Formation des enseignants: une proposition de loi suscite un tollé
Une proposition de loi (PPL) visant à modifier certains aspects de la formation des enseignants, déposée par le député UMP Jacques Grosperrin, suscite un véritable tollé dans le monde éducatif, plusieurs organisations appelant les parlementaires à ne pas la voter.
Déposée le 10 janvier, cette PPL va être examinée le 8 février en séance plénière par l'Assemblée nationale, sur décision du gouvernement et en procédure accélérée, et avant cela mercredi 1er février en commission des Affaires culturelles et de l'Education.
Le texte initial remplace dans le code de l'éducation la formule "la formation des maîtres est assurée par les IUFM" par "elle est assurée notamment par les universités". Et il substitue au cahier des charges de formation un "référentiel de compétences".
Au cours des dix derniers jours, dix organisations du monde éducatif (FSU, Snes, SNUipp, Unsa-Education, FCPE, Société des agrégés, Ligue de l'enseignement, Unef, Snesup, Sauvons l'Université) ont vivement dénoncé, dans des communiqués séparés, "une démolition en règle" de la formation, "une liquidation des IUFM" et "un cadeau pour les prépas privées".
Résumant les critiques, la FCPE refuse "deux effets inacceptables: rendre possible la formation des futurs enseignants de l'Ecole de la République par des établissements privés au détriment des IUFM et des universités publiques, et supprimer tout cahier des charges national pour en fixer les contenus".
"Ainsi, de prétendues formations de futurs enseignants pourront être proposées sans que le contenu en soit nullement fixé ni dispensé — donc garanti — par l'Etat", ajoute la première fédération de parents d'élèves.
Comme elle, la FSU, première fédération d'enseignants, le SNUipp, premier syndicat des écoles primaires, et la Ligue de l'enseignement appellent les parlementaires à rejeter le texte.
Interrogé par l'AFP, M. Grosperrin affirme que par souci d'apaisement il va "proposer de réintroduire le terme de cahier des charges" et écrire que "la formation est assurée par les établissements d'enseignement supérieur, et notamment les universités".
"L'ouverture au privé relève du fantasme, il n'y a aucune crainte à avoir", a-t-il affirmé, expliquant que les termes "notamment les universités" renvoient au fait que des établissements non universitaires, par exemple l'Ecole normale supérieure (ENS) de Cachan, assurent aussi des formations d'enseignants
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
©2012 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.


