16.01.2012

Nigeria: la grève générale doit reprendre lundi, sans les manifestations

La grève géné­rale au Nigeria devrait reprendre lundi, mais sans mani­fes­ta­tions de rue, après l'échec des négo­cia­tions syndicats-gouvernement sur le dou­ble­ment du prix des car­bu­rants, ont annoncé les syn­di­cats dans la nuit de dimanche à lundi.

Abdulwahed Omar, le chef de la puis­sante cen­trale syn­di­cale, le Nigeria Labour Congress (NLC), inter­rogé à la télé­vi­sion sur la reprise de la grève, sus­pen­due ce wee­kend pour les négo­cia­tions, a répondu: "Oui, mais nous avons sus­pendu les mani­fes­ta­tions de rue".

Selon lui, lors des négo­cia­tions, le pré­sident nigé­rian, Goodluck Jonathan, a évoqué de "graves infor­ma­tions en matière de sécu­rité" en sa pos­ses­sion, indi­quant que des éléments exté­rieurs au mou­ve­ment syn­di­cal pour­raient ten­ter de dévoyer le mou­ve­ment de grève qui para­lyse le pays.

Le pré­sident nigé­rian devait s'adresser à la nation lundi à 07H00 (06H00 GMT). Dimanche, il s'est entre­tenu avec les res­pon­sables de la sécu­rité du pays, mais aucune infor­ma­tion n'a fil­tré sur ces entretiens.

Outre les dizaines de mil­liers de Nigérians qui ont cessé le tra­vail et mani­festé depuis lundi der­nier et les heurts avec la police qui ont fait une quin­zaine de morts, le Nigeria est aux prises avec un conflit inter­con­fes­sion­nel et des atten­tats reven­di­qués par la secte isla­miste Boko Haram, qui ont fait près d'une cen­taine de morts depuis Noël.

"Nous sommes arri­vés à la conclu­sion que nous devons res­ter à la mai­son, éviter de des­cendre dans les rues, pour être cer­tains de ne pas mettre en dan­ger des vies inno­centes en rai­son de la situa­tion sécu­ri­taire dans le pays", a déclaré le diri­geant syn­di­cal à la télévision.

Selon lui, le pré­sident nigé­rian a tou­te­fois annoncé aux syn­di­ca­listes qu'"il a décidé de sus­pendre la ques­tion de la déré­gu­la­tion com­plète" du mar­ché des carburant.

Les syn­di­cats n'ont pas jugé suf­fi­sant cet enga­ge­ment pré­si­den­tiel pour annon­cer la fin de la grève. Ils posent comme préa­lable à toute dis­cus­sion un retour des prix des car­bu­rants à leur niveau d'avant le 1er janvier.

Le pré­sident Jonathan avait décrété un arrêt des sub­ven­tions sur les car­bu­rants, pro­vo­quant une bru­tale hausse à cette date.

La prin­ci­pale cen­trale du sec­teur pétro­lier, PENGASSAN, n'a pas mis à exé­cu­tion sa menace de fer­mer les puits dès samedi minuit en cas d'échec des pour­par­lers, dans ce pays pre­mier pro­duc­teur d'Afrique de pétrole.

PENGASSAN a répété dimanche dans un com­mu­ni­qué qu'il n'envisageait pas dans l'immédiat la fer­me­ture des plate-formes off­shore, dont le brut repré­sente 90% des expor­ta­tions du Nigeria, afin de lais­ser un espace aux négociations.

Dans la crainte d'une reprise lundi de la grève géné­rale, des conduc­teurs ont attendu au moins quatre heures dimanche pour faire le plein devant des stations-service dans plu­sieurs quar­tiers de Lagos, où d'importantes files d'attente s'étaient formées.

Le pré­sident Jonathan a décidé l'arrêt de sub­ven­tions aux car­bu­rants pour finan­cer la moder­ni­sa­tion des infra­struc­tures. Mais le dou­ble­ment du prix de l'essence frappe dure­ment une popu­la­tion dont la majo­rité vit avec moins de deux dol­lars par jour.


 

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