12.01.2012

Otages au Mali: Aqmi met en garde la France contre une opération militaire

Al-Qaïda au Maghreb isla­mique (Aqmi) a adressé jeudi un aver­tis­se­ment à la France et à d'autres pays euro­péens leur deman­dant de ne pas sou­te­nir une opé­ra­tion "immi­nente" visant à libé­rer leurs otages au Mali, selon un com­mu­ni­qué par­venu jeudi à Rabat.

"Selon des infor­ma­tions qui nous sont par­ve­nues récem­ment, l'alliance des croi­sés menée par la France, qui sou­tient cer­tains régimes comme l'Algérie et la Mauritanie, pré­pare une opé­ra­tion mili­taire "immi­nente" pour libé­rer les otages déte­nus par l'organisation", indique Aqmi.

Ce com­mu­ni­qué en arabe, non authen­ti­fié, est par­venu au bureau de l'AFP à Rabat sous forme d'un cour­rier élec­tro­nique de l'organisation clan­des­tine active au Sahel et liée à la mou­vance d'Al Qaïda.

Il a été aussi publié par l'ANI, une agence de presse mau­ri­ta­nienne en ligne.

L'ANI a régu­liè­re­ment publié par le passé des com­mu­ni­qués ou décla­ra­tions d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique sans avoir jamais été démentie.

"Nous adres­sons un aver­tis­se­ment à la France, le Royaume-Uni, la Hollande et la Suède: s'ils auto­risent cette opé­ra­tion, cela signi­fie la mort de leurs res­sor­tis­sants et une atteinte à leur vie, dont ils ont la res­pon­sa­bi­lité", pour­suit l'Aqmi.

"Nous pré­ci­sons égale­ment que nous cher­chons une solu­tion paci­fique à ce pro­blème des otages", conclut-il.

L'Aqmi a déjà reven­di­qué l'elèvement fin novembre der­nier au Mali de deux Français et de trois Européens.

"Nous reven­di­quons l'enlèvement le 24 novembre des deux fran­çais, tra­vaillant pour les ser­vices de ren­sei­gne­ment de la France, Philippe Verdon et Serge Lazarevic, ainsi que celui de trois Européens, le len­de­main à Tombouctou", indi­qué un com­mu­ni­qué de l'Aqmi le 8 décembre dernier.

La branche magh­ré­bine d'Al-Qaïda a fait publier le 9 décembre 2011 deux pho­tos de cinq euro­péens, dont deux Français, enle­vés les 24 et 25 novembre au Mali, qui viennent en appui d'un com­mu­ni­qué publié la veille par l'organisation reven­di­quant ces enlèvements.

Une des pho­tos montre les deux Français, Serge Lazarevic et Philippe Verdon, enle­vés le 24 novembre à Hombori (nord-est du Mali), avec trois hommes armés der­rière eux, le visage recou­vert d'un turban.

L'autre montre un Sud-Africain qui a égale­ment la natio­na­lité bri­tan­nique, un Suédois et un Néerlandais enle­vés le len­de­main à Tombouctou (nord du Mali), entou­rés de quatre hommes en armes, dont l'un a le visage décou­vert. Un tou­riste alle­mand qui avait résisté à son enlè­ve­ment avait été tué à Tombouctou.

Dans le com­mu­ni­qué publié Aqmi écri­vait avoir enlevé ces cinq Européens en "réponse aux agres­sions répé­tées de la France contre les musul­mans des pays du Sahel" et comme "une réac­tion légi­time face aux poli­tiques per­ma­nentes et insen­sées de (Nicolas) Sarkozy", pré­sident français.

L'organisation ajou­tait que "le Mali a été choisi sciem­ment en rai­son de l'implication du régime d'Amadou (Toumani) Touré dans une guerre contre les Moujahidine (com­bat­tants)", cédant "ainsi aux pres­sions exer­cées sur lui par la France et les Etats-Unis".

"A tes quatre sujets rete­nus à Arlit, s'ajoute désor­mais l'enlèvement de deux autres Français dont tu endosses l'entière res­pon­sa­bi­lité", ajou­tait une par­tie du texte adres­sée au seul pré­sident Sarkozy, en réfé­rence aux Français enle­vés en sep­tembre 2010 sur la mine d'uranium du groupe fran­çais Areva à Arlit (nord du Niger), tou­jours rete­nus en otage.

Aqmi a en revanche démenti être l'auteur de l'enlèvement de trois Européens — un Espagnol, une Espagnole et une Italienne — en octobre dans un camp de réfu­giés sah­raouis à Tindouf, en Algérie.


 

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