30.01.2012
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Classes surchargées : comment s'en sortir

Les 14.000 sup­pres­sions de postes annon­cées à la ren­trée 2012 dans l'Education natio­nale, selon la règle du non rem­pla­ce­ment d'un fonc­tion­naire sur deux par­tant à la retraite, laissent augu­rer plus de classes sur­char­gées. Plusieurs ensei­gnants confient leurs craintes et leurs astuces.

L'augmentation du nombre d'élèves par classe pose des dif­fi­cul­tés crois­santes aux ensei­gnants. Ce constat, dressé par la com­mis­sion des finances du Sénat, fait écho au taux d'encadrement infé­rieur en France à la moyenne des Etats de l'OCDE (lire enca­dré). Dans ce contexte, l'annonce de 14.000 nou­velles sup­pres­sions de postes à la ren­trée 2012 sus­cite des craintes. « L'alourdissement des charges se paie néces­sai­re­ment », indique Anne-Marie Chartier, maître de confé­rences à l'Institut natio­nal de recherche péda­go­gique (INRP). « Les tra­vaux de l'économiste Thomas Picketty ont mon­tré qu'un élève de moins par classe amé­liore les résul­tats moyens. Les variables locales comptent tou­te­fois pour les condi­tions d'enseignement : deux élèves de plus ne pèsent pas de la même façon si l'on dis­pose d'une classe spa­cieuse et bien amé­na­gée, si on est en mater­nelle plu­tôt qu'au col­lège, s'il s'agit d'élèves dociles plu­tôt que tur­bu­lents, ou d'un groupe bien sco­la­risé plu­tôt qu'en dif­fi­culté. On com­prend donc que les ensei­gnants, par­ti­cu­liè­re­ment les débu­tants, soient inquiets. »

De mau­vais taux d'encadrement en France

Selon l'office sta­tis­tique de l'Union euro­péenne (Eurostat), la France comp­tait, en 2009, 20 élèves par ensei­gnant dans le pri­maire, contre 15 en moyenne à l'échelle euro­péenne. Dans le secon­daire, la France accueillait 24,5 élèves par classe en 2009, contre 23,7 en moyenne dans les pays de l'OCDE.

« 32 élèves en mater­nelle, un enfer »

Charly, jeune ensei­gnant d'histoire-géographie dans un collège-lycée en Normandie, le confirme : « Au-delà de 28 élèves, cela devient com­pli­qué, sauf dans une classe avec un bon niveau. Cela demande beau­coup plus d'énergie et d'autorité car il est de moins en moins évident de pas­sion­ner les élèves. »
Célia, pro­fes­seur des écoles en région pari­sienne, estime que l'idéal au pri­maire serait des classes de 24 élèves maxi­mum. « En mater­nelle, une classe sur­char­gée de 28, 30, voire 32 élèves est un enfer ! A cet âge, une grande place doit être lais­sée au jeu, à la mani­pu­la­tion. Pas facile avec 30 enfants de 3, 4 et 5 ans, avec seule­ment deux adultes et des salles de taille moyenne. On est obligé de leur deman­der une plus grande atten­tion, de res­ter assis long­temps. C'est très com­pli­qué. »
L'enseignement d'une langue étran­gère, qui doit inter­ve­nir depuis 2008 à par­tir du CE1, est rendu aussi plus labo­rieux dans de telles condi­tions : « Au mieux, lors d'une séance de langue à 30 élèves, cha­cun ne prend qu'une fois la parole », sou­ligne Célia. Autant dire le strict mini­mum pour l'apprentissage d'une langue vivante.

« Eviter tout perfectionnisme »

En cas de classe sur­char­gée, les ensei­gnants doivent donc com­po­ser et s'adapter. « Plus une classe est nom­breuse, plus les règles de vie doivent être for­ma­li­sées pour les prises de parole, les dépla­ce­ments, la tolé­rance aux “bavar­dages”... Dans un groupe plus res­treint, il est pos­sible d'avoir plus de flexi­bi­lité », explique Anne-Marie Chartier. « Ceci ne signi­fie pas pour autant que la seule issue soit une péda­go­gie fron­tale tota­le­ment cen­trée sur les échanges maître-élèves : les classes coopé­ra­tives (péda­go­gie Freinet), qui font un suivi très indi­vi­dua­lisé de chaque élève, peuvent fonc­tion­ner avec des effec­tifs nom­breux, mais cette péda­go­gie n'est évidem­ment pas à la por­tée de débu­tants. Comme toutes les péda­go­gies com­plexes, elle demande de l'expérience, une for­ma­tion auprès de col­lègues expé­ri­men­tés, des stages, etc. »
Pour Charly, ensei­gnant dans le secon­daire, « il faut du recul, ne pas prendre les choses de façon trop per­son­nelle et éviter le per­fec­tion­nisme ! Il est évident que l'on ne pré­pare pas une séquence pour 34 élèves comme pour 20 élèves. Il faut adap­ter, pré­voir des objec­tifs rai­son­nables, uti­li­ser les outils tels que le tableau numérique... »

« Mieux vaut être bon élève ! »

Au pri­maire, Célia estime néces­saire d'établir des règles de classe très strictes dès le début de l'année : « Il ne faut rien lais­ser pas­ser et reprendre chaque enfant qui n'applique pas les règles, au niveau des dépla­ce­ments dans la classe, com­ment s'occuper lorsque l'on a fini un tra­vail avant les autres, com­ment deman­der la parole... » Autre astuce : « mettre les élèves en dif­fi­culté vers l'avant afin de voir plus rapi­de­ment s'ils sont "per­dus" et leur venir en aide ».
Car, selon l'enseignante, ce sont les élèves le plus en dif­fi­culté qui pâtissent les pre­miers d'effectifs trop impor­tants. « Dans une classe sur­char­gée, il vaut mieux être bon élève ! Un élève en dif­fi­cul­tés a plus de risque de cou­ler car l'enseignant, débordé, ne pourra pas tou­jours lui consa­crer assez de temps... »
Reste alors l'APE (aide per­son­na­li­sée aux élèves), qui laisse une chance à ceux qui sont à la peine d'avoir une aide par petit groupe. Problème : l'APE a sou­vent lieu le midi, en plus des heures nor­males. Avec le risque d'asphyxier encore un peu plus les élèves les plus expo­sés à l'échec scolaire.

Charles Centofanti

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Il Rève
le 2 février 2012

Le bavar­dage. Plus les élèves sont nom­breux dans une classe et plus les pos­si­bi­li­tés d'échanges inter­per­son­nelles sont aug­men­tées et moins l'enseignant n'a de temps pour les contre­dire. . . ou les orga­ni­ser. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Organiser ce qui fait sens chez les élèves. Et ce qui fait sens à l'école chez les élèves c'est la construc­tion décou­verte col­lec­tive des connais­sances. Ainsi le cours fron­tal peut-il répondre un temps, mais un temps seule­ment, au désir d'apprendre de cer­tains élèves. Ainsi le tra­vail de groupes, le tra­vail en groupes cor­res­pond lui aussi à des démarches d'investigation des savoirs. Meirieu fut cri­ti­qué pour avoir ouvert des pers­pec­tives d'organisation péda­go­gique dans les classes et pour avoir mis en évidence des pro­ces­sus d'apprentissage dif­fé­ren­ciés. Fort utile dans des classes à taille humaine ses pro­po­si­tions trouvent des obs­tacles fon­dés sur la ges­tion des grands groupes, mais elles demeurent dans le domaine du pos­sible. Une for­ma­tion ini­tiale et conti­nue sont néces­saires cepen­dant pour en apprendre les rudiments...

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pivoine
le 5 février 2012

et oui, c'est le chat qui se mord la queue....Il n'y a pas beau­coup de solu­tions !!!!! et ce sont les élèves qui en pâtissent.....

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27 Par Classe, non !
le 3 mars 2012

Les CP-CE1 à 29 élèves vont être le pain quo­ti­dien de nos écoles (publiques) à la ren­trée 2012. Où est la qua­lité péda­go­gique, le souci de s'adapter aux rythmes des enfants ? Dans le Jura, dépar­te­ment mas­si­ve­ment tou­ché par les fer­me­tures de classes, des parents d'écoliers ont même monté un site web juras­sien pour les dénon­cer tel­le­ment ça dépasse les bornes : http://www.27parclasse.org. "27" parce que c'est le seuil cette année. Si les classes sont EN MOYENNE égales ou infé­rieures à 27, on peut en fer­mer une. Ca donne donc des CP-CE1 à 29, des CM2 à 30... Et ça ce sont des chiffres réels, pas de la pro­pa­gande poli­tique. Comme le dit Célia : les bons élèves s 'en sor­ti­ront tou­jours. Pour les autres,...

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