Enseignant : un métier qui ne pourra plus faire rêver ?

Savoirs

L'image d'un nouvel enseignant s'est dégagée des propos du président de la République lors de ses voeux à la communauté éducative. Réactions.

Lexpress.fr publiait vendredi dernier le portrait-robot de l’enseignant idéal pour le président de la République, suite à ses vœux de nouvelle année au monde de l’éducation.

Le portrait de cet enseignant idéal est marqué par cinq caractéristiques fortes. Il s’agit d’un prof :
-avec moins de collègues
-plus disponible
-mieux payé
-plus surveillé
-plus autonome

Pour le site Mediapart, il faut aussi prendre en compte ce que le président n’a pas dit lors de ses vœux. Plusieurs sujets n’ont pas été évoqués : les rythmes scolaires, la carte scolaire, l’école maternelle et l’accueil des « 2 ans », les ZEP. La définition d’un nouvel enseignant ne peut pourtant faire l’impasse sur ces problématiques.

Allant encore plus loin, Vincent Peillon, cité par Le Figaro, considère que Nicolas Sarkozy est le « liquidateur du modèle républicain d’éducation ». Pour lui, l’école républicaine ne peut plus fonctionner sur le « refus de restaurer les moyens supprimés, la volonté de ségrégation précoce des élèves, le développement d’une autonomie qui sans moyens ne pourra jamais être pédagogique ». Le nouvel enseignant –autonome, seul, surveillé -semble donc mal pouvoir trouver sa place dans l’école de l’égalité et de la chance pour tous.

Polémique sur le temps de travail des enseignants

La Société des Agrégés s’est dite également inquiète des propos tenus : dans un communiqué relayé par lepoint.fr, elle juge que nombre de points évoqués par Nicolas Sarkozy « ne visent réellement que l’augmentation du temps de travail des professeurs ». Or dans ce projet, le temps de travail actuel réel des enseignant n’est absolument pas pris en compte. La Société des agrégés rappelle en effet qu’un enseignant, qui effectue 18 ou 15 h de cours par semaine, ne s’en tient pas à ces horaires effectifs : « selon une étude de 2002 du ministère de l’Education nationale, les enseignants travaillent en moyenne 20 heures et 27 minutes en plus des cours (préparation, correction des copies, etc) ». Une telle charge de travail est-elle compatible avec des horaires de bureau ?

Luc Ferry, ancien ministre de l’Education du gouvernement Raffarin, a estimé quant à lui samedi sur Europe 1, que « sur l’école, la droite n’a pas été bonne » et que si l’on considère le bilan de la politique éducative actuelle « on a fait zéro réforme de l’école et zéro réforme du lycée ».

Il ne fait pas bon être ministre de l’Education nationale, c’est du moins ce qu’a également laissé entendre hier sur lejdd.fr l’ancien ministre déclarant : « Je suis très heureux d’avoir été ministre de l’Education, c’était une expérience formidable, mais je préfère un million de fois plus écrire des livres. »

« J’ai peur de devenir prof ! »

Mais si l’on en croit Le Plus Nouvel Obs, il ne fait pas bon devenir prof non plus… Certains élèves affirment ouvertement avoir « peur de devenir profs » !

L’enseignant idéal esquissé en début d’article ne l’est visiblement pas pour tout le monde. Les réactions aux vœux du président de la République ont été plutôt hostiles, comme nous le notons aujourd’hui dans Le Fait du jour.

Cependant, pour Sébastien Huyghe, député du Nord et secrétaire national de l’UMP, réagissant aux propos de Vincent Peillon, « depuis 2007, le gouvernement a fait de l’éducation un de ses axes centraux ». Pour le député, « notre pays est parmi ceux qui investissent le plus dans l’éducation avec des résultats médiocres ». Par conséquent, tout n’est pas question de moyens, et la poursuite de la modernisation du « mammouth »est selon lui la seule solution viable.

2 commentaires sur "Enseignant : un métier qui ne pourra plus faire rêver ?"

  1. mbourlier  13 janvier 2012 à 11 h 37 min

    Sauf, Monsieur Huyghe, que le « mammouth » n’est pas là où vous croyez qu’il est ! Le « mammouth » est une expression que l’on doit à ce cher Allègre, qui décidément dément tout ce qui est avéré et n’a pour seul objectif que de retrouver un fauteuil de ministre (ces tentatives de rapprochement avec Sarkozy sont là pour en témoigner). Le « mammouth à dégraisser », donc, se situerait à mon sens beaucoup plus du côté de l’administration et plus précisément dans les rectorats et les inspections académiques où beaucoup de cadres brassent énormément de vent sans produire hélas grand chose !

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  2. Apoit  15 janvier 2012 à 18 h 58 min

    J’ai entendu dire par un député peu assidu à l’assemblée que son métier ne se résumait pas à être dans l’hémicycle. Je le crois tout comme le professeur dont le métier ne se résume pas à 18 h de cours devant élèves !!

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