Troubles des apprentissages: les médecins pour une consultation spécifique
Médecins généralistes et pédiatres libéraux veulent proposer une consultation spécifique pour repérer les troubles des apprentissages des enfants aux âges clés de 4, 5 et 6 ans, après une expérimentation jugée satisfaisante en Ile-de-France et en Rhône-Alpes.
En France, on estime que 4 à 10% des enfants d'intelligence normale présentent des troubles des apprentissages, tels que la dyslexie (lecture), la dyspraxie (mouvements coordonnées), la dyscalculie (calcul), et sont en situation d'échec scolaire, selon l'association "MOD 4, 5, 6".
Cette association a été créée afin d'expérimenter "la faisabilité" d'une consultation de repérage des anomalies pouvant induire des difficultés scolaires. Elle s'est appuyée sur des experts dans différents domaines pour élaborer un protocole de consultation et choisir des tests de dépistage, réunis dans une "mallette".
Une expérimentation a ensuite été menée en Ile-de-France (Essonne, Yvelines, Hauts-de-Seine, Val d'Oise) et en Rhône-Alpes par les Unions régionales des professionnels de santé (URPS) médecins et l'Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA).
420 consultations ont été réalisées entre mai et décembre 2009 par 30 généralistes et 30 pédiatres volontaires (147 chez des enfants de moyenne section de maternelle, 140 en fin de grande section et 133 en fin de CP).
"Une consultation sur deux a permis de dépister une ou plusieurs anomalies", a indiqué le Dr Jean-Paul Blanc (AFPA), jeudi au cours d'une conférence de presse, en particulier des problèmes de vue (21%), d'audition (10%) et de langage oral (8%).
"96% des médecins ont jugé cette consultation faisable et intéressante", a-t-il souligné. 80% des médecins et 96% des familles se sont déclarés satisfaits.
Néanmoins, la durée de la consultation (en moyenne 54 minutes, contre une vingtaine de minutes pour une consultation traditionnelle chez un généraliste) fait qu'"il n'est pas facile de l'intégrer dans la pratique", a relevé le Dr Blanc.
Pour ce pédiatre, la perspective de sa généralisation pose deux problèmes : la formation des médecins et la mise en place d'une "rémunération adaptée". Généralistes et pédiatres libéraux évoquent un forfait de 140 ou 150 euros.
Ils soulignent que cette consultation de prévention n'a pas pour objectif de se substituer à la médecine scolaire ou de PMI, avec lesquelles ils souhaitent "travailler en partenariat" et de manière complémentaire.
L'objectif, a précisé le Dr Dominique Girardon, généraliste, présidente de "MOD 4,5 6", est "de proposer la prise en charge la plus précoce et la plus adéquate possibles".
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
©2012 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.


