Les époux Lavier ne reconnaissent ni violences, ni corruption de mineurs

Les époux Lavier, qui comparaissaient jeudi devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, ont nié les accusations de "corruption de mineurs" et de violences à l'égard de leurs enfants, reconnaissant toutefois certaines carences éducatives et des "gestes déplacés".
Sandrine et Frank Lavier, âgés de 34 et 33 ans et qui comparaissaient avec quatre de leurs proches, sont prévenus de "corruption de mineurs" et de "violences habituelles sur mineurs", chefs pour lesquels ils encourent jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros d'amende.
Le procès s'était ouvert par une nouvelle demande de nullité des gardes à vue et des premières perquisitions au domicile des Lavier. La défense, qui a exprimé cette demande, s'appuyait sur le fait que ses clients n'avaient pas été assistés de leurs avocats à ce moment-là, comme le prévoit la loi. Le tribunal a finalement choisi de se prononcer sur cette demande après avoir examiné le fond de l'affaire.
A propos des accusations de maltraitance, deux des cinq enfants du couple — qui avaient fugué en février 2011 — ont fait état de "punitions à genoux pendant plusieurs jours" sur le sol ou bien sur "des manches de balais ou des barres de fer", a précisé la présidente du tribunal, citant leurs témoignages. Ils ont également déclaré avoir reçu des "coups de poings et des coups de pieds ou de ceinture" ou "avec une latte de sommier".
Les époux Lavier ont expliqué qu'un fossé s'était "petit à petit creusé" avec leurs enfants, reconnaissant être "dépassés".
"Les bêtises étaient de plus en plus nombreuses, il y a eu une escalade des punitions, mais cela n'a jamais été excessif", a rapporté Frank Lavier, niant leur avoir jamais porté des coups.
"C'est vrai que les enfants ont été punis de plus en plus souvent, mais cela consistait à écrire des lignes ou bien à rester à genoux les mains sur la tête, mais jamais plus d'une heure et jamais sur un manche à balai", a affirmé Sandrine Lavier.
"On n'a pas affaire à des parents maltraitants mais à des parents qui sont débordés" par leurs enfants et le "mal-être dont ils souffrent", a affirmé Me Philippe Lescène, l'avocat de Sandrine Lavier.
"A propos des faits de corruption de mineurs, il y a manifestement eu une exagération", a-t-il poursuivi, après la projection de vidéos mettant en scène des adultes plus ou moins dénudés, lors de soirées arrosées, mimant des actes sexuels à proximité des enfants.
"Les images parlent d'elles-mêmes. (..) On y voit des adultes lors de scènes de fêtes, qui rigolent, qui boivent, avec certes, certains d'entre eux en slip, mais les enfants ne sont pas spectateurs de ces scènes qui ne sont pas ouvertement sexuelles. Tout au plus devine-t-on qu'ils peuvent être à proximité. Si cela c'est de la corruption de mineurs, on marche sur la tête", s'est insurgé Me Frank Berton, l'avocat de Frank Lavier.
"Je regrette d'avoir fait ces gestes déplacés lors de soirées", a déclaré Sandrine Lavier. "On ne calcule pas toujours le fait qu'il y ait des gosses à côté de nous. Avec le recul c'est sûr que je regrette que cela se soit passé en présence des enfants", a-t-elle poursuivi.
Son mari Frank a renchéri, reconnaissant qu'on "n'aurait pas dû avoir un comportement ou des dialogues aussi crûs en présence des enfants. (..) On n'a pas cherché à prendre les enfants pour (les faire) participer mais on aurait dû les mettre ailleurs", a-t-il admis.
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