12.01.2012

Troubles des apprentissages: les médecins pour une consultation spécifique

Médecins géné­ra­listes et pédiatres libé­raux veulent pro­po­ser une consul­ta­tion spé­ci­fique pour repé­rer les troubles des appren­tis­sages des enfants aux âges clés de 4, 5 et 6 ans, après une expé­ri­men­ta­tion jugée satis­fai­sante en Ile-de-France et en Rhône-Alpes.

En France, on estime que 4 à 10% des enfants d'intelligence nor­male pré­sentent des troubles des appren­tis­sages, tels que la dys­lexie (lec­ture), la dys­praxie (mou­ve­ments coor­don­nées), la dys­cal­cu­lie (cal­cul), et sont en situa­tion d'échec sco­laire, selon l'association "MOD 4, 5, 6".

Cette asso­cia­tion a été créée afin d'expérimenter "la fai­sa­bi­lité" d'une consul­ta­tion de repé­rage des ano­ma­lies pou­vant induire des dif­fi­cul­tés sco­laires. Elle s'est appuyée sur des experts dans dif­fé­rents domaines pour élabo­rer un pro­to­cole de consul­ta­tion et choi­sir des tests de dépis­tage, réunis dans une "mallette".

Une expé­ri­men­ta­tion a ensuite été menée en Ile-de-France (Essonne, Yvelines, Hauts-de-Seine, Val d'Oise) et en Rhône-Alpes par les Unions régio­nales des pro­fes­sion­nels de santé (URPS) méde­cins et l'Association fran­çaise de pédia­trie ambu­la­toire (AFPA).

420 consul­ta­tions ont été réa­li­sées entre mai et décembre 2009 par 30 géné­ra­listes et 30 pédiatres volon­taires (147 chez des enfants de moyenne sec­tion de mater­nelle, 140 en fin de grande sec­tion et 133 en fin de CP).

"Une consul­ta­tion sur deux a per­mis de dépis­ter une ou plu­sieurs ano­ma­lies", a indi­qué le Dr Jean-Paul Blanc (AFPA), jeudi au cours d'une confé­rence de presse, en par­ti­cu­lier des pro­blèmes de vue (21%), d'audition (10%) et de lan­gage oral (8%).

"96% des méde­cins ont jugé cette consul­ta­tion fai­sable et inté­res­sante", a-t-il sou­li­gné. 80% des méde­cins et 96% des familles se sont décla­rés satisfaits.

Néanmoins, la durée de la consul­ta­tion (en moyenne 54 minutes, contre une ving­taine de minutes pour une consul­ta­tion tra­di­tion­nelle chez un géné­ra­liste) fait qu'"il n'est pas facile de l'intégrer dans la pra­tique", a relevé le Dr Blanc.

Pour ce pédiatre, la pers­pec­tive de sa géné­ra­li­sa­tion pose deux pro­blèmes : la for­ma­tion des méde­cins et la mise en place d'une "rému­né­ra­tion adap­tée". Généralistes et pédiatres libé­raux évoquent un for­fait de 140 ou 150 euros.

Ils sou­lignent que cette consul­ta­tion de pré­ven­tion n'a pas pour objec­tif de se sub­sti­tuer à la méde­cine sco­laire ou de PMI, avec les­quelles ils sou­haitent "tra­vailler en par­te­na­riat" et de manière complémentaire.

L'objectif, a pré­cisé le Dr Dominique Girardon, géné­ra­liste, pré­si­dente de "MOD 4,5 6", est "de pro­po­ser la prise en charge la plus pré­coce et la plus adé­quate possibles".


 

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