19.01.2012
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Evaluation des enseignants : "il n'y a rien de scandaleux !"

Un pro­jet de décret minis­té­riel pré­voit de confier l'évaluation des pro­fes­seurs du second degré au seul chef d'établissement. Alors qu'une péti­tion cir­cule tou­jours sur inter­net pour récla­mer le retrait du pro­jet, le SNES et deux autres syn­di­cats FSU appellent à une nou­velle grève le 31 jan­vier. Michel Richard, secré­taire géné­ral adjoint du SNPDEN, pre­mier syn­di­cat chez les pro­vi­seurs et les prin­ci­paux, et pro­vi­seur d'un col­lège à Versailles, explique pour­quoi le sys­tème de nota­tion actuel est dépassé.

Michel Richard Quels seront les chan­ge­ments si le pro­jet de réforme sur l'évaluation des ensei­gnants, voulu par le gou­ver­ne­ment, entre en vigueur ?

Le pro­jet de décret du minis­tère a été repoussé au 1er jan­vier 2013. Il faut donc attendre d'en savoir plus avant de tirer des conclu­sions hâtives. A priori, nous aban­don­ne­rons le sys­tème de double nota­tion actuel qui, une fois pas an, com­porte une par­tie admi­nis­tra­tive déter­mi­née par le chef d'établissement et une par­tie péda­go­gique notée par l'inspecteur. Ce sys­tème de notes est devenu ana­chro­nique, en plus d'être très infan­ti­li­sant pour le nota­teur et le noté. Il s'agit désor­mais d'aller vers un sys­tème d'évaluation et non plus de nota­tion, sur la base d'un entre­tien tous les trois ans. Deuxième grand chan­ge­ment : nous pour­rons évaluer la manière de "ser­vir" du fonc­tion­naire, c'est-à-dire son enga­ge­ment, son inves­tis­se­ment, son rayon­ne­ment et sa rela­tion avec les élèves.

Comprenez-vous que le pro­jet minis­té­riel soit perçu comme une "pro­vo­ca­tion" par les syn­di­cats enseignants ?

Ce qui est très sur­pre­nant, c'est cette fri­lo­sité au chan­ge­ment de la part d'intellectuels et de pro­gres­sistes. Il n'y a pas de rai­son d'avoir peur ! Tout le monde s'accorde à dire qu'il faut chan­ger de sys­tème de nota­tion. Et selon le code de l'Education, le supé­rieur hié­rar­chique, en l'occurrence le chef d'établissement, a déjà auto­rité sur le personnel.

Un pro­vi­seur de lycée ou un prin­ci­pal de col­lège dispose-t-il d'une for­ma­tion suf­fi­sante pour évaluer cor­rec­te­ment un enseignant ?

Il dis­pose des outils néces­saires pour évaluer la manière de ser­vir. Nous sou­hai­tons tou­te­fois une grille d'évaluation pré­cise qui per­mette de mener objec­ti­ve­ment un entre­tien. Il faut que tout soit trans­pa­rent, avec des don­nées connues de tous. Le prin­cipe du contra­dic­toire doit aussi être res­pecté : s'il le sou­haite, un ensei­gnant doit pou­voir être évalué par quelqu'un d'autre. Quant à la dimen­sion didac­tique, elle conti­nuera d'être du res­sort de l'enseignant car je ne vois pas com­ment les chefs d'établissement pour­raient être com­pé­tents dans la haute tech­ni­cité des matières ensei­gnées. Sans comp­ter que si nous devions aller dans les classes pour appré­cier la péda­go­gie de l'enseignant, ce serait très chronophage.

N'existe-t-il pas un risque de clien­té­lisme dans ce sys­tème d'évaluation dont l'évolution des salaires dépen­drait en partie ?

Le risque de clien­té­lisme serait bien plus impor­tant si les chefs d'établissement recru­taient eux-mêmes les ensei­gnants, comme le sou­haite l'UMP. Il ne faut pas que les ensei­gnants se trompent : s'il n'y a pas une refonte du sys­tème, l'évaluation sera sous­ter­raine et ce seront les élèves ainsi que les parents d'élèves qui la feront, ce qui serait beau­coup plus dan­ge­reux ! Il faut des garde-fous mais ne pas reje­ter le prin­cipe du changement.

Cela ne risque-t-il pas non plus d'accroître un peu plus les dif­fé­rences entre les établissements ?

Est-ce qu'il y a aujourd'hui les bons et les mau­vais profs ? Oui. De bons et de mau­vais établis­se­ments ? Oui. Les syn­di­cats ensei­gnants ont rai­son d'être vigi­lants pour qu'un sys­tème équi­table se mette en place, mais il ne faut pas gar­der l'ancien sys­tème sinon l'évaluation ce sera le recru­te­ment des enseignants.

Ne serait-il pas plus juste d'évaluer l'équipe pédagogique ?

La ques­tion est sur­tout de savoir s'il faut ou non connec­ter l'évolution des rému­né­ra­tions sur l'évaluation. Je pense qu'il faut une gra­ti­fi­ca­tion, sans lien direct entre l'évaluation et la rému­né­ra­tion des ensei­gnants. Il pour­rait très bien y avoir un méca­nisme de boni­fi­ca­tion, non auto­ma­tique. Le SNPDEN a par ailleurs ren­con­tré des col­lègues fin­lan­dais, dont le sys­tème est sou­vent cité en exemple : eux aussi évaluent tous les ans, pen­dant deux heures, chaque pro­fes­seur. Et puis il n'y a pas d'autonomie sans évalua­tion. L'autre élément inté­res­sant du pro­jet repose sur le concept d'auto-évaluation de l'enseignant. C'est une bonne chose qui pourra ser­vir de base à l'entretien d'évaluation. Il n'y a rien de scan­da­leux à ce qu'on cherche à mesu­rer la valeur ajou­tée d'un établis­se­ment plu­tôt que sa performance.

Charles Centofanti

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Caroudel
le 20 janvier 2012

Le refrain : les profs ne veulent pas chan­ger.
En fait les profs ne veulent pas de la soupe qu'on leur sert, c'est tout simple.
Quelle est l'enquête qui a demandé aux prof com­ment ils voyaient leur nota­tion ? S'il devait y avoir une nota­tion ? Si la nota­tion concer­na­nit l'individu, l'équipe ou l'école, le col­lège, le lycée ?
Quand on fera les choses sérieu­se­ment on verra les profs bouger !

Jan Vanier
le 20 janvier 2012

Si ce sys­tème se met en place il faut AU MINIMUM mettre en place un RÉFÉRENTIEL DES TÂCHES qui défi­nisse sans ambi­guité :
– qui est le don­neur d'ordre (Ministère via l'Inspection géné­rale, Rectorat via les Inspecteurs Pédagogiques Régionaux ou bien le Lycée via le Proviseur)
– si la tâche est recon­nue (et sous quelle forme) ou béné­vole (si si il en est de de plus en plus souvent)

Nix
le 20 janvier 2012

Évaluer un ensei­gnant dans connaître la dimen­sion dis­ci­pli­naire et la didac­tique, la belle affaire ! Dans ce cas, tout le monde peut "évaluer" n'importe qui et n'importe quoi. Et n'oublions pas que cela n'est qu'une pre­mière étape vers le recru­te­ment par le chef d'établissement, rai­son de plus pour refu­ser cette "réforme". Grève le 31/01.

Moi
le 20 janvier 2012

Rien de ce qui est le plus mau­vais du sys­tème anglo-saxon ne sera épar­gné aux fran­çais. Monsieur, vous êtes d'une naï­veté ou d'une igno­rance ou d'une mau­vaise foi affligeante.

cdpe de l'ain
le 20 janvier 2012

pour la féde­ra­tion des parents d'élève FCPE de l'Ain, la nota­tion des pro­fes­seurs par le prin­ci­pal ou le pro­vi­seur, est le signe de la pri­va­ti­sa­tion de l'Ecole Publique. L'équilibre des forces dans les Conseils d'administration des col­lèges et lycées pen­chera désor­mais du coté de l'administration. La voix des parents va dis­pa­raitre du seul endroit où la voix de tous pou­vait s'exprimer. Il n'y a qu' à voir les mul­tiples refus de DHG des années pas­sées. A par­tir de main­te­nant le silence. Et bien­tôt les pro­chains col­lèges Molex ou Continental. Mais là qui gérera cette faillite annoncée ?

Jan Vanier
le 20 janvier 2012

- Les Proviseurs devraient obli­ga­toi­re­ment être aussi des ensei­gnants capables d'effectuer des rem­pla­ce­ment dans une dis­ci­pline en cas de besoin. Dans le cas contraire ils n'ont aucune légi­ti­mité pour par­ler d'optimisation des moyen ou d'intérêt supé­rieur des élèves.
– Les Proviseurs ne devraient pas pou­voir exer­cer cette fonc­tion unique jusqu'à la fin de leur car­rière. Il faut encou­ra­ger les aller-retours entre l'enseignement et l'administration, pré­voir des décharges avec des quo­ti­tés variables etc. C'est la seule façon pour dépas­ser la méfiance réci­proque entre admi­nis­tra­tifs et ensei­gnants. Notez que cela fonc­tionne un peu comme cela dans l'enseignement supérieur.

didmuche28
le 20 janvier 2012

Et les chefs d'établissements, QUI les évalue ? On ne pose que rare­ment la vraie ques­tion : les chefs d'établissements sont-ils A LA HAUTEUR ? Pour un res­pon­sable digne, humain et clair­voyant, com­bien de médiocres sans poli­tique ni projet ?

Ludovic
le 21 janvier 2012

Une double évalua­tion exhaus­tive par deux ins­tances dis­tinctes, dont une par­tie annuelle, c’est "ana­chro­nique" par rap­port à une évalua­tion tri­san­nuelle par une seule ins­tance, sans plus aucune évalua­tion propre à la par­tie dis­ci­pli­naire ?!! Le dis­tin­guo « nota­tion »/« évalua­tion » est jésui­tique (et appar­tient d'ailleurs au dis­cours péda­go­giste domi­nant depuis vingt ans) : il y aura tou­jours des pro­fes­seurs bien évalués et d’autres moins bien évalués. Bref, beau­coup d’hypocrisie dans ce doux euphé­misme… Les notions bien floues d'"engagement", d'"investissement" ou de "rayon­ne­ment" (évalue-t-on le « rayon­ne­ment » avec un comp­ter Geiger ?) font par­tie depuis long­temps des cri­tères d’appréciation du chef d’établissement, qui, on peut le remar­quer, évalue 40% sans nul besoin d’aucun entre­tien. En toute objec­ti­vité scien­ti­fique, donc, ce qui pro­met pour la suite... Les termes d’ « enga­ge­ment » ou d’« inves­tis­se­ment » peuvent aussi se tra­duire par doci­lité et sou­mis­sion : un pro­fes­seur qui accepte les heures sup­plé­men­taires, les rem­pla­ce­ments à l'improviste, les élèves en sur­nombre, les tâches sup­plé­men­taires qu’on lui impose etc. pourra être consi­déré comme « investi et engagé ».
Sans doute que le sys­tème actuel mar­che­rait par­fai­te­ment si les ins­pec­teurs avaient les moyens d’inspecter. Mais com­ment se fait-il que ce ne soit plus le cas ? Soyons para­noïaques : pour pré­pa­rer ce chan­ge­ment devenu iné­luc­table, bien sûr !

laviemoderne.net

Michel Morel
le 21 janvier 2012

« Et selon le code de l'Education, le supé­rieur hié­rar­chique, en l'occurrence le chef d'établissement, a déjà auto­rité sur le per­son­nel. »
Le pro­blème n'est-il pas déjà là ?
J'en pro­fite pour signa­ler cet appel à contri­bu­tions (la plu­part des thèmes pro­po­sés concernent l'ensemble de la pro­fes­sion) :
http://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article4247

Nicolas
le 22 janvier 2012

Très inté­res­sant cette notion de "ser­vir"! A la lec­ture de ce texte il semble que l'enseignant ne soit jamais évalué sur sa péda­go­gie, mais sur son "inves­tis­se­ment" (?) et son "rayon­ne­ment". Je suis curieux de voir cette "grille" qui per­met­trait de mener "objec­ti­ve­ment" ces entre­tiens. Changer l'Ecole, oui, en faire n'importe quoi, non!

dcio87
le 22 janvier 2012

Quelle triste concep­tion que celle du snp­den !
ainsi sur cette ques­tion clé de l'évaluation, les pos­tions du PS et de l'UMP sont les mêmes... comme sur tant d'autres choses, hélas!

Il Rève
le 22 janvier 2012

Nul ne s'oppose au chan­ge­ment si celui ci doit appor­ter un mieux être.
En quoi le pro­jet d'évaluation des ensei­gnants par le seul chef d'établissement appor­te­rait il un mieux être aux ensei­gnants ?
Leur rai­son d'être fon­dée sur les connais­sances dis­ci­pli­naires, la rai­son didac­tique et la rai­son péda­go­gique ne pour­raient pas être prise en compte dans le futur pro­jet d'évaluation. En cela elle consti­tue­rait un "moins être", au moins rela­ti­ve­ment aux connais­sances et à leur "assi­mi­la­tion" et à la didac­tique. Ainsi les ensei­gnants avec cer­taines de leurs orga­ni­sa­tions pro­fes­sion­nelles et / ou syn­di­cales s'opposent à une moindre consi­dé­ra­tion de leur rai­son d'être. Personne ne peut ni le leur en vou­loir, ni le leur repro­cher. C'est aussi pour­quoi des chefs d'établissement émettent des réserves impor­tantes et des parents d'élèves s'inquiètent de ce qu'ils consi­dèrent comme une rup­ture cultu­relle. Quiconque demande un tel chan­ge­ment de l'évaluation des ensei­gnants ne se satis­fait pas du rôle que ces der­niers jouent et dans la trans­mis­sion d'une culture uni­ver­sel­le­ment recon­nue et dans les valeurs fon­da­trices de l'école. Ce brouillage de la réa­lité favo­ri­sant lar­ge­ment une cer­taine ambi­guité fera aussi émer­ger pro­gres­si­ve­ment des prises de conscience vigou­reu­se­ment expri­mées. A moins que le poli­tique ne recon­si­dère son point de vue et redonne aux ensei­gnants les rôles et les mis­sions qu'ils n'auraient jamais du perdre dans l'école de la République.

alainaugé
le 22 janvier 2012

WTF ?? Depuis quand un pro­vi­seur est-il le supé­rieur « hié­rar­chique » d’un pro­fes­seur ? Il fau­drait pour cela qu’il soit « le plus ancien dans le grade le plus élevé » si l’on s’en tient au sens mili­taire (Cf Fayolle) dont on nous fait réfé­rence en arguant de « la manière de ser­vir ». Or nombre de pro­vi­seurs n’ont pas atteint le grade d’agrégé. Et même s’ils le sont ils ont bien du mal à pas­ser « hors classe », alors que nombre de pro­fes­seurs ont atteint ce grade.
Cependant les pro­vi­seurs sont les res­pon­sables péda­go­giques de leur établis­se­ment, contrai­re­ment à la croyance com­mune (parents d’élèves) qui pré­tend que la péda­go­gie est du domaine réservé de l’inspecteur péda­go­gique. Ce der­nier n’agit qu’en tant que conseiller du pro­vi­seur, qui a le der­nier mot, et sup­porte le risque de dys­fonc­tion­ne­ment péda­go­gique.
Croyez vous que dans une entre­prise (IRL comme disent les ados) les psy­cho­logues char­gés des bilans de com­pé­tences et les DRH char­gés des entre­tiens d’évaluation, soient des spé­cia­listes de dif­fé­rentes dis­ci­plines de l’entreprise ? Leur rôle est de véri­fier si les objec­tifs fixés ont été atteints. Si oui : aug­men­ta­tion, Si non : stag­na­tion ; Si non plu­sieurs fois : la porte !! On est loin du doux cocon du titu­laire à vie, qui est aug­menté « à l’ancienneté » !!

alainaugé
le 22 janvier 2012

Quels objec­tifs doit on fixer à un pro­fes­seur ? Son enga­ge­ment, son inves­tis­se­ment, son rayon­ne­ment, sa rela­tion avec les élèves pour­raient être véri­fiés à l’applaudimètre des résul­tats obte­nus par ses élèves pré­sen­tant aux médias (parents, profs, édiles locaux,..) les TPE de l’année (tra­vaux per­son­nels enca­drés). Cela aurait l’avantage de ne pas attendre l’obtention du fameux pour­cen­tage de réus­site au diplôme (tota­le­ment biaisé par l’écrémage ). Ce diplôme tant vanté par le CEREQ (ser­vice de l’Education natio­nale) n’est qu’une pré­somp­tion des com­pé­tences atten­dues par les entre­prises pour l’exercice d’un métier. Car, in fine, l’emploi des jeunes est la vraie mesure de l’efficacité de l’Education natio­nale (et de ses pro­fes­seurs).
Si les pro­vi­seurs et prin­ci­paux étaient recru­tés en fonc­tion de leurs com­pé­tences (et non nom­més suite à la réus­site d’un concours), ils pour­raient choi­sir de recru­ter effi­ca­ce­ment leurs équipes péda­go­giques. Cela ne sup­pri­me­rait pas les concours qui ne devien­draient qu’un élément (non indis­pen­sable ) du choix du pos­tu­lant ayant répondu à une « petite annonce ».
Ainsi le pro­vi­seur ou prin­ci­pal pour­rait dis­po­ser d’une auto­rité recon­nue, qui pour­rait lui per­mettre d’être élu à la pré­si­dence du conseil d’administration de son établis­se­ment. (MDR)

Il Rève
le 23 janvier 2012

Tout est scan­da­leux dans l'évaluation par les seuls chefs d'établissements des ensei­gnants.
Depuis l'augmentation de la dépen­dance évalua­tive réduite à une seule per­sonne repré­sen­tant un seul ver­sant de la fonc­tion ensei­gnante, jusqu'à l'élimination du coeur du métier ainsi que de son esprit. Ce replie­ment sur l'établissement et son chef doit être ana­lysé en même temps que la sup­pres­sion de la carte sco­laire, la sup­pres­sion d'un nombre impor­tant d'enseignants, l'augmentation du nombre d'élèves par ensei­gnant, la sup­pres­sion de la for­ma­tion, la modi­fi­ca­tion de la cer­ti­fi­ca­tion (mas­ter capes), la dimi­nu­tion des moyens, la modi­fi­ca­tion de la "gou­ver­nance" rec­to­rale, la mul­ti­pli­ca­tion des par­cours indi­vi­dua­li­sés, la stag­na­tion voire la dimi­nu­tion du pou­voir d'achat des per­son­nels de l'éducation,l'insistance sur les dis­po­si­tifs par­ti­cu­liers de lutte contre l'échec sco­laire, le recru­te­ment des ensei­gnants par le chef d'établissement dans le dis­po­si­tif "éclair"). . . tant de mesures qui abou­tissent à un épar­pille­ment de la force ins­ti­tuante et ins­truc­tive de l'école républicaine.

epic
le 23 janvier 2012

D'accord pour dire que le sys­tème exis­tant est obso­lète et sans effet. Egalement pour confir­mer que les orga­ni­sa­tions syn­di­cales n'ont guère pro­posé d'alternatives. Quant à jus­ti­fier les nou­velles dis­po­si­tions par la moder­nité, on demande à voir...Idem sur le concept de trans­pa­rence abso­lue qu'aurait l'évaluation par le chef d'établissement: Guy Berger disait que la trans­pa­rence totale était le propre des sytèmes dic­ta­to­riaux. A lire cette posi­tion du SNPDEN, bien super­fi­cielle sur les enjeux de l'évaluation et ses pra­tiques, je ne peux qu'exprimer de sérieuses réserves.

Echaffaud2012
le 23 janvier 2012

Quand ces­sera enfin cette diar­rhée de réformes toutes plus inutiles les unes que les autres que l'on veut insuf­fler au sein du sys­tème éduca­tif ? Qui a réclamé dans le corps ensei­gnant le chan­ge­ment de mode d'évaluation ? Sauf excep­tions, les IPR sont des per­sonnes com­pé­tentes et effi­caces, qui pro­diguent des conseils utiles lors des ins­pec­tions ; le chef d'établissement, quel que soit son enga­ge­ment et sa bonne foi, aura à coeur le déve­lop­pe­ment de la "valeur ajou­tée" de son établis­se­ment : dans quelles condi­tions ? Avec quels moyens ? Tout ce dis­cours autour de l'évaluation de l'enseignant sup­pose aussi qu'il ne fait déjà pas assez, ou pas assez bien : ce leit­mo­tiv latent est insup­por­table et insul­tant. Mais hélas, rien d'étonnant à cela, dans la mesure où nous avons déjà enté­riné un sys­tème d'évaluations des élèves par com­pé­tences d'une stu­pi­dité et d'une étroi­tesse rares : empi­ler sans jamais croi­ser, cocher et addi­tion­ner sans prendre du recul et syn­thé­ti­ser, dépe­cer le savoir en miettes pour "faci­li­ter" et crétiniser.

timy
le 23 janvier 2012

Il n'y a rien de scan­da­leux à l'évaluation du chef d'établisement par les profs !
S'il applique sans réflé­chir le direc­tives du minis­tère, on le vire...

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