03.02.2012

Grand emprunt: huit futurs campus de "rang mondial" sélectionnés

La France a choisi ses futurs cam­pus uni­ver­si­taires et de recherche "de rang mon­dial", avec la sélec­tion ven­dredi de cinq lau­réats en plus des trois déjà connus, dans le cadre de l'appel à pro­jet phare du grand emprunt, les "Initiatives d'excellence" (Idex).

Aix-Marseille, Toulouse, les pôles pari­siens "Sorbonne Universités" (Paris-2, 4 et 6) et "Sorbonne Paris-Cité" (Paris-3, 5, 7, 13 et Sciences Po Paris notam­ment), ainsi que le cam­pus de Saclay (sud-ouest de Paris) ont vu leurs pro­jets rete­nus lors de la seconde vague des "Idex", a annoncé ven­dredi à Bordeaux le Premier ministre, François Fillon.

Avec Bordeaux, Strasbourg et "Paris Sciences et Lettres" (PSL, qui regroupe Normale Sup, le Collège de France et l'université Paris-Dauphine notam­ment), déjà lau­réats, ils vont for­mer des "pôles plu­ri­dis­ci­pli­naires d'excellence de rang mon­dial", sus­cep­tibles "d'attirer les meilleurs étudiants, les pro­fes­seurs et cher­cheurs les plus recon­nus", a expli­qué le chef du gouvernement.

Pour cela vont leur être répar­tis les 7,7 mil­liards d'euros du grand emprunt pré­vus pour les Idex, sur les­quels il a déjà été pro­mis envi­ron 700 mil­lions d'euros à cha­cun des trois pre­miers lauréats.

Importantes, ces sommes sont cepen­dant sur­tout des dota­tions en capi­tal, qui seront ver­sées après "une phase pro­ba­toire de quatre ans", si les objec­tifs sont "atteints". Ainsi, lau­réats depuis juillet 2011, Bordeaux, PSL et Strasbourg n'ont à ce stade reçus que 10 mil­lions d'euros cha­cun pour enga­ger leurs pre­mières actions (rap­pro­che­ments entre ins­ti­tu­tions, for­ma­tions, chaires).

Le jury inter­na­tio­nal qui a fait la sélec­tion a recalé cette semaine quatre pro­jets: Grenoble, Lyon/Saint-Etienne, "Lorraine" et le pôle pari­sien "Hesam" (consti­tué notam­ment du Cnam, de l'EHESS et de l'ESCP Europe).

Les refus de Lyon, alors que Rhône-Alpes consti­tue le deuxième poten­tiel de recherche du pays der­rière l'Ile-de-France, et du pôle Hesam, qui pro­po­sait un solide pro­jet en sciences humaines et sociales (SHS), sont les grandes surprises.

Le Premier ministre a d'ailleurs annoncé que le ministre de l'Enseignement supé­rieur, Laurent Wauquiez, et René Ricol, chargé du grand emprunt, allaient rece­voir leurs diri­geants pour "voir com­ment les accompagner".

Il est vrai que le pro­ces­sus de sélec­tion choisi était une façon d'encourager les regrou­pe­ments uni­ver­si­taires, et même les non lau­réats sont sus­cep­tibles de pour­suivre leurs pro­jets de rapprochement.

L'objectif à terme, pour le gou­ver­ne­ment, est de faire gagner des places aux établis­se­ments fran­çais dans les clas­se­ments internationaux.

Composé d'écoles pres­ti­gieuses (Centrale, HEC, Polytechnique) et du pre­mier établis­se­ment fran­çais au clas­se­ment de Shanghai 2011 (l'université Paris-Sud Orsay, à la 40e place), le futur "cam­pus de Saclay" est le plus à même d'entrer à l'avenir dans le top 10 ou 15 de Shanghai.

Recalé une pre­mière fois par le jury, il a pré­senté cette fois une gou­ver­nance plus res­ser­rée, met­tant de côté les que­relles d'egos.

Reste que ce type de sélec­tion a été très cri­ti­qué dans le supé­rieur et la recherche. L'intersyndicale du sec­teur et l'association Sauvons l'Université craignent un sys­tème "à deux vitesses", entre de "grands cam­pus" et les "laissés-pour-compte" que seraient à terme des pôles de proxi­mité uni­que­ment dédiés à la licence (bac+3).

Les syn­di­cats affirment aussi que l'emprunt cache une baisse du "finan­ce­ment récur­rent" des laboratoires.


 

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