Nouvelles places de prison: Robin des Lois dénonce la "folie" du gouvernement
L'association d'aide aux détenus Robin des Lois a qualifié lundi de "folie" le projet de loi sur l'exécution des peines examiné à partir de mardi au Sénat, s'appuyant sur un rapport de la Cour des comptes qui s'interroge sur la "pertinence" de l'appel au privé pour la construction de prisons.
Le projet de loi prévoit notamment la construction de plus de 20.000 places de prison d'ici fin 2017, principalement par le biais de partenariats public-privé.
Pour l'association de l'ancien détenu François Korber, "il est totalement insensé de planifier de nouvelles places de prison alors que celles qui existent ne disposent pas des moyens suffisants pour fonctionner correctement".
"Une autre politique est possible", affirme-t-il, citant le "développement des prisons sans barreaux" et des "peines alternatives", ainsi que la "rénovation des vieilles prisons de centre-ville".
Pour mobiliser contre ce qu'il qualifie d'"ultime folie d'un gouvernement à l'agonie", l'association a mis en ligne sur son site un rapport d'octobre 2011 de la cour des comptes sur "Les partenariats public-privé pénitentiaires".
"Bien qu'elle ait plus de 20 ans, la pertinence de la stratégie d'appel au privé reste incertaine", écrit la cour des comptes.
La "gestion déléguée", qui confie au privé la maintenance des prisons et certains services aux détenus (restauration, accueil des familles etc.) a été mise en oeuvre au début des années 90. Au 1er janvier 2011, 45 établissements pénitentiaires sur un total de 189 fonctionnaient selon ce système.
En outre, depuis le début des années 2000, il peut être fait appel au privé pour la conception, le financement et la construction des prisons, dans le cadre des partenariats public-privé (PPP).
Dans son rapport, la cour des comptes souligne que la gestion privée "offre un niveau de prestation d'une qualité incontestable".
Mais "rien n'établit que le privé soit moins cher, et cela notamment en raison de l'apparente incapacité de l'administration pénitentiaire à mesurer précisément et à comparer ses coûts", écrit-elle, soulignant que "l'affirmation d'un surcoût de la gestion publique ne résiste pas à l'examen".
La cour des comptes attire en outre l'attention sur "la forte montée prévisionnelle des loyers PPP dans les décennies à venir". Ces loyers payés par l'Administration pénitentiaire devraient être multipliés par six d'ici 2017, passant de 95,4 millions d'euros en 2010 à 567,3 millions, selon le rapport.
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