26.01.2012

Cinéma: Vancouver, nouvel eldorado pour le marché des effets spéciaux

Terre des X-Men, Stargate et autres super­pro­duc­tions, troi­sième centre de pro­duc­tion ciné­ma­to­gra­phique et télé­vi­suelle en Amérique du Nord, Vancouver cherche à diver­si­fier ses acti­vi­tés en déve­lop­pant le lucra­tif mar­ché des effets spé­ciaux numériques.

"La com­pé­ti­tion entre stu­dios est rude, ces 13 der­niers mois on a du mal à embau­cher de nou­veaux ani­ma­teurs", affirme Chris Roff, chef de pro­duc­tion chez Zoic Vancouver.

En l?espace de trois ans, le "Hollywood du Nord" est devenu le nou­veau bas­tion des com­pa­gnies d?animation et d?effets visuels. Pixar, Sony Pictures Imageworks et Scanline VFX sont les der­niers stu­dios amé­ri­cains à s?y être implantés.

A l?origine de cette migra­tion mas­sive, un cré­dit d?impôt pro­vin­cial de 17,5% sur les dépenses d'effets spé­ciaux et d'animation infor­ma­tique faites en Colombie-Britannique.

Il s'intègre dans de mul­tiples encou­ra­ge­ments fis­caux, cumu­lables les uns avec les autres, intro­duits depuis 1998 par la pro­vince pour atti­rer les productions.

Employer des équipes locales, tour­ner puis réa­li­ser ses effets spé­ciaux en Colombie-Britannique per­met d'obtenir jusqu'à 60% de déduc­tions fis­cales. Grâce à ces mesures, une moyenne de 250 films est tour­née chaque année. Synonyme de 30.000 emplois pour les tech­ni­ciens locaux.

Les chiffres parlent d?eux-mêmes, explique Robert Wong, vice-président aux cré­dits d'impôt de la Société de cinéma de la Colombie-Britannique, orga­nisme de pro­mo­tion à but non lucratif.

"L?année der­nière, 174 pro­duc­tions ont fait une demande, pour un bud­get estimé à 1,6 mil­liard de dol­lars cana­diens. En 2004, elles étaient seule­ment 7, pour un mon­tant de 11,5 mil­lions de dol­lars cana­diens", observe-t-il.

Forte demande de main-d?oeuvre

Environ 2.000 per­sonnes tra­vaillent dans le sec­teur des effets spé­ciaux. Un chiffre qui devrait vrai­sem­bla­ble­ment dou­bler cette année, selon le maga­zine spé­cia­lisé Hollywood Reporter.

"C?est un cercle ver­tueux: le pro­fes­sion­na­lisme, la qua­lité du tra­vail, les rem­bour­se­ments d?impôt incitent les stu­dios à faire leur post­pro­duc­tion ici. Il se crée plus d?emplois", dit M. Richard Brownsey, pré­sident de la Société de cinéma.

La suc­cur­sale cana­dienne de Zoic Studio, une com­pa­gnie d?effets visuels de Los Angeles, ne chôme pas. "De la concep­tion des vais­seaux extra­ter­restres, à la créa­tion de décors vir­tuels, nous allons réa­li­ser tous les effets visuels sur la deuxième sai­son de Falling Skies", la série de science-fiction de Steven Spielberg, explique Ralph Maiers, le super­vi­seur des effets spéciaux.

Au vu du flux de tra­vail, Zoic pré­voit de dou­bler ses effec­tifs, 50 artistes actuel­le­ment, d?ici la fin de l?année. "Il n?a pro­ba­ble­ment jamais été aussi dif­fi­cile de recru­ter", tant la demande est grande, recon­naît son direc­teur géné­ral Patrick Mooney.

Dépendance à Hollywood

Cependant, ces der­nières années, tout n?a pas été rose pour l?industrie du rêve et des effets spé­ciaux : En 2010, les dépenses des pro­duc­tions étran­gères ont baissé de 7%.

La majo­rité des clients des com­pa­gnies d?effets spé­ciaux sont des "majors" amé­ri­caines, qui ont été tou­chées par la grève des scé­na­ristes à Hollywood, en 2008, puis par la crise économique.

Pour Karen Lamare, res­pon­sable de la pla­ni­fi­ca­tion et de la com­mu­ni­ca­tion à la com­mis­sion pro­vin­ciale du cinéma, il n'y a pas de rai­son de pani­quer. "On se main­tient", dit-elle, indi­quant que les dépenses des pro­duc­tions étran­gères et cana­diennes tournent autour d?un mil­liard de dol­lars cana­diens par an.

"Il y a des hauts et des bas, mais il suf­fit seule­ment d?un long métrage de plus pour que ça change radi­ca­le­ment la donne".


 

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