28.01.2012

Violences dans le nord du Nigeria: un commissariat attaqué, un policier tué

Un poli­cier a été tué dans l'attaque d'une com­mis­sa­riat de Kano, la grande ville du nord du Nigeria où une spec­ta­cu­laire opé­ra­tion reven­di­quée par le groupe isla­miste Boko Haram a fait 185 morts une semaine plus tôt, a déclaré samedi la police.

Des hommes armés ont tiré ven­dredi soir, juste avant l'entrée en vigueur du couvre-feu décrété à la suite de la tue­rie du 20 jan­vier, sur un poste de police du quar­tier de Mandawari situé non loin du palais de l'émir de Kano, prin­ci­pale auto­rité tra­di­tion­nelle de la seconde ville du Nigeria.

"Ils ont ouvert le feu sur nos hommes et les poli­ciers de ser­vice ont répli­qué, ce qui a entraîné une fusillade", a dit le porte-parole de la police de la ville, Magaji Majia.

Il a ajouté qu'un poli­cier avait été tué mais des habi­tants du quar­tier ont porté le bilan à deux morts dans les rangs de la police.

Selon des témoi­gnages, les assaillant avaient crié "Allahu Akbar" (Dieu est grand) alors qu'ils conver­geaient vers le com­mis­sa­riat en moto et à bord d'un véhi­cule tout terrain.

Les com­mis­sa­riats avaient déjà consti­tué la prin­ci­pale cible des attaques du 20 jan­vier et un autre poste de police avait été visé mardi, un inci­dent qui a fait trois bles­sés selon les auto­ri­tés. Jeudi, un ingé­nieur alle­mand a été enlevé près de la ville.

Les tirs de ven­dredi sur le com­mis­sa­riat n'ont pas été reven­di­qués mais le chef pré­sumé de Boko Haram avait menacé dans un mes­sage dif­fusé jeudi sur YouTube de lan­cer de nou­velles attaques en repré­sailles à des raids de mili­taires contre des sémi­naires isla­miques de Maiduguri, un fief du groupe isla­miste dans le nord-est.

Il a aussi reven­di­qué la série d'attaques du 20 janvier.

"Nous sommes res­pon­sables" de ces atten­tats, a-t-il déclaré dans ce mes­sage. "Je l'ai ordonné et je don­ne­rai cet ordre encore et encore. Dieu nous a donné la victoire".

"Nous avons atta­qué les centres de la sécu­rité parce que nos membres ont été arrê­tés et tor­tu­rés", ajoute le mes­sage en langue haoussa.

"pas de pro­blème religieux"

Le gou­ver­neur de l'Etat de Kano, Rabiu Musa Kwankwaso, a nié ven­dredi que des membres de Boko Haram aient été arrê­tés sur la base de fausses accu­sa­tions et s'est dit prêt au dialogue.

Boko Haram mul­ti­plie depuis des mois les atten­tats de plus en plus meurtriers.

Il a visé tour à tour les Nations unies, des églises, des bars, l'armée, la police et d'autres sym­boles du pou­voir. Les auto­ri­tés n'ont pas réussi jusqu'à pré­sent à mettre fin à ce cycle de violences.

Le groupe veut l'instauration d'un Etat isla­mique dans le nord du Nigeria, écono­mi­que­ment défa­vo­risé et à majo­rité musul­mane, tan­dis que le sud, la région pétro­li­fère du pre­mier pro­duc­teur d'Afrique, est à domi­nante chrétienne.

Selon l'ONU, des liens existent entre ces isla­mistes et la branche magh­ré­bine d'Al-Qaïda, Aqmi. Beaucoup sou­lignent cepen­dant que Boko Haram est la résul­tante de pro­blé­ma­tiques stric­te­ment nigé­rianes, poli­tiques notamment.


 

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