12.01.2012

Pour ses 20 ans, le Festival de cirque de Massy s'offre un coup de jeune

Les fauves sont tou­jours féroces et les éléphants impres­sion­nants, mais pour ses 20 ans, le Festival inter­na­tio­nal du cirque de Massy (Essonne) s'offre un lif­ting avec des numé­ros moins tra­di­tion­nels et un son rock qui dyna­mite le genre.

Sous le cha­pi­teau, au centre de la piste rouge, quatre acro­bates chaus­sés de patins à rou­lettes se suc­cèdent pour une danse éche­ve­lée. Reliée à son par­te­naire par une corde atta­chée autour du cou, une jeune femme vol­tige tout autour de lui à une vitesse folle. Leurs nuques rou­gissent sous l'effort, mais le spec­ta­teur ne voit que le côté aérien du numéro.

Cette année, pas de fan­fare mais une ambiance rock. Normal : le chef d'orchestre, Eric Mula, a long­temps joué les trom­pet­tistes pour l'émission "Nulle Part Ailleurs", sur Canal+, et les cuivres sont ceux d'Eddy Mitchell, accom­pa­gnés par un bat­teur et une gui­tare électrique.

"J'ai fait pas mal de modi­fi­ca­tions depuis 3 ans, recon­naît Francesco Bouglione, 41 ans, direc­teur géné­ral du fes­ti­val, appelé aux com­mandes par son fon­da­teur, Michel Bruneau. Nouveau cha­pi­teau, nou­vel orchestre, nou­veau direc­teur artis­tique... j'ai apporté un côté un peu plus pro", ana­lyse ce des­cen­dant de la célèbre dynas­tie Bouglione.

Pour autant, le petit-fils Bouglione reste fidèle au cirque tra­di­tion­nel, peu convaincu par le "nou­veau cirque" qu'il résume en une for­mule lapi­daire: "De mau­vais acro­bates qui s'unissent à de mau­vais comé­diens pour faire un spec­tacle médiocre".

A Massy, on s'enorgueillit au contraire de pro­mou­voir des artistes poly­va­lents, comme Francesco. "Quand je l'ai connu il y a 20 ans, il était gar­çon de piste. Il a été jon­gleur, acro­bate équestre, domp­teur de fauves, il sait tout faire... même répa­rer le chauf­fage!", plai­sante Michel Bruneau.

700.000 euros

Soudain, une forte odeur de ména­ge­rie monte de la piste. "C'est ça le cirque, c'est l'odeur !", s'enthousiasme M. Bruneau, che­veux blancs et yeux brillants, qui confie avoir fait enfant l'école buis­son­nière pour aller au cirque.

Lions et tigres font leur entrée : énormes, gueule ouverte, ils montrent les dents, et grognent... avant de se trans­for­mer en peluches qui se roulent par terre et montrent leur ventre, comme de gros chats.

Puis les tigres se mettent à sau­ter comme des kan­gou­rous, debout sur leurs pattes arrière, vague­ment ridi­cules. Les lions, lents et majes­tueux, font un der­nier tour de piste, leurs yeux dorés comme cer­nés de khôl.

Au tour des éléphants, parés de masques rouges à paillettes, d'effectuer leur numéro de "danse". Surprenante légè­reté des mas­to­dontes lorsqu'il s'agit de mon­ter sur un tabou­ret... Et vision incon­grue, quelques heures plus tôt, des trois éléphants brou­tant pai­si­ble­ment dans le parc Georges Brassens.

Dimanche, après quatre jours de fes­ti­val, les meilleurs numé­ros seront récom­pen­sés par les Pistes d'or, d'argent et de bronze. Quatre jours qui coûtent cher: pas moins de 700.000 euros pour faire venir les artistes du monde entier, nour­rir les ani­maux (400 kg de viande, 500 kg de graines) et payer les 280 per­sonnes qui y travaillent.

En dehors des 85.000 euros ver­sés par la ville de Massy et des 4.000 euros du minis­tère de la Culture, Francesco Bouglione table sur la vente des billets d'entrée pour équi­li­brer son bud­get : avec 18.000 spec­ta­teurs atten­dus et un spec­tacle qui affiche déjà com­plet, le jeune héri­tier n'est pas trop inquiet.


 

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