02.02.2012
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Formation des enseignants : le texte du député Grosperrin adopté en commission à l'Assemblée

La com­mis­sion des affaires cultu­relles de l'Assemblée natio­nale a adopté hier une pro­po­si­tion de loi du député UMP Jacques Grosperrin, qui sup­prime toute men­tion des IUFM dans la for­ma­tion des enseignants.

La com­mis­sion des affaires cultu­relles de l'Assemblée natio­nale a adopté hier mer­credi, en l'amendant, la pro­po­si­tion de loi sur la for­ma­tion des ensei­gnants du député UMP Jacques Grosperrin.

Au cours des dix der­niers jours, dix orga­ni­sa­tions du monde éduca­tif (FSU, Snes, SNUipp, Unsa-Education, FCPE, Société des agré­gés, Ligue de l'enseignement, Unef, Snesup, Sauvons l'Université) ont vive­ment dénoncé, dans des com­mu­ni­qués, « une démo­li­tion en règle » de la for­ma­tion, « une liqui­da­tion des IUFM » et l'ouverture d'une « porte en grand à des pré­pa­ra­tions pri­vées au métier d'enseignant ». Le texte pré­voit en effet de sup­pri­mer toute réfé­rence aux IUFM, et de confier la for­ma­tion des maîtres « notam­ment », donc pas exclu­si­ve­ment, aux universités.

« L'ouverture au privé relève du fan­tasme, il n'y a aucune crainte à avoir », affirme Jacques Grosperrin, pour qui les termes « notam­ment les uni­ver­si­tés » ren­voient aux établis­se­ments non uni­ver­si­taires qui pro­posent aussi des for­ma­tions d'enseignants, telle l'Ecole nor­male supé­rieure (ENS) de Cachan. Pour cou­per court à la polé­mique, le député a fait intro­duire par la com­mis­sion des réfé­rences aux « établis­se­ments d'enseignement supé­rieur », et à « un cahier des charges » établis­sant les règles de for­ma­tion des ensei­gnants, alors que son texte ini­tial par­lait de « réfé­ren­tiel », ce qu'avait déploré la Conférence des direc­teurs d'IUFM.

Dans un com­mu­ni­qué publié ven­dredi, la CDIUFM a sou­haité « un vrai pro­jet » pour la for­ma­tion des ensei­gnants et « non un replâ­trage » effec­tué « dans la pré­ci­pi­ta­tion ». Elle remarque que « dans quelques mois la majo­rité nou­vel­le­ment élue, quelle qu'elle soit, aura toute légi­ti­mité pour déve­lop­per son pro­jet pour l'éducation ». De même, la dépu­tée PCF Marie-Hélène Amiable a regretté lors de l'examen de cette pro­po­si­tion de loi en com­mis­sion la « pré­ci­pi­ta­tion » et l'« impro­vi­sa­tion » de la démarche du député Grosperrin, visant selon elle à « faire adop­ter le texte à marche for­cée avant les échéances élec­to­rales », ce qu'elle ne juge « pas sérieux ».

Le texte sera débattu par l'ensemble des dépu­tés mer­credi 8 février pro­chain, et sou­mis à leur vote le mardi 14 février.

Source(s) :
  • assemblee-nationale.fr, AFP, laligue.org, unef.fr, snuipp.fr, iufmparis.canalblog.com, mhamiable.fr
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dédé
le 3 février 2012

Le détri­cot­tage de l'EN se pour­suit ! Un texte de plus que les suc­ces­seurs auront à annu­ler après les pro­chaines échéances de mai prochain.

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