03.02.2012

Guillon politique, Dujardin trop sexe, Underworld violent: vague de censure des affiches

Les artistes jouent de mal­chance ces der­niers jours avec les cam­pagnes de publi­cité de leur spec­tacle dont les affiches ont été cen­su­rées parce que trop poli­tiques (Stéphane Guillon), trop sexuelles (Jean Dujardin) ou trop vio­lentes (Kate Beckinsale dans "Underworld Nouvelle ère").

La semaine der­nière, en région pari­sienne, la régie publi­ci­taire de la RATP a refusé d'apposer dans le métro les affiches du pro­chain spec­tacle de Stéphane Guillon en rai­son de leur "carac­tère poli­tique", et l'humoriste a immé­dia­te­ment crié à "la censure".

"En mai 2012, Stéphane Guillon s'en va aussi", pro­cla­maient les affiches pour pro­mou­voir son spec­tacle à l'Olympia, allu­sion trans­pa­rente au départ sup­posé du pré­sident de la République Nicolas Sarkozy à l'issue de l'élection présidentielle.

"Cette cam­pagne a été reto­quée au niveau de l'accroche. Notre direc­tion juri­dique a estimé que cela n'entrait pas dans le cadre de notre conven­tion avec la RATP. Nous devons nous abs­te­nir de toute com­mu­ni­ca­tion à carac­tère poli­tique ou reli­gieux, sur­tout en période élec­to­rale", expli­quait alors la direc­tion de la com­mu­ni­ca­tion de Metrobus, régie publi­ci­taire de la RATP (groupe Publicis).

Jeudi, l'afficheur JC Decaux annon­çait le retrait des affiches du film "Les Infidèles" avec Jean Dujardin et Gilles Lellouche, à la demande de l'Autorité de régu­la­tion pro­fes­sion­nelle de la publi­cité (ARPP).

Deux affiches dif­fé­rentes pro­mou­vaient ce film à sketches humo­ris­tiques (sor­tie le 29 février) sur les mille et une mésa­ven­tures de maris infi­dèles et leurs stra­ta­gèmes pour ber­ner leur femme.

Sur l'une, Jean Dujardin, de face, tenait les deux jambes dénu­dées d'une femme, la tête en bas, disant "Je rentre en réunion"; sur l'autre Gilles Lellouche lan­çait au télé­phone "ça va cou­per, je rentre dans un tun­nel" tan­dis que, vue de dos, une femme ne mon­trait que ses deux mains sur son torse et sa che­ve­lure au niveau de sa braguette.

Ces affiches "sont clai­re­ment de nature à heur­ter, à cho­quer une par­tie du public... puisqu'elles pro­pagent une image de la femme por­tant atteinte à sa dignité et à la décence", affir­mait à l'AFP Stéphane Martin, direc­teur géné­ral de l'ARPP.

Via Twitter, l'affaire a vite fait du bruit aux Etats-Unis, pays très sen­sible aux ques­tions de moeurs, à quelques semaines des Oscars pour les­quels "The Artist" et Jean Dujardin sont don­nés grands favoris.

Vendredi, c'était au tour du film amé­ri­cain "Underworld: nou­velle ère" de subir les foudres de la Régie des trans­ports mar­seillais (RTM), dans le contexte local de bra­quages à l'arme lourde, a expli­qué à l'AFP l'agent du film, Etienne Lerbret.

"La RTM et la régie publi­ci­taire Média Transports refusent de poser cette publi­cité sur les bus de la ville, au motif que l'affiche montre des armes +au vu de la vio­lence régnant à Marseille+", disait-il.

Sur l'affiche réser­vée aux flancs de bus, Kate Beckinsale pointe ses armes en direc­tion du public, illus­tra­tion du com­bat que mène l'héroïne qu'elle incarne, la guer­rière vam­pire Sélène, contre deux espèces immor­telles, les vam­pires et les Lycans.

Les affiches de "Underworld: nou­velle ère", qui sort en France le 8 février, n'ont pour l'instant été cen­su­rées dans aucune autre ville française.

"Cette déci­sion dis­cri­mi­na­toire est d'autant plus absurde que les pré­cé­dents films "Underworld" ont déjà attiré plus de 1,6 mil­lion de spec­ta­teurs en France. Il fait peu de doute que le public est capable de faire la dif­fé­rence entre vam­pires et loups-garous et réa­lité", a dénoncé M. Lerbret.


 

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