ils ne meurent pas de froid, mais de faim", affirme Stéphane Lamart de la fon­da­tion éponyme. Il recom­mande de mettre un peu de nour­ri­ture (mar­ga­rine, restes de tables, eau tiède sans addi­tifs) sur le bord des fenêtres, ou dans le jar­din, hors de por­tée des chats.

"Mettre de la paille, pro­té­ger du vent, nour­rir et abreu­ver tous ces ani­maux, qui par temps de gel meurent en silence, est de la res­pon­sa­bi­lité de tous", estime-t-il.

La Ligue de pro­tec­tion des oiseaux (LPO) fran­çaise a appelé ven­dredi à "aider" les oiseaux en deman­dant à cha­cun d'installer des man­geoires, mais aussi en sou­hai­tant que les auto­ri­tés per­mettent une sus­pen­sion de la chasse des grives ou des pigeons.


 

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