02.02.2012

La maroquinerie de luxe, un tremplin inespéré pour les Lejaby de Haute-Loire

Le maro­qui­nier auver­gnat Sofama, four­nis­seur de Louis Vuitton prêt à reprendre les 93 sala­riés de l'usine Lejaby d'Yssingeaux (Haute-Loire), est une entre­prise en pleine crois­sance, sur un sec­teur por­teur en Auvergne mais aussi en France.

En dépit de la crise, Louis Vuitton (groupe LVMH) a publié "un taux de crois­sance à deux chiffres" dans le monde en 2009 et 2010, a rap­pelé il y a peu Yves Carcelle, PDG du mal­le­tier français.

Vuitton repré­sente 60% des pro­fits de LVMH, le géant mon­dial du luxe qui devrait annon­cer jeudi de très bons résul­tats pour 2011.

Sofama, basé à Espinasse-Vozelle (Allier), fabrique depuis vingt ans des com­po­sants de maro­qui­ne­rie pour Vuitton, et, depuis l'arrivée de Vincent Rabérin à sa tête en 2010, des pro­duits finis (sacs à main, bagagerie...).

Le PDG, petit-fils de tis­seurs qui tra­vaillait aupa­ra­vant dans la ruban­ne­rie dans la Loire, est arrivé dans l'Allier avec un autre client de renom, Chanel.

Il a fait construire un nou­veau bâti­ment et emploie près de 200 sala­riés. Le conseil régio­nal d'Auvergne lui a accordé lundi 282.000 euros d'aides pour accom­pa­gner la créa­tion de 24 emplois.

L'atelier du fabri­cant de lin­ge­rie Lejaby à Yssingeaux, à 200 km de son usine de l'Allier, il n'avait pas pensé spon­ta­né­ment le reprendre. Le ministre de l'Enseignement supé­rieur et maire du Puy-en-Velay Laurent Wauquiez "m'a appelé, on a passé des heures et des heures à tra­vailler", relate M. Rabérin.

Il sou­ligne que "le plus impor­tant, c'est le don­neur d'ordres, qui donne le tra­vail". "Compte tenu de l'expansion de ses acti­vi­tés de maro­qui­ne­rie", LVMH a indi­qué mer­credi s'être engagé à des com­mandes "de plu­sieurs années".

Vuitton est implanté dans l'Allier depuis 1991, à Saint-Pourçain-sur-Sioule, où il pos­sède un pôle impor­tant, avec trois ate­liers et un centre de for­ma­tion, où tra­vaillent 650 per­sonnes sur 150 articles.

Un autre grand du luxe, Hermès, a pris pied en Auvergne, au tra­vers de la maro­qui­ne­rie de Sayat (190 sala­riés), de la société Pierre Cotte à Lezoux (150 sala­riés), sous-traitant exclu­sif, et de la maro­qui­ne­rie du Puy (92 emplois en créa­tion), toutes trois dans le Puy-de-Dôme.

En outre, les Tanneries du Puy (120 per­sonnes), une des der­nières en France, qui four­nit les plus grands noms de la chaus­sure et de la maro­qui­ne­rie et exporte à plus de 50%, a aussi Hermès pour client. L'entreprise, qui a cepen­dant connu des dif­fi­cul­tés, a été reprise en 2011 par Weston (chaus­sure de luxe).

Selon Laurent Wauquiez, qui essaie de consti­tuer "un pôle d'excellence des marques du luxe en Haute-Loire", "la maro­qui­ne­rie haut de gamme est un sec­teur très solide où, sur les trente der­nières années, il n'y a pas eu la moindre fermeture".

Pour René Souchon, pré­sident PS du conseil régio­nal, "il y a une vraie tra­di­tion et un savoir-faire en Auvergne, région trop sou­vent per­çue comme rurale alors que nous sommes au 8e rang des régions en termes d'emplois indus­triels". Grâce au fabri­cant de pneu­ma­tiques Michelin, reconnaît-il.

En France, 16.000 per­sonnes tra­vaillent dans la maro­qui­ne­rie, un chiffre en légère aug­men­ta­tion sur les dix der­nières années, selon l'observatoire de la branche.

Le mar­ché devrait recu­ler de 3,5% en 2012 dans l'Hexagone après huit années de hausse, puis rebon­dir en 2013, d'après le cabi­net Xerfi, qui relève que l'international, avide du "made in France", tire ce sec­teur très ren­table. En un an, les expor­ta­tions de maro­qui­ne­rie vers la Chine ont plus que doublé.


 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
©2012 Agence France-Presse

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.