19.01.2012

Le 28e Festival de Sundance célèbre un cinéma indépendant américain "mature"

Le 28e Festival du film de Sundance débute jeudi à Park City dans les mon­tagnes de l'Utah (Ouest des Etats-Unis), et va témoi­gner pen­dant dix jours de la "qua­lité" et de la "matu­rité" du cinéma indé­pen­dant amé­ri­cain, face à la puis­sance de l'industrie hollywoodienne.

Le fes­ti­val, fondé par l'acteur Robert Redford pour don­ner une visi­bi­lité à la pro­duc­tion indé­pen­dante amé­ri­caine et inter­na­tio­nale, sou­vent éclip­sée par les grands stu­dios, est devenu le rendez-vous incon­tour­nable des "indés" — même si Hollywood y vient volon­tiers pour repé­rer les nou­veaux talents.

Sundance, qui se déroule du 19 au 29 jan­vier, pré­sente cette année 117 longs métrages venus de 30 pays, parmi les­quels 45 pre­miers films (dont 24 en com­pé­ti­tion) et 91 pre­mières mondiales.

"Je constate que la qua­lité du cinéma indé­pen­dant est bien meilleure qu'il y a seule­ment dix ans", déclare à l'AFP John Cooper, direc­teur géné­ral du fes­ti­val. "A mesure que le mou­ve­ment indé­pen­dant gagne en matu­rité, la barre est plus haute chaque année. Les cinéastes en ont conscience et ils savent qu'ils sont en concur­rence les uns avec les autres", dit-il.

La grande majo­rité des films pré­sen­tés à Sundance n'ont pas de dis­tri­bu­teur au moment de leur pro­jec­tion et les cha­lets de Park City résonnent chaque année des joutes entre les dis­tri­bu­teurs indé­pen­dants — comme la Weinstein Company des frères Weinstein — et les divi­sions "art et essai" des stu­dios, qui se dis­putent à coups de mil­lions de dol­lars les films les plus prometteurs.

Au final, beau­coup d'entre eux — notam­ment les films amé­ri­cains en com­pé­ti­tion — trouvent un ache­teur, cer­tains réa­li­sant même de belles car­rières en salles et aux Oscars comme, ces der­nières années, "Precious", "Little Miss Sunshine", "Winter's bone" ou "Blue Valentine".

Si les films sur les guerres en Irak et Afghanistan, très pré­sents en 2010 et 2011, sont absents cette année de la com­pé­ti­tion de docu­men­taires — l'un des domaines d'excellence du fes­ti­val –, les sou­bre­sauts du monde seront bien pré­sents dans les salles de Park City.

La révo­lu­tion égyp­tienne sera ainsi au coeur de "1/2 Revolution", tan­dis que le conflit israélo-palestinien sera évoqué à tra­vers l'histoire per­son­nelle d'un vidéaste ama­teur pales­ti­nien ("5 bro­ken came­ras") ou les agis­se­ments de Tsahal dans les ter­ri­toires pales­ti­niens ("The Law in These Parts").

Les grands sujets de société seront égale­ment abor­dés, du nucléaire ("The Atomic States of America") au sys­tème de santé amé­ri­cain ("Escape Fire"), en pas­sant par la guerre contre la drogue ("The House I live In") ou la rela­tion com­plexe entre homo­sexua­lité et Eglise ("Love Free or Die").

Un docu­men­taire très attendu, ("The Invisible War"), enquê­tera pour sa part sur l'un des tabous de l'armée amé­ri­caine: la recru­des­cence des viols des femmes sol­dats par leurs col­lègues masculins.

Côté fic­tion, plu­sieurs grosses poin­tures vien­dront pré­sen­ter leur der­nier film, à l'instar de Spike Lee ("Red Hook Summer") ou du Britannique Stephen Frears ("Lay the favo­rite"), tan­dis que plu­sieurs stars hol­ly­woo­diennes, ten­tées par un petit détour indé­pen­dant, vien­dront fou­ler les neiges de l'Utah, parmi les­quels Catherine Zeta-Jones, Zoë Saldana, Sigourney Weaver, Bradley Cooper, Richard Gere, Dennis Quaid ou Bruce Willis.

La Française Julie Delpy pré­sen­tera pour sa part "2 days in New York" — la suite de son joli suc­cès "2 days in Paris" (2007).

La sec­tion paral­lèle Next sera cette année encore dédiée aux films à tout petit bud­get, tan­dis que Park City At Midnight pro­po­sera une sélec­tion de films d'horreur et de série B.


 

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