03.02.2012

Les pirates informatiques Anonymous diffusent une conversation du FBI

Les pirates infor­ma­tiques Anonymous ont dif­fusé ven­dredi une conver­sa­tion télé­pho­nique entre le FBI et Scotland Yard consa­crée aux acti­vi­tés de ces mêmes "hackers", une "infor­ma­tion obte­nue illé­ga­le­ment", a annoncé la police fédé­rale américaine.

L'enregistrement de près de 17 minutes a été mis en ligne sur le site YouTube, accom­pa­gné d'un cour­rier élec­tro­nique d'un agent du FBI orga­ni­sant la confé­rence télé­pho­nique pour le 17 janvier.

"L'information était uni­que­ment des­ti­née aux res­pon­sables des forces de l'ordre et a été obte­nue illé­ga­le­ment", a indi­qué le FBI dans un com­mu­ni­qué. La police fédé­rale ajoute qu'une enquête a été ouverte pour iden­ti­fier et pour­suivre ces res­pon­sables en justice.

Le cour­riel joint à la vidéo invite des membres des forces de l'ordre euro­péennes à par­ti­ci­per à cette confé­rence télé­pho­nique pour "dis­cu­ter des enquêtes en cours rela­tives à Anonymous, Lulzsec, Antisec et d'autres groupes" de pirates informatiques.

Le cour­rier a été envoyé à des res­pon­sables des polices du Royaume-Uni, de France, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Suède et d'Irlande mais les seuls par­ti­ci­pants à s'identifier dans la vidéo se pré­sentent comme des membres du FBI et de Scotland Yard.

Le mes­sage men­tionne les numé­ros de télé­phone à com­po­ser pour accé­der à la confé­rence téléphonique.

Dans un tweet, Anonymous a posté les liens condui­sant à l'enregistrement audio et ajoute que le FBI "doit être curieux de savoir com­ment nous sommes capables de lire en per­ma­nence leurs com­mu­ni­ca­tions internes, depuis long­temps maintenant".

Le FBI pré­cise, dans son com­mu­ni­qué, que son sys­tème infor­ma­tique n'a pas été "violé" à cette occasion.

Graham Cluley de Sophos, société de sécu­rité infor­ma­tique, a indi­qué sur son blog que les pirates avaient accédé à l'appel après avoir appa­rem­ment "infil­tré la boîte de cour­rier élec­tro­nique d'un enquê­teur de la police".

"Les poli­ciers seront sans aucun doute conster­nés de réa­li­ser que les gens qu'ils cherchent à arrê­ter peuvent avoir écouté leurs conver­sa­tions internes", a-t-il ajouté.

A dif­fé­rents moments de la vidéo, les poli­ciers bri­tan­niques et amé­ri­cains évoquent cer­taines cibles de leurs opé­ra­tions, dont Jake Davis et Ryan Cleary, deux ado­les­cents bri­tan­niques arrê­tés l'an der­nier pour pira­tage infor­ma­tique. D'autres noms ont été brouillés.

Davis a été inculpé pour pira­tage de sites inter­net, dont celui de l'Agence bri­tan­nique sur le crime orga­nisé (SOCA) qui n'a pas fonc­tionné pen­dant plu­sieurs heures le 20 juin après une cyberattaque.

Cleary a été détenu en lien avec une opé­ra­tion de pira­tage d'un mois conduite par un groupe dis­si­dent d'Anonymous Lulz Security.

A un moment, un par­ti­ci­pant bri­tan­nique de la confé­rence télé­pho­nique remer­cie son homo­logue amé­ri­cain de l'avoir aidé à ins­pec­ter le disque dur de Cleary.

Un peu plus tard, un poli­cier bri­tan­nique parle d'un pirate infor­ma­tique des West Midlands au Royaume Uni, qui répond au sur­nom de "teh­wongz". "C'est un ado­les­cent de 15 ans qui ne fait tout ça que pour atti­rer l'attention et qui est un peu idiot", dit-il.

Le mois der­nier, Anonymous –un groupe de pirates dis­sé­mi­nés dans le monde entier et repré­sen­tés par un masque blanc et noir au sou­rire sar­cas­tique–, avait mis hors ser­vice pen­dant plu­sieurs heures les sites du FBI et du minis­tère de la Justice amé­ri­cain, en repré­sailles à la fer­me­ture par les Etats-Unis du site d'hébergement Megaupload.

A chaque fois, leur méthode est la même: per­tur­ber le fonc­tion­ne­ment d'un site en le satu­rant de connexions.

Fin 2010, Anonymous s'est atta­qué aux sites Amazon, Visa, MasterCard et PayPal pour dénon­cer leurs déci­sions d'arrêter de tra­vailler avec WikiLeaks.


 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
©2012 Agence France-Presse

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.