26.01.2012

Les époux Lavier ne reconnaissent ni violences, ni corruption de mineurs

Les époux Lavier, qui com­pa­rais­saient jeudi devant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Boulogne-sur-Mer, ont nié les accu­sa­tions de "cor­rup­tion de mineurs" et de vio­lences à l'égard de leurs enfants, recon­nais­sant tou­te­fois cer­taines carences éduca­tives et des "gestes déplacés".

Sandrine et Frank Lavier, âgés de 34 et 33 ans et qui com­pa­rais­saient avec quatre de leurs proches, sont pré­ve­nus de "cor­rup­tion de mineurs" et de "vio­lences habi­tuelles sur mineurs", chefs pour les­quels ils encourent jusqu'à sept ans de pri­son et 100.000 euros d'amende.

Le pro­cès s'était ouvert par une nou­velle demande de nul­lité des gardes à vue et des pre­mières per­qui­si­tions au domi­cile des Lavier. La défense, qui a exprimé cette demande, s'appuyait sur le fait que ses clients n'avaient pas été assis­tés de leurs avo­cats à ce moment-là, comme le pré­voit la loi. Le tri­bu­nal a fina­le­ment choisi de se pro­non­cer sur cette demande après avoir exa­miné le fond de l'affaire.

A pro­pos des accu­sa­tions de mal­trai­tance, deux des cinq enfants du couple — qui avaient fugué en février 2011 — ont fait état de "puni­tions à genoux pen­dant plu­sieurs jours" sur le sol ou bien sur "des manches de balais ou des barres de fer", a pré­cisé la pré­si­dente du tri­bu­nal, citant leurs témoi­gnages. Ils ont égale­ment déclaré avoir reçu des "coups de poings et des coups de pieds ou de cein­ture" ou "avec une latte de sommier".

Les époux Lavier ont expli­qué qu'un fossé s'était "petit à petit creusé" avec leurs enfants, recon­nais­sant être "dépassés".

"Les bêtises étaient de plus en plus nom­breuses, il y a eu une esca­lade des puni­tions, mais cela n'a jamais été exces­sif", a rap­porté Frank Lavier, niant leur avoir jamais porté des coups.

"C'est vrai que les enfants ont été punis de plus en plus sou­vent, mais cela consis­tait à écrire des lignes ou bien à res­ter à genoux les mains sur la tête, mais jamais plus d'une heure et jamais sur un manche à balai", a affirmé Sandrine Lavier.

"On n'a pas affaire à des parents mal­trai­tants mais à des parents qui sont débor­dés" par leurs enfants et le "mal-être dont ils souffrent", a affirmé Me Philippe Lescène, l'avocat de Sandrine Lavier.

"A pro­pos des faits de cor­rup­tion de mineurs, il y a mani­fes­te­ment eu une exa­gé­ra­tion", a-t-il pour­suivi, après la pro­jec­tion de vidéos met­tant en scène des adultes plus ou moins dénu­dés, lors de soi­rées arro­sées, mimant des actes sexuels à proxi­mité des enfants.

"Les images parlent d'elles-mêmes. (..) On y voit des adultes lors de scènes de fêtes, qui rigolent, qui boivent, avec certes, cer­tains d'entre eux en slip, mais les enfants ne sont pas spec­ta­teurs de ces scènes qui ne sont pas ouver­te­ment sexuelles. Tout au plus devine-t-on qu'ils peuvent être à proxi­mité. Si cela c'est de la cor­rup­tion de mineurs, on marche sur la tête", s'est insurgé Me Frank Berton, l'avocat de Frank Lavier.

"Je regrette d'avoir fait ces gestes dépla­cés lors de soi­rées", a déclaré Sandrine Lavier. "On ne cal­cule pas tou­jours le fait qu'il y ait des gosses à côté de nous. Avec le recul c'est sûr que je regrette que cela se soit passé en pré­sence des enfants", a-t-elle poursuivi.

Son mari Frank a ren­chéri, recon­nais­sant qu'on "n'aurait pas dû avoir un com­por­te­ment ou des dia­logues aussi crûs en pré­sence des enfants. (..) On n'a pas cher­ché à prendre les enfants pour (les faire) par­ti­ci­per mais on aurait dû les mettre ailleurs", a-t-il admis.


 

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