02.02.2012

Avant Rio+20, des étudiants de Sciences-Po "s'emparent" de la conférence

Des étudiants de l'Institut d'études poli­tiques (Sciences-po) ont décidé de "s'emparer de Rio+20", la confé­rence pré­vue en juin par l'ONU 20 ans après le Sommet de la Terre, en pré­pa­rant à Paris une simu­la­tion où ils joue­ront les experts, les négo­cia­teurs, la société civile et les journalistes.

"On fait venir Rio ici", expliquent les étudiants, "il faut que la jeu­nesse s'implique car son ave­nir va être dis­cuté là-bas".

Ils avaient déjà orga­nisé, sous l'égide de l'Institut du déve­lop­pe­ment durable et des rela­tions inter­na­tio­nales (Iddri), une simu­la­tion des négo­cia­tions sur le cli­mat de Copenhague (décembre 2009), en juin 2011, soit 18 mois après.

Aujourd'hui, l'ambition est plus grande, puisque les étudiants ont un petit espoir d'influer sur les négo­cia­tions de Rio+20, qui se dérou­le­ront quelques semaines après ce qu'ils appellent leur "Paris+20".

"On veut rejouer ça, mais aller plus loin, avoir un impact poli­tique", dit Claire.

Leur slo­gan : "stu­dents take over Rio+20" ("les étudiants s'emparent de Rio+20").

Cent cin­quante étudiants devraient par­ti­ci­per à la simu­la­tion, du 4 au 8 juin, qui sera pré­cé­dée pen­dant deux mois par un cycle de confé­rences ouvertes à tous les étudiants sur les sujets abor­dés à Rio, pour qu'ils soient "de bons négociateurs".

Un "draft zero", le pre­mier brouillon de la décla­ra­tion finale de la confé­rence sera rendu public le 7 mars (celui de Rio+20 a été publié le mois der­nier). Les étudiants orga­ni­se­ront ensuite un brain-storming géant, remue-méninges où l'on agi­tera des idées pour bien construire les posi­tions des délé­ga­tions, experts ou ONG.

Comme à Rio+20, une "prep­com" –c'est-à-dire des négo­cia­tions pré­pa­ra­toires– sera orga­ni­sée le 31 mai. Les négo­cia­tions elles-mêmes, avec séances plé­nières et groupes de tra­vail, dure­ront ensuite "deux jours et une nuit". Un debrie­fing est prévu le 8 juin à l'Unesco.

Avec cette simu­la­tion, il ne s'agira pas tant d'imaginer ce que pour­rait être Rio en vrai, mais de "tes­ter de nou­velles hypo­thèses de négo­cia­tion", comme l'intégration dans la négo­cia­tion des col­lec­ti­vi­tés locales ou des jeunes, l'explosion des groupes d'intérêt comme le G20, le G77 (pays en déve­lop­pe­ment) ou les Brics (les grands pays émer­gents), la régio­na­li­sa­tion des négo­cia­tions en fonc­tion des sujets évoqués...

Deux des étudiants, à l'issue de la simu­la­tion, devraient être choi­sis pour se rendre à Rio et y repré­sen­ter "la voix de la jeu­nesse et de "Paris +20".

Les étudiants ont élargi leur pro­jet en créant "mycity+20", pour inci­ter des étudiants d'autres villes à se lan­cer dans le même type d'opération. Déjà sont nés "Rome+20", "Mexico+20" et "Amsterdam+20", avec un cadre et des règles simi­laires à Paris+20. Des étudiants d'autres villes –Bangkok, Kinshasa, Colombo– envi­sagent eux aussi de conduire ce projet.

Les étudiants ont orga­nisé Paris+20 de façon auto­nome, avec le par­rai­nage de l'Iddri et de l'Unesco, et le sou­tien enthou­siaste de Brice Lalonde, coor­di­na­teur de Rio+20.


 

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