27.01.2012

Formation des enseignants: une proposition de loi suscite un tollé

Une pro­po­si­tion de loi (PPL) visant à modi­fier cer­tains aspects de la for­ma­tion des ensei­gnants, dépo­sée par le député UMP Jacques Grosperrin, sus­cite un véri­table tollé dans le monde éduca­tif, plu­sieurs orga­ni­sa­tions appe­lant les par­le­men­taires à ne pas la voter.

Déposée le 10 jan­vier, cette PPL va être exa­mi­née le 8 février en séance plé­nière par l'Assemblée natio­nale, sur déci­sion du gou­ver­ne­ment et en pro­cé­dure accé­lé­rée, et avant cela mer­credi 1er février en com­mis­sion des Affaires cultu­relles et de l'Education.

Le texte ini­tial rem­place dans le code de l'éducation la for­mule "la for­ma­tion des maîtres est assu­rée par les IUFM" par "elle est assu­rée notam­ment par les uni­ver­si­tés". Et il sub­sti­tue au cahier des charges de for­ma­tion un "réfé­ren­tiel de compétences".

Au cours des dix der­niers jours, dix orga­ni­sa­tions du monde éduca­tif (FSU, Snes, SNUipp, Unsa-Education, FCPE, Société des agré­gés, Ligue de l'enseignement, Unef, Snesup, Sauvons l'Université) ont vive­ment dénoncé, dans des com­mu­ni­qués sépa­rés, "une démo­li­tion en règle" de la for­ma­tion, "une liqui­da­tion des IUFM" et "un cadeau pour les pré­pas privées".

Résumant les cri­tiques, la FCPE refuse "deux effets inac­cep­tables: rendre pos­sible la for­ma­tion des futurs ensei­gnants de l'Ecole de la République par des établis­se­ments pri­vés au détri­ment des IUFM et des uni­ver­si­tés publiques, et sup­pri­mer tout cahier des charges natio­nal pour en fixer les contenus".

"Ainsi, de pré­ten­dues for­ma­tions de futurs ensei­gnants pour­ront être pro­po­sées sans que le contenu en soit nul­le­ment fixé ni dis­pensé — donc garanti — par l'Etat", ajoute la pre­mière fédé­ra­tion de parents d'élèves.

Comme elle, la FSU, pre­mière fédé­ra­tion d'enseignants, le SNUipp, pre­mier syn­di­cat des écoles pri­maires, et la Ligue de l'enseignement appellent les par­le­men­taires à reje­ter le texte.

Interrogé par l'AFP, M. Grosperrin affirme que par souci d'apaisement il va "pro­po­ser de réin­tro­duire le terme de cahier des charges" et écrire que "la for­ma­tion est assu­rée par les établis­se­ments d'enseignement supé­rieur, et notam­ment les universités".

"L'ouverture au privé relève du fan­tasme, il n'y a aucune crainte à avoir", a-t-il affirmé, expli­quant que les termes "notam­ment les uni­ver­si­tés" ren­voient au fait que des établis­se­ments non uni­ver­si­taires, par exemple l'Ecole nor­male supé­rieure (ENS) de Cachan, assurent aussi des for­ma­tions d'enseignants


 

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