30.01.2012

Nouvelles places de prison: Robin des Lois dénonce la "folie" du gouvernement

L'association d'aide aux déte­nus Robin des Lois a qua­li­fié lundi de "folie" le pro­jet de loi sur l'exécution des peines exa­miné à par­tir de mardi au Sénat, s'appuyant sur un rap­port de la Cour des comptes qui s'interroge sur la "per­ti­nence" de l'appel au privé pour la construc­tion de prisons.

Le pro­jet de loi pré­voit notam­ment la construc­tion de plus de 20.000 places de pri­son d'ici fin 2017, prin­ci­pa­le­ment par le biais de par­te­na­riats public-privé.

Pour l'association de l'ancien détenu François Korber, "il est tota­le­ment insensé de pla­ni­fier de nou­velles places de pri­son alors que celles qui existent ne dis­posent pas des moyens suf­fi­sants pour fonc­tion­ner correctement".

"Une autre poli­tique est pos­sible", affirme-t-il, citant le "déve­lop­pe­ment des pri­sons sans bar­reaux" et des "peines alter­na­tives", ainsi que la "réno­va­tion des vieilles pri­sons de centre-ville".

Pour mobi­li­ser contre ce qu'il qua­li­fie d'"ultime folie d'un gou­ver­ne­ment à l'agonie", l'association a mis en ligne sur son site un rap­port d'octobre 2011 de la cour des comptes sur "Les par­te­na­riats public-privé pénitentiaires".

"Bien qu'elle ait plus de 20 ans, la per­ti­nence de la stra­té­gie d'appel au privé reste incer­taine", écrit la cour des comptes.

La "ges­tion délé­guée", qui confie au privé la main­te­nance des pri­sons et cer­tains ser­vices aux déte­nus (res­tau­ra­tion, accueil des familles etc.) a été mise en oeuvre au début des années 90. Au 1er jan­vier 2011, 45 établis­se­ments péni­ten­tiaires sur un total de 189 fonc­tion­naient selon ce système.

En outre, depuis le début des années 2000, il peut être fait appel au privé pour la concep­tion, le finan­ce­ment et la construc­tion des pri­sons, dans le cadre des par­te­na­riats public-privé (PPP).

Dans son rap­port, la cour des comptes sou­ligne que la ges­tion pri­vée "offre un niveau de pres­ta­tion d'une qua­lité incontestable".

Mais "rien n'établit que le privé soit moins cher, et cela notam­ment en rai­son de l'apparente inca­pa­cité de l'administration péni­ten­tiaire à mesu­rer pré­ci­sé­ment et à com­pa­rer ses coûts", écrit-elle, sou­li­gnant que "l'affirmation d'un sur­coût de la ges­tion publique ne résiste pas à l'examen".

La cour des comptes attire en outre l'attention sur "la forte mon­tée pré­vi­sion­nelle des loyers PPP dans les décen­nies à venir". Ces loyers payés par l'Administration péni­ten­tiaire devraient être mul­ti­pliés par six d'ici 2017, pas­sant de 95,4 mil­lions d'euros en 2010 à 567,3 mil­lions, selon le rapport.


 

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