Palais des Beaux-Arts de Lille : redécouverte de Louis Boilly

14.12.2011 0
Le Palais des Beaux-Arts de Lille pré­sente jusqu'au 6 février pro­chain une rétros­pec­tive Louis Boilly (1761–1845). Première grande expo­si­tion inter­na­tio­nale dédiée à ce peintre ori­gi­naire du Nord, ayant vécu à Paris, elle donne l'occasion de décou­vrir les mul­tiples facettes d'un artiste sur­doué, aussi à l'aise dans les scènes de genre et les por­traits que dans la cari­ca­ture ou le trompe-l'œil…

Près de 200 œuvres retra­çant le par­cours de Louis Boilly sont pré­sen­tées et réunies pour la pre­mière fois au Palais des Beaux-Arts de Lille, à l'occasion du 250e anni­ver­saire de sa naissance.

Son par­cours ori­gi­nal est for­te­ment impré­gné par l'histoire : il a en effet tra­versé huit régimes poli­tiques dif­fé­rents, de la Révolution à Louis-Philippe.

Ses auto­por­traits sont à cet égard très révé­la­teurs : en 1793, il peint son auto­por­trait en révo­lu­tion­naire, mais en 1819, on le retrouve en par­fait bour­geois coiffé d'un haut de forme noir.

Au début de sa car­rière, il pein­dra des scènes de genre qui ne sont pas sans rap­pe­ler Fragonard (1785–1791), puis s'ensuivront des œuvres mar­quées par la Révolution, telles "Le Triomphe de Marat" (1794) et "Le Chanteur Chenard en cos­tume de sans-culotte" (1792). Déjà son ori­gi­na­lité se remarque : dans "Le Triomphe de Marat", il s'auto-représente sur la toile. Il est de plus le seul per­son­nage du tableau à être tourné vers le visiteur.

L'humour omni­pré­sent

On le retrou­vera dans d'autres toiles, comme dans "La Réunion d'artistes dans l'atelier d'Isabey" (1798). Ce tableau pré­sente en tout 31 per­son­nages, qui sont en fait 31 artistes de la géné­ra­tion de Boilly, appar­te­nant aux dis­ci­plines les plus diverses.

Sous l'Empire et la Restauration, Boilly pein­dra des scènes d'extérieur, entre autres la cohue des rues de Paris. Il repré­sente dans ses toiles, véri­tables scènes de vie, toutes les classes sociales, et on le consi­dère à ce titre comme un pré­cur­seur du réalisme.

Mais il est aussi un excellent cari­ca­tu­riste, et dans ses "Grimaces" (1823), il peint, en 96 cari­ca­tures, les tra­vers de ses contem­po­rains, quelle que soit leur ori­gine sociale. Il annonce ainsi les cari­ca­tures de Daumier.

Enfin, il s'est essayé aussi au trompe-l'œil : un des plus célèbres d'entre eux est un gué­ri­don, dit "Trompe-l'oeil aux pièces de mon­naie sur un gué­ri­don", qui aurait appar­tenu à Napoléon 1er. On y voit des pièces de mon­naie, des jetons, une plume d'oie, des cartes à jouer, une loupe... ainsi que deux petits por­traits –qui ne sont autres que deux auto­por­traits ! Enfin, l'humour culmine avec la pré­sence sur le gué­ri­don d'un bon d'abonnement où figurent le nom et l'adresse du peintre.

Cette expo­si­tion très riche, outre la décou­verte d'un artiste hors pair, est aussi l'occasion d'un tra­vail en classe. Le Palais des Beaux-Arts de Lille met en ligne (ou à dis­po­si­tion sous for­mat papier sur simple demande) un dos­sier péda­go­gique fouillé et com­plet, pour les ensei­gnants des pre­mier et second degrés.

Des visites et ate­liers péda­go­giques sont égale­ment orga­ni­sés par le musée

Sandra Ktourza

 

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