18.01.2012

Bouillote et couverture, accessoires indispensables à l'employé sud-coréen

Dans les bureaux, hôtels et res­tau­rants de Séoul, employés et clients sont chau­de­ment vêtus, une cou­ver­ture sur les genoux et des bouillotes dans les poches: pour écono­mi­ser l'énergie, le chauf­fage est limité en hiver dans les bâti­ments, sous peine de fortes amendes.

Le gou­ver­ne­ment s'inquiète tous les hivers d'une pénu­rie d'électricité et ordonne donc aux admi­nis­tra­tions publiques, mais aussi aux entre­prises pri­vées, de limi­ter les tem­pé­ra­tures intérieures.

Entre début décembre et fin février, alors que le ther­mo­mètre des­cend faci­le­ment à –6 ou –7°C (et par­fois –15), la tem­pé­ra­ture doit être infé­rieure à 18 degrés dans les entre­prises publiques et 20 degrés dans les privées.

Des fonc­tion­naires passent régu­liè­re­ment pour véri­fier le mer­cure. Les contre­ve­nants risquent une amende com­prise entre 500.000 wons (342 euros) et 3 millions.

"Tout le monde tra­vaille avec un blou­son, une écharpe et des gants car il fait ter­ri­ble­ment froid, y com­pris dans les bureaux", se plaint Lee Hae-Woo, 24 ans, assistant-réalisateur à la télé­vi­sion publique Korea Broadcasting System.

"Avec les gardes qui passent régu­liè­re­ment pour véri­fier, on ne peut pas mon­ter le chauf­fage. C'est une déci­sion du gou­ver­ne­ment, que peut-on y faire?", ajoute-t-il.

Byun Sang-Won, cui­si­nier dans un hôtel de luxe à Séoul, raconte que ses col­lègues s'emmitoufflent dans des cou­ver­tures, dès qu'ils sont hors de vue des clients. Autre acces­soire indis­pen­sable: les petites bouillotes glis­sées dans les poches des vêtements.

"Le pire, c'est quand les clients se plaignent et réclament +le droit d'avoir chaud+ dans les halls ou le res­tau­rant. Mais on ne peut rien y faire", dit-il.

Le pré­sident Lee Myung-Bak avait donné l'exemple en expli­quant à la radio, en novembre, qu'il avait baissé le chauf­fage dans son bureau et qu'il por­tait désor­mais un maillot de corps.

Il a confessé avoir été d'abord incom­modé par le sous-vêtement. "Mais au bout d'un moment, je m'y suis habi­tué et main­te­nant il me tient chaud et je me sens bien dedans", déclarait-il, appe­lant les audi­teurs à bais­ser le chauf­fage, éteindre les lumières super­flues et uti­li­ser des équi­pe­ments consom­mant peu d'énergie.

Des res­tric­tions sur les illu­mi­na­tions en ville ont été décré­tées mais les écrans géants ornant le pay­sage urbain conti­nuent de briller la nuit.

"Il y a eu des plaintes sur l'inconfort de tra­vailler dans un envi­ron­ne­ment aussi frais", admet Kim Jeong-Dae, res­pon­sable au minis­tère de l'Economie. "Mais nous n'avons pas le choix. Les chan­ge­ments récents dans les modes de consom­ma­tion éner­gé­tiques ont pro­vo­qué une hausse de la demande d'électricité, alors que les poli­tiques +vertes+ et la volonté de limi­ter" le gas­pillage freinent la construc­tion de nou­velles centrales.

Le pays a connu en sep­tembre 2011 une vague de cou­pures d'électricité qui ont affecté 2,1 mil­lions de foyers et autres bâti­ments en rai­son d'une cani­cule inattendue.

Plusieurs cen­trales étaient en répa­ra­tion et face à la baisse dra­ma­tique des capa­ci­tés, le gou­ver­ne­ment a imposé des vagues de coupures.

Mais les ana­lystes sou­lignent que les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs ont volon­tai­re­ment main­tenu le prix de l'électricité à des niveaux très bas pour ne pas mécon­ten­ter les élec­teurs, encou­ra­geant une consom­ma­tion irresponsable.

Et les cri­tiques qua­li­fient d'inefficaces les mesures du gou­ver­ne­ment, indi­quant que de nom­breux employés cachent sous leur bureau un petit radia­teur souf­flant... électrique.


 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
©2012 Agence France-Presse

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.