Peines de principe requises contre des militants poursuivis par Hortefeux
Des peines d'amendes avec sursis ont été requises en appel lundi à Orléans contre trois des quatre militants associatifs poursuivis par l'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux pour avoir comparé la politique du gouvernement envers les sans-papiers aux méthodes de Vichy.
L'avocat général de la cour d'appel d'Orléans a estimé que la diffamation publique était constituée mais il n'a pas requis de peines précises, demandant simplement une confirmation des peines infligées en première instance par le tribunal correctionnel de Tours (500 euros d'amende avec sursis et 300 euros de dommages et intérêt).
"Les combats de principe, ce sont les plus beaux. Les peines de Tours l'étaient (des peines de principe, ndlr) et c'était très bien ainsi", a estimé le magistrat, Jean-Baptiste Bladier. "L'Etat peut être contesté, mais vous êtes sortis des voies du droit", a-t-il lancé aux prévenus.
Au terme d'une audience souvent houleuse, il a requis la relaxe d'une quatrième militante, qui n'avait pas participé à la rédaction du communiqué au coeur de ce procès. Les deux avocates des prévenus ont plaidé la relaxe.
La cour a mis son arrêt en délibéré au 26 mars.
Les quatre prévenus se sont relayés à la barre pour expliquer qu'ils avaient voulu "exercer un devoir d'alerte" face à des menaces de "dérives". Ils dénonçaient dans un communiqué l'utilisation présumée par plusieurs préfectures des fichiers de recensement des élèves, comme le controversé "base-élèves", pour organiser la chasse aux familles de sans-papiers.
Trois des quatre militants de Réseau éducation sans frontières (RESF) et Soif d'Utopies, poursuivis pour diffamation publique contre une administration publique, avaient été condamnés le 26 mai à Tours à 500 euros d'amende avec sursis et 300 euros de dommages et intérêt à verser à l'Etat. Ils avaient également été condamnés à payer solidairement 3.000 euros de frais de procédure.
Dans un communiqué de presse diffusé sur internet en février 2010, ces deux associations faisaient un parallèle entre la politique du gouvernement sur les étrangers sans-papiers et certaines pratiques de la police du régime de Vichy pendant la Seconde guerre mondiale.
Elles comparaient ces pratiques aux méthodes des baleiniers qui attrapent les bébés pour mieux traquer les baleines adultes. Les associations évoquaient de "réels soupçons" de telles pratiques en Indre-et-Loire, en Ille-et-Vilaine et en Guyane.
L'un des prévenus, Jean-Christophe Berrier, a expliqué avoir voulu dénoncer un "processus" rappelant les dérives des années 30 en France.
"Michel Rocard a dit +le gouvernement c'est des nazis+, Dominique de Villepin a dit qu'on est en train de revivre des périodes sombres de l'histoire. Pourquoi ne les a-t-on pas poursuivis", a-t-il demandé.
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