20.01.2012

Le chinois, passeport pour l'emploi

Le chi­nois, langue de la deuxième écono­mie mon­diale, deve­nue en 2010 prin­ci­pale puis­sance expor­ta­trice, offre des débou­chés nom­breux dans des sec­teurs aussi diver­si­fiés que le tou­risme, l'industrie, les ser­vices, le trans­port, estiment sala­riés et recruteurs.

Aujourd'hui, 30.000 élèves apprennent le chi­nois dans les lycées et col­lèges fran­çais, un chiffre qui a qua­si­ment tri­plé depuis 2005, selon l'Education nationale.

Un col­loque ven­dredi au lycée Louis-le-Grand à Paris per­met­tra à des repré­sen­tants d'école de com­merce, de groupes hôte­liers, d'entreprises comme EDF, Areva, PSA, Suez, Total d'exposer les avan­tages que pro­curent la connais­sance de cette langue.

"L'attrait gran­dis­sant du chi­nois depuis une dizaine d'années démontre qu'il ne s'agit pas d'un effet de mode" explique Joël Bellassen, ins­pec­teur géné­ral de chi­nois, et orga­ni­sa­teur du col­loque avec l'association fran­çaise des pro­fes­seurs de chi­nois (440 membres) et l'association France Chine éduca­tion qui regroupe une cen­taine de chefs d'établissements sco­laires où l'on enseigne le chinois.

Hervé Plihon, 40 ans, est devenu, grâce au man­da­rin (la langue véhi­cu­laire offi­cielle en Chine), res­pon­sable export pour une mai­son de vins de Bourgogne. Alexandre Lecroc, 28 ans, comé­dien, a été embau­ché pour des tour­nées sur plu­sieurs scènes de France où on avait besoin d'un acteur par­lant chinois.

Thomas Oudart, 29 ans, diplômé d'une école de com­merce, passé du groupe Accor à une entre­prise de mar­ke­ting spor­tif, puis chez Sodexo, explique que sa "connais­sance du chi­nois a été un vrai atout pour ces grandes entre­prises même si elle a fait peur à cer­tains diri­geants de petites entreprises".

A l'Université aussi

Au niveau des chas­seurs de tête, le direc­teur exé­cu­tif de Page Personnel, Laurent Blanchard, explique à l'AFP qu'il "y a une vrai demande de gens par­lant chi­nois dans le domaine de la dis­tri­bu­tion des pro­duits de luxe mais pas pour le moment pour des fonc­tions managers".

Pour le cabi­net Coleridge et Valmore, Yves Renaud fait le même constat pour le recru­te­ment des diri­geants d'entreprise: "Au niveau où nous recru­tons, l'important c'est l'anglais, la connais­sance de la culture et de la langue sont un plus, mais pas obligatoire".

Selon Nicolas Leroy, qui s'occupe du recru­te­ment pour l'industrie dans le cabi­net Michael Page, la recherche de "jeunes cadres à fort poten­tiel par­lant chi­nois reste rare, mais devrait se déve­lop­per dans les 5 à 10 ans".

L'enseignement du chi­nois dans les col­lèges et lycées fran­çais connaît un essor sans pré­cé­dent avec 30.000 élèves à la ren­trée 2011, contre 25.700 l'année pré­cé­dente, et 12.500 en 2005.

Dans l'enseignement supé­rieur, on compte 5.000 étudiants spé­cia­li­sés en chi­nois ou en langue étran­gère appli­quée (LEA) chinois-anglais. "L'attrait pour cet ensei­gne­ment est tel qu'à Paris-Diderot (Jussieu) plus d'une cen­taine d'étudiants n'ont pu s'inscrire faute de place", explique M. Bellassen.

Enfin, envi­ron 12.000 per­sonnes — étudiants en école de com­merce, en infor­ma­tique, dans l'hôtellerie — s'initient au chi­nois à rai­son d'une à trois heures par semaine.

En 2010, 146.000 Chinois ont visité Paris (+22% sur l'année pré­cé­dente) où ils ont dépensé en moyenne 157 euros par jour. La France est la des­ti­na­tion la plus attrac­tive d'Europe pour les tou­ristes de la classe moyenne chi­noise, grâce à l'offre de shop­ping, selon une étude de l'organisation de pro­mo­tion tou­ris­tique Atout France publiée lundi.


 

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