31.01.2012

De 9.000 à 20.000 manifestants à Paris pour défendre l'école

Entre 9.000 per­sonnes selon la police et 20.000 selon les orga­ni­sa­teurs ont défilé mardi à Paris, de la Sorbonne à la Bastille, dans le cadre de la mani­fes­ta­tion natio­nale contre le pro­jet d'évaluation des ensei­gnants et les 14.000 sup­pres­sions de postes de la ren­trée 2012.

Le cor­tège a démarré vers 14H30 der­rière une ban­de­role exi­geant le "retrait du pro­jet d'évaluation et l'arrêt des sup­pres­sions de postes", a constaté un jour­na­liste de l'AFP.

Les ensei­gnants "Rased", spé­cia­li­sés dans la lutte contre l'échec sco­laire, étaient venus en nombre, une spé­cia­li­sa­tion qui paie un lourd tri­but aux sup­pres­sions de postes.

Certains por­taient des cha­subles pro­cla­mant "Rentrée 2012: 250.000 élèves pri­vés d'aides spécialisées".

Sur les 14.000 postes qui doivent être sup­pri­més à la ren­trée 2012, 6.550 vont l'être dans les col­lèges et lycées et 5.700 dans le pri­maire, dont quelque 2.500 nou­veaux postes d'enseignants "Rased", selon un décompte du SNUipp-FSU, prin­ci­pal syn­di­cat du pri­maire, qui a réa­lisé une carte de France gigan­tesque dénom­brant les sup­pres­sions des +Rased" dépar­te­ment par département.

Le Snes (pre­mier syn­di­cat du secon­daire) consti­tuait le gros des bataillons venus de toute la France: Lille, Marseille, Strasbourg, Montpellier, Belfort...

En tête du cor­tège, parti de la Sorbonne pour rejoindre la Bastille, Bernadette Groison, secré­taire géné­rale de la FSU, pre­mière fédé­ra­tion dans l'éducation, s'est féli­ci­tée de la mobi­li­sa­tion "très significative".

"Le taux de gré­vistes est impor­tant et ce n'était pas gagné", a-t-elle dit à l'AFP. "Aujourd'hui, on fait la démons­tra­tion que les per­son­nels de l'éducation ne sont pas prêts à attendre l'élection (présidentielle)".

"La jour­née est révé­la­trice de la poli­tique dévas­ta­trice que mène le gou­ver­ne­ment tant sur l'évaluation qui touche au coeur des métiers que sur les sup­pres­sions de postes", a ajouté Mme Groison. "Il est urgent de stop­per cette poli­tique qui tourne le dos à la réus­site de tous les élèves. Il faut abso­lu­ment que des pro­jets éduca­tifs émergent avec des moyens adé­quats", a insisté la res­pon­sable syndicale.

François Portzer, pré­sident du Snalc, a sou­li­gné que le pro­jet de "réforme de l'évaluation des ensei­gnants du secon­daire est gra­vis­sime car elle remet en ques­tion la spé­ci­fi­cité de notre métier", fai­sant valoir que "le chef d'établissement n'est pas com­pé­tent pour évaluer les disciplines".

Les mani­fes­tants scan­daient "Retrait des décrets Chatel, ni négo­ciable ni amendable".

Les ensei­gnants sont égale­ment appe­lés à la grève et des mobi­li­sa­tions avaient lieu en province.


 

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