25.01.2012

Jeux du foulard : une pratique dangereuse répandue chez les enfants

Un enfant sur dix s'est déjà livré aux jeux dan­ge­reux du fou­lard ou de la tomate, qui occa­sionnent des décès et peuvent lais­ser han­di­capé, selon une enquête Ipsos, réa­li­sée auprès d'un échan­tillon repré­sen­ta­tif de 1.012 enfants de 6 à 15 ans, pour l'association Apeas.

Près de deux enfants sur trois (63%) connaissent au moins un jeu dapnée ou déva­nouis­se­ment : parmi les 14 "jeux" tes­tés dans cette enquête, le "jeu du fou­lard" (51%) et le "jeu de la tomate" (34%) qui consiste à rete­nir sa res­pi­ra­tion le plus long­temps pos­sible, sont les plus connus.

"Cest à lécole pri­maire que la plu­part (82%) des enfants entendent par­ler de ces jeux pour la pre­mière fois, essen­tiel­le­ment par lin­ter­mé­diaire de copains (71%) qui trouvent ça drôle, constate l'association.

Un enfant sur quatre (26%) a déjà vu quel­quun jouer à ces jeux, essen­tiel­le­ment dans lécole.

"Cette enquête confirme la néces­sité dune pré­ven­tion pré­coce, au niveau du pri­maire", sou­ligne l'association de parents d'enfants acci­den­tés par stran­gu­la­tion Apeas (www.jeudufoulard.com).

Pour Catherine Vince (Apeas), qui a perdu son fils en 2005, "il fau­drait que ce soit dans le pro­gramme sciences de CE2-CM1-CM2 afin d'en par­ler lors des cours sur le fonc­tion­ne­ment du corps, quand on aborde la res­pi­ra­tion, le cer­veau le coeur".

"C'est aux auto­ri­tés d'engager cette action sur la durée", dit-elle à l'AFP.

Un enfant sur dix a déjà joué à un jeu dapnée ou déva­nouis­se­ment, soit envi­ron 750.000 enfants de 6 à 15 ans, relève Ipsos.

"Il faut se dire que dans une classe de trente, trois pra­tiquent", aver­tit Mme Vince.

La quasi-totalité de ceux qui ont joué à ces jeux lont fait avec des copains (91%), sou­vent plus âgés, et à l'école (86%), sur­tout dans la cour de récréation.

Les prin­ci­pales rai­sons évoquées par les enfants qui s'y adonnent relèvent d'un phé­no­mène de mode (50% vou­laient faire "comme les copains") mais aussi parce que c'est "rigolo" (32%) ou pour les sen­sa­tions (16%) qu'ils procurent.

La majo­rité des enfants qui y jouent ignorent les risques : 51% nont pas le sen­ti­ment quils risquent de mou­rir, 63% qu'ils risquent dabî­mer leur cer­veau, 73% d'avoir des convul­sions et 75% de res­ter handicapé.

Seule la conscience de pou­voir séva­nouir (60%) ou de ne plus pou­voir reprendre leur souffle (59%) leur vient à les­prit, mais cest peut-être aussi ce quils recherchent.

En revanche, les enfants qui n'y ont jamais joué sentent bien qu'il y a des risques : 82% ny ont jamais joué car ils trouvent ces jeux "très dan­ge­reux" et la très grande majo­rité dentre eux sait que ceux qui sy adonnent risquent de mou­rir (93%), d'arrêter leur coeur (84%) ou encore dabî­mer leur cer­veau (76%).

Le son­dage réa­lisé entre le 29 novembre et 8 décembre 2011 a été financé par le minis­tère de la Santé.


 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
©2012 Agence France-Presse

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.